Neil Gaiman – Coraline ***

coraline

Éditeur : Albin Michel, collection Wiz – Date de parution : 2003 – 152 pages

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Au CDI, j’ai monté un Club de lecture auquel une douzaine d’élèves participent… Nous sommes en train de créer une bibliothèque « virtuelle » sur Babelio et nous avons sélectionné une vingtaine d’ouvrages. La semaine dernière, chaque élève a choisi un livre dans cette bibli et j’ai joué le jeu en emportant chez moi Coraline de Neil Gaiman, car ça faisait un moment que je souhaitais découvrir cet auteur… 🙂

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Coraline Jones est une fillette qui vient d’emménager dans une grande et curieuse maison, composée de trois appartements. Pour tromper son ennui, elle joue les exploratrices et se met à explorer la demeure de fond en comble. Face à son ennui, ses parents lui offrent une attitude à chaque fois nonchalante et désintéressée : « Apprends à faire des claquettes » lui répond son père sans se tourner vers elle. Ses voisins sont tous plus curieux les uns que les autres : entre les demoiselles Spink & Forcible qui déblatèrent sur leur passé et « le vieux toqué d’en haut » qui tente de faire chanter ses rats… Et tous s’entêtent à l’appeler Caroline. Personne ne semble vraiment faire attention à elle.

En furetant dans l’appartement, elle découvre une porte s’ouvrant sur un mur de briques. Mais une nuit, elle croit apercevoir une forme noire se mouvoir et filer dans entrebâillement de cette porte. Profitant de l’absence de sa mère, elle glisse la clé dans la serrure de la fameuse porte et l’ouvre. Devant elle, le mur de briques a disparu et laisse place à un long couloir sombre… Elle s’y enfonce… Et se retrouve dans un appartement qui est l’exacte double du sien : tout y est absolument pareil, à quelques détails près… c’en est déroutant.

L’univers de ce curieux et attachant roman s’inspire très fortement d’Alice au pays des merveilles. A l’autre bout du couloir, de l’autre côté du miroir, il y a des parents sournoisement accueillants et bienveillants, aux yeux en forme de boutons, un chat noir qui parle et n’a pas de nom, des jouets qui se mettent à vivre… Si cet Autre monde a l’air parfait, le cauchemar et le malaise s’installent rapidement.

L’atmosphère d’étrangeté est parvenue à me faire froid dans le dos par moments. On se plonge dans ce roman qui fourmille d’imagination, on se glisse dans ce monde absurde et horrifique en deux temps trois mouvements et c’est fort plaisant.

J’ai beaucoup aimé l’écriture toute en images et métaphores, qui décrit à merveille cet envers du miroir. Un vrai plaisir de lecture que ce roman qui plaira aux plus jeunes comme aux plus grands!

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« L’idée lui vint que si elle ouvrait la porte, elle découvrirait une chambre déserte – ou plus exactement, que la chambre resteraient vide jusqu’au moment précis où elle ouvrirait la porte. »

« Parfois, Coraline oubliait qui elle était quand elle rêvait qu’elle explorait l’Arctique ; alors il fallait lui taper sur l’épaule en l’appelant par son nom pour qu’elle franchisse d’un bond un million de kilomètres et revienne en sursaut dans la réalité. En un quart de seconde elle devait se remémorer qui elle était et comment elle s’appelait, et constater qu’elle était là et pas ailleurs. »

« C’était une voix sèche, éraillée, où perçait une espèce de bruissement. Coraline pensa à un gros insecte mort. (…) Sa voix rendait le même son que les feuilles mortes quand elles frottent contre le trottoir. »

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