Anne Brouillard – La Grande Forêt. Le Pays des Chintiens ****

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Éditeur : école des loisirs – Date de parution : 2016

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Au Pays du Lac Tranquille, alors qu’il pleut des trombes et que l’été est déjà bien entamé, Vari Tchésou n’est toujours pas là. Ses amis Killiok et Veronica sont inquiets – d’autant plus qu’une série de mystères semble avoir pris possession du Pays. Qui sont ces inconnus qui rôdent dans le parc du Laboratoire ? Et cette roulotte qui stationne sur la Colline aux Herbes sèches, en plein cœur de la Grande Forêt ? Le chien noir et la fillette décident de partir à la recherche de leur ami, direction la Grande Forêt où les arbres ont des yeux et les buissons murmurent. Dépassant la Montagne aux Fourmis, ils s’enfoncent dans les vallées marécageuses, sac au dos.

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Page après page, un univers à part entière se déploie sous nos yeux et l’on se laisse gagner par l’enchantement qui émane des images et des mots. On y croise des animaux qui parlent et vivent comme des humains, des Bébés Mousse qui provoquent des pluies sur leur passage, des hommes qui s’envolent en fouettant l’air avec un batteur à crème fraîche, créant de petits nuages crémeux sur leur passage…

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Dès les premières pages j’ai eu le sentiment de détenir un petit bijou entre les mains : à la fois album et roman graphique, les bulles de BD se mêlent au texte. Les dessins, empreints de poésie et d’onirisme, sont une véritable invitation au voyage. Un très joli conte qui m’a complètement séduite !

Coup de ❤ !

 

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Susin Nielsen – Les optimistes meurent en premier ****

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Éditeur : Hélium – Date de parution : 2017 – 192 pages

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Attention : Pépite!

Pétula De Wilde vit à Vancouver avec ses parents. Depuis le drame qui a touché sa famille, l’adolescente a développé de nombreuses phobies : la foule, les microbes, les différents dangers de mort… De façon convulsive, elle compulse dans un album mille et un articles portant sur des morts toutes plus farfelues les unes que les autres.

Sa rencontre avec l’homme bionique – alias Jacob – à l’atelier d’art-thérapie auquel elle est obligée d’assister une fois par semaine au lycée, va la métamorphoser. Jacob est un grand dadet avec un avant-bras mécanique ; passionné de cinéma, il passe son temps à répondre par un scénario de film lorsqu’on l’interroge sur son passé. A l’atelier, tout les adolescents se sont confiés tour à tour, sauf lui…

Dès les premiers mots j’ai aimé ce roman. J’ai eu l’impression de déjà connaître Pétula, cette adolescente qui porte un regard très ironique sur le monde qui l’entoure – comme pour mieux enfouir la douleur qui l’assaille.

Un roman magnifique, drôle et émouvant, qui évoque avec justesse la culpabilité, le deuil et l’ineffable douleur. Un roman jeunesse d’une force incroyable et insoupçonnée et une lecture riche en émotions que je vous recommande… ❤

Walking on sunshine katrina and the waves

Sarah Crossan – Inséparables ***

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Éditeur : Rageot – Date de parution : mai 2017 – 416 pages

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Tippi et Grâce sont deux sœurs siamoises de seize ans, unies par les hanches. Une seule paire de jambes pour deux corps. Depuis qu’elles sont nées, leurs parents se saignent pour payer les cours à domicile et les soins spécialisés. Mais l’argent vient à manquer peu à peu… Elles sont alors obligées de faire leur rentrée au lycée de Hornbeacon High pour la première fois. C’est à la fois excitant et terrifiant pour ces jeunes filles que le monde entier regarde avec fascination et répulsion. Elles y font la connaissance de deux adolescents en marge, Jasmeen et Jon, qui vont les prendre sous leur aile.

« Une histoire qui raconte ce que c’est d’être Deux. » 

Pendant huit mois, Grâce nous raconte, à la façon d’un journal intime, cette entrée au lycée. Elle nous raconte également leur quotidien familial – leur père alcoolique, qui boit pour survivre au chômage ; leur petite sœur Nicole, surnommée « Dragon » qui devient de plus en plus maigre pour satisfaire sa passion de danseuse étoile – et cette vie à deux dans un seul corps : comment se sentir unique lorsque l’on partage le même corps que sa sœur jumelle ? Comment tomber amoureuse dans ces conditions ? Avoir une intimité ?

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Les deux filles sont très différentes en terme de caractère et pourtant elles ne se considèrent pas autrement qu’en une seule et même personne. A leur entrée au lycée, Grâce et Tippi se font la promesse de ne jamais tomber amoureuses

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Un roman en vers, servi par une écriture épurée, d’une grande justesse et sans aucun pathos. Le ton est souvent impertinent et drôle malgré un thème assez complexe et rarement abordé en littérature jeunesse. Inséparables est le récit d’une relation unique et une belle réflexion sur la différence et l’acceptation de soi. Une lecture surprenante et émouvante, qui m’a secouée et que je ne suis pas prête d’oublier.

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Anne-Laure Bondoux – L’aube sera grandiose ***

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Éditeur : Gallimard Jeunesse – Date de parution : octobre 2017 – 297 pages

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Vendredi, 22:00. Nine se retrouve contre son gré dans la voiture de sa mère, qui file à toute allure. Elle était censée aller au bal du lycée et sa mère l’a embarquée avec elle, sans préavis. 500 kilomètres plus tard, mère et fille se retrouvent devant une cabane au bord d’un lac, en pleine forêt. La nuit est noire et profonde. Aucun réseau. Titiana a une histoire à raconter à sa fille – une histoire qui prend racine dans son enfance, en juillet 1970. Des personnages inoubliables émergent peu