Éléonore Devillepoix – La Ville sans vent **

Hachette – 2020 – 448 pages

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Hyperborée, la cité des mages. La ville sans vent, où l’on peut pratiquer la magie, où l’on peut se déplacer à dos de tortues géantes. Hyperborée, qui s’étend sur sept niveaux. Au septième niveau se trouvent les mages…

Sortant victorieux de sa soutenance pour devenir mage, Lastyanax vient de perdre son ex-mentor, vraisemblablement assassiné en pleine rue. Il a toutes ses chances pour le remplacer en tant que ministre. Quant à Arka, elle débarque à Hyperborée à la recherche de son père, qu’elle n’a jamais connu, dont elle sait seulement qu’il est mage. Le chemin des deux héros va se croiser, pour le meilleur et pour le pire. Lastyanax enquêtant sur le meurtrier de son mentor et Arka sur l’identité de son père.

Les 200 premières pages, je suis un peu dubitative, je m’ennuie, lis un peu en diagonale. Il faut dire que la fantasy n’est pas mon genre littéraire de prédilection. Mais je finis par m’attacher à ces deux personnages un peu vilains canards ; l’humour me plaît et l’intrigue se révèle prenante. Une lecture surprenante qui m’a fait sortir de ma zone de confort et qui plaira certainement à tous les amateurs du genre.

Dan Gemeinhart – L’incroyable voyage de Coyote Sunrise ***

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Coyote a douze ans et elle vit avec son père Rodeo dans un vieux bus scolaire, qu’ils ont surnommé Yageur. Yageur est aménagé comme une maison ; on y retrouve un coin bibliothèque, un vieux canapé déglingué, un coin cuisine et même un petit jardin…

Ensemble, ce duo père et fille trace la route, sans destination précise, sans attache, au gré de leurs envies. Cela fait des années qu’ils sillonnent les routes américaines – depuis le drame qui les a touchés. Des kilomètres avalés. Rodeo est un père atypique, à la barbe hirsute et longue, aux fringues trouées ; pieds et torse nus, ce père aux allures de vieux hippie attire l’attention mais aussi l’affection. Coyote est une gamine à la fois candide et intelligente, davantage meurtrie par la solitude que lui impose son quotidien que par son passé.

Ils accueillent des voyageurs, le temps de quelques centaines de kilomètres, ils se racontent des histoires – « Il était une fois ». Se confient les rêves Velu qui s’emparent d’eux soudainement.

Quand Coyote apprend que le parc de son enfance va être détruit, elle décide d’y retourner. Sauf qu’ils sont actuellement en Floride et que le-dit parc se trouve dans l’état de Washington… à l’autre bout du pays. Et sauf que son père n’a jamais voulu revenir sur ces lieux chargés de souvenirs… Elle a 4 jours pour traverser le pays d’Est en Ouest. Le compte à rebours est lancé.

On se glisse dans ce petit pavé comme dans un pull tout doux et chaud en plein hiver. On se prend d’affection pour cette famille bancale et insolite qui va étrangement s’agrandir au fil des kilomètres avalés.

L’histoire aurait pu être mièvre… Mais c’est de la fraîcheur qui se dégage de ce roman au doux parfum de liberté – on y réfléchit au sens de la famille, au deuil, aux relations humaines. Une lecture pépite qui se révèle grisante et nous invite au voyage – exactement le genre de lecture dont j’avais besoin en ce moment.

Luca Di Fulvio – Les aventuriers de l’Autre Monde ***

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Slatkine & Cie – octobre 2020 – 168 pages

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En cette rentrée scolaire, Red, Lily et Max sont nouveaux. Immédiatement, on les stigmatise, on les met de côté. Immédiatement, ils se lient d’amitié. Lily et ses folles boucles, son caractère fougueux et son ami imaginaire, Sam Scatolino. Max, ses rondeurs et sa timidité rougissante. Et Red, la joie de vivre incarnée, qui ne supporte pas l’injustice.

Ensemble, ils vivent mille et unes aventures, ils vagabondent sur la baie du Soleil. Quand on dépasse l’Angelot de la Mer, de l’autre côté de la baie se trouve une zone sauvage que les adultes ont baptisé le Néant ; un lieu interdit à tous les jeunes. Les adultes racontent qu’il serait infesté de vipères… Des rumeurs rapportent qu’il est ensorcelé. Mais ce n’est pas ça qui arrêtera les trois petits aventuriers en herbe… Après avoir été témoins d’une étrange apparition, ils décident d’en franchir la limite.

Les Aventuriers de l’Autre Monde est une ode à l’imagination et à l’enfance ; un beau roman jeunesse empli de fougue, qui nous pousse à croire à l’impossible. Un roman d’aventure piquant et fantastique, qui possède une intrigue rythmée de rebondissements, une écriture efficace, un humour ravageur et trois héros attachants. Le tout se déguste avec grand plaisir !

Célia Garino – Les Enfants des Feuillantines ****

Sarbacane – mai 2020 – 512 pages

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Les Feuillantines, c’est le nom qui a été donné au grand manoir normand aux allures peu accueillantes, perché sur une falaise battue par les vents à l’extérieur de la ville ; un petit escalier permet d’accéder directement à la plage.

Les Feuillantines, comme le poème de Victor Hugo.

Les Feuillantines, un immense manoir dans lequel grouille toute une tribu d’enfants disparate, issus des Triplées, trois femmes – trois mères – au destin plutôt tragique. Les enfants Mortemer ; des frères et soeurs, des cousins. Tout ce petit monde vit sous la direction de Désirée, l’aînée. À 24 ans, elle a déjà 7 enfants à sa charge ; Brunehilde sa soeur de 14 ans, Isidore et Honoré, ses cousins jumeaux de 16 ans, leur petite soeur métisse Calliope 6 ans, leur cousine Hermeline 13 ans, son frère Warren 7 ans et la petite dernière, Pernelle, 2 ans et demi. Ça va vous me suivez toujours ? Oups, j’allais oublier Granny, leur arrière-grand-mère de cent-six ans, Justin le petit cochon nain, Pirate le perroquet et Fricassée le lapin.

Le roman de Célia Garino me rappelle un peu les Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh et possède indéniablement un charme fou. Dès les premiers mots, je suis embarquée dans cette histoire familiale ô combien délicieuse. L’éctriture, l’intrigue : tout est addictif. Les Enfant des Feuillantines se révèle être un roman haut en couleurs et en émotions, au rythme effrené. Les chapitres courts de dégustent à toute allure. C’est frais, criant de vérité, drôle, émouvant : un grand bonheur de lecture. On a du mal à s’en défaire, à se résoudre à quitter ces Enfants Perdus. ❤

Kate DiCamillo – Louisiana **

Louisiana

Editions Didier Jeunesse – 2019 – 160 pages

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Floride, fin des années 70. La grand-mère de Louisiana Elefante perd un peu la boule. Persuadée que sa famille est porteuse d’une malédiction depuis plusieurs générations, elle embarque sa petite-fille en pleine nuit pour un road-trip des plus singuliers. Il est 3h du matin lorsqu’elle lui annonce que « l’heure du jugement a sonné ». Louisiana se rend vite compte qu’elle ne reverra pas de sitôt sa maison… ni ses meilleures amies, ni Monsieur Chien, ni Archie son chat. Elle en a le coeur brisé.

Quelques heures plus tard, la gamine se retrouve à la frontière entre la Floride et la Géorgie, dans une voiture en panne sèche, avec une grand-mère qui souffre subitement d’une rage de dent et s’écroule sur la banquette arrière. Les aventures ne font que commencer

A travers de courts chapitres, l’écriture de Kate DiCamillo se révèle drôle, impertinente et tendre. Je me laisse prendre dans les filets de cette histoire somme toute bien farfelue.

Louisiana est une ado dégourdie et malicieusement désespérée, qui possède un talent de poids : une voix d’ange lorsqu’elle se met à chanter. Quant à la grand-mère, elle est aussi petite que virulente, elle possède un regard perçant et un tempérament drôlement autoritaire.

L’intrigue qui vire chamallow pleine de bon sentiments m’a finalement un peu agacée. Je ne suis pas certaine que ce roman restera gravé dans ma mémoire, mais ça n’en demeure pas moins une lecture pleine de charme sur la quête des origines, la quête de sens d’une enfant.

Chroniques oubliées #6

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Cela faisait un moment que je n’avais pas eu recourt aux Chroniques oubliées pour compulser ces lectures pour lesquelles j’ai du mal écrire une chronique entière mais que je tiens quand même à vous présenter. Au programme aujourd’hui, un roman de Laurent Gaudé au sujet poignant, un polar technologique et un roman graphique addictif.

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9fc4213c8b3414aa57bce58b5b319765Le commandant Salvatore Piracci sillonne les mers à bord du Zeffiro. Au large de l’île de Lampedusa, cela fait vingt ans qu’il est chargé de rechercher les clandestins, les sauvant parfois de la noyade. Parmi ces rescapés, une jeune femme éreintée par la vie, rouée de coups par le sort – « c’était de la visage de la vie humaine battue par le malheur. » Deux ans plus tard, elle retrouve le commandant. La jeune femme lui confie son histoire et a une demande particulière à lui faire… il n’y a que la vengeance qui la maintient en vie. Eldorado met en lumière ces êtres en fuite, qui quittent leur vie, leur patrie, leurs familles pour survivre, pour espérer un destin meilleur. Un roman poignant ; on se laisse emporter et saisir par l’émotion contenue dans la plume de l’auteur. « Ces silhouettes qui n’ont ni nom ni histoire, dont personne ne sait rien – ni d’où elles viennent ni ce qui les anime. »

 

 

 

 

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Depuis que son meilleur ami Arnaud est entré à l’Institut Alice, une nouvelle école pour surdoués, Sam n’a plus aucune nouvelle de lui. C’est pourtant curieux, ils sont inséparables. Afin de percer le mystère qui pèse sur le silence de son ami, l’adolescente, également surdouée, décide de passer le test d’admission à son tour… Un roman ingénieux et addictif, rondement mené. Un polar technologique qui s’inspire de l’univers de Lewis Carroll qui m’a beaucoup plu et que j’ai dévoré.

Editions du Rocher – 2019 – 168 pages

 

 

 

 

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81W4eKeScwLLa vie d’Anya lui semble cauchemardesque ; son petit frère enterre ses bijoux, sa mère cuisine trop gras, et elle est complexée par ses rondeurs et son accent russe. Au lycée, elle a du mal à s’intégrer. Un matin, l’adolescente loupe volontairement le bus et en pénétrant dans une forêt, elle tombe dans un puits. Elle y passe plusieurs heures aux côtés d’un squelette… et le fantôme à qui il appartient ne tarde pas à se manifester. Il s’agit d’Emily, une adolescente tombée dans ce même puits quelques décennies auparavant. Emily va l’aider à sortir du trou puis la suivre et vite se rendre indispensable à Anya. Elle devient sa meilleure amie, sa confidente. Mais le fantôme ne lui cacherait-il pas quelque chose ? Anya peut-elle lui faire confiance ? Une BD qui se déguste avec frénésie et moult frissons. Les dessins en noir et blanc installent une ambiance singulière, feutrée. L’intrigue est bien ficelée. Un vrai plaisir de lecture !

Editions Rue de Sèvres – 2019 – 221 pages

Camille Jourdy – Les Vermeilles ****

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Actes Sud BD – octobre 2019 – 158 pages

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La petite Jo prend la poudre d’escampette, elle fugue et s’enfonce dans la forêt pour échapper à une belle-mère peu aimable, deux belles sœurs moqueuses et un père qui râle tout le temps après elle. En marchant elle tombe sur deux lutins à cheval et décide de les suivre à travers un tunnel enténébré, à ses risques et périls…

La tunnel débouche sur une partie de la forêt qu’elle ne soupçonnait pas. Jo y découvre de drôles d’êtres… Comme ce crocodile en blouson de cuir, cet homme avec un seul œil au milieu du visage, ce renard chef de bande un peu bougon qui s’appelle Maurice ou encore Nouk, un être mi-enfant mi-chat dont l’empereur a enlevé la maman et avec qui Jo va se lier d’amitié. Et ce petit chien – un bichon – blanc qui ne sort jamais sans ses bottes colorées, il en a tout un placard. Et les vermeilles… qui adorent les bonbons.

« Dans ce paysage où les rêves vagabondent au gré du vent », ils s’apprêtent à se déguiser pour infiltrer la soirée d’anniversaire de l’Empereur – un gros matou lunatique et tyrannique qui fait enfermer tous ceux qui le contredisent – afin de délivrer leurs amis.

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Ce roman graphique est un concentré de mignonnerie, d’humour et de douceur. Les personnages sont craquants et farfelus. Les Vermeilles est un remake d’Alice au Pays des Merveilles absolument délicieux où l’imagination est reine.

Avec leurs tons pastels, les aquarelles oniriques de Camille Jourdy m’ont ravie ! Les dessins, minimalistes, sont très expressifs et drôles. J’en suis tombée amoureuses… et que dire des dialogues, savoureux à souhait.

Bref, vous l’aurez compris, c’est j’ai eu un gros coup de coeur pour ce roman graphique absolument sublime !

❤ ❤ ❤

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Nastasia Rugani – Tous les héros s’appellent Phénix ****

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Ecole des loisirs – 2014 – 205 pages

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Phénix et sa petite sœur Sacha rentrent de cours à pieds. Ce soir-là, la voiture de monsieur Smith s’arrête sur le bas côté. Monsieur Smith n’est autre que le professeur le plus fascinant et séduisant du lycée, charismatique à souhait, il a plus de connaissances qu’un Trivial Poursuit. A bord de sa Chevrolet immaculée, il propose aux deux sœurs de les raccompagner chez elles.

Quand ils arrivent devant leur maison, ils découvrent Erika, la mère, devant un brasier composé des meubles du père. Ce père parti sans donner de nouvelles, les abandonnant du jour au lendemain, un 1er juillet devenu maudit. Ce père complice, avec lequel les deux sœurs faisaient les 400 coups. Qui aimait les livres et les plantes. De lui, il ne reste que sa serre, somptueuse. Phénix en garde la clé, précieusement attachée à son cou.

Le quotidien d’Erika et des sœurs Coton va changer radicalement le jour où Jessup Smith entre dans leurs vies. Il réussi à conquérir le coeur de Sacha, puis celui d’Erika. Seule Phénix demeure un peu sur ses gardes. Les étranges sautes d’humeur autoritaires et cassantes sans raison de Jessup ne lui échappent pas et lui mettent la puce à l’oreille… Cet homme aux faux airs de Gregory Peck va rapidement faire partie de la famille, et révéler un tout autre visage.

Comme j’ai aimé ces deux sœurs, les liens si forts qui les unissent. Phénix, l’aînée, solitaire, amoureuse d’un beau blond qu’elle attend secrètement chaque vendredi au détour d’un couloir au lycée. Et Cha, petite fille de huit ans très sensible, plus intelligente que la normale, fan de films d’horreur. Les sœurs dévorent les livres et sont déjà incollables sur Gatsby, Tchekhov…

Une lecture intense qui m’a fait renouer avec la plume si singulière et poétique de Nastasia Rugani, nourrie de nombreuses références littéraires. Une lecture effectuée comme en apnée, le ventre noué, le coeur lacéré pour ces deux gamines livrées au Diable.

J’avais déjà eu un beau coup de ❤ pour Milly Vodovic.

Agnès Desarthe – La plus belle fille du monde ***

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école des loisirs – 2009 – 162 pages

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Sandra a 14 ans et une petite bande de potes qu’elle connaît depuis l’enfance – Allison, Fleur et Mon Commandant. D’ailleurs, l’enfance la questionne beaucoup : quand est ce que ça s’arrête ? Comment sait-on qu’elle est finie et qu’on est devenu adulte ?

Le jour où une nouvelle élève, Liouba Gogol, débarque dans leur salle de classe, Sandra se rend compte amèrement que plus rien ne sera jamais comme avant. En effet, Liouba est la plus belle fille du monde…

« Qui avait décidé qu’un nez globuleux et une petite bouche pincée rendent moche? Naissions nous avec, encodée dans notre cerveau, l’image de l’humain idéal? Était-ce quelque chose que l’on construisait en grandissant? »

Un joli roman à la fois déluré et réaliste, qui aborde une variété de thèmes à travers les questionnements d’une héroïne attachante et vraie ; l’amitié, l’enfance, la beauté et la laideur… Bien sûr, ce qui fait avant tout la saveur de ce roman, c’est l’humour d’Agnès Desarthe ! Une valeur sûre.

Anne Cortey – En émois ****

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école des loisirs – août 2019 – 160 pages

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Avant même d’ouvrir ce livre, je savais déjà que j’allais l’aimer. L’illustration de la couverture me happe immédiatement. Des tons mauves et jaunes, des airs mélancoliques. Le trait de crayon est connu, c’est celui de Cyril Pedrosa.

Ce roman nous propulse dans les collines de Provence, en plein été. La canicule bat son plein. Jeanne, comme tous les ans, ne part pas en vacances. Ses parents sont débordés au magasin à cause de la saison touristique, elle est livrée à elle-même toute la journée. Elle donne à boire aux ânes, aide ses parents, s’occupe de son frère Ulysse lorsqu’il rentre du centre aéré. Son seul vrai plaisir, c’est d’aller se baigner au lac avec son ami Gwen. Un après-midi, elle y entend la sonnerie d’un téléphone… l’appareil se trouve caché derrière des herbes. Au bout du fil, une voix cherche un certain Kevin.

Parallèlement au quotidien de Jeanne, nous découvrons celui d’un garçon qui a fugué. Il ne désire qu’une chose : partir. Loin du collège et ses ses souvenirs de harcèlement ; loin de ses parents qui ne l’entendent ni le comprennent, qui demeurent une entrave à ses rêves – un père aux propos violents et une mère effacée. Ce qui le fait vivre et survivre, c’est le volley-ball. Il veut entrer en lycée sport études à la rentrée mais son père s’y oppose violemment. Il est anéanti.

Les voix des deux adolescents se succèdent. Le passé du garçon nous parvient sous la forme de flash-back qui s’insèrent dans la narration grâce à des pages rose saumon. Cyril Pedrosa nous offre d’incroyables illustrations sur deux doubles pages qui rendent plus immersive la lecture.

Je suis absolument conquise par ce roman, original dans la forme et prodigieusement juste et bouleversant dans le fond. Cette Provence écrasée de chaleur, cette adolescence si bien décrite dans ses premiers émoisJ’ai été happée par cette histoire au doux parfum de mélancolie et par cette nature omniprésente qui semble exacerber les émotions et les sentiments qui agitent les personnages. L’écriture d’Anne Cortey est fluide et subtilement évocatrice.

Vous l’aurez compris, c’est un coup de ❤

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« Quand je regarde devant moi, j’ai le vertige. Est-ce que ça ressemble à ça, la vie ? A cette sensation de devoir sauter dans le vide, sans trop savoir où on va ? »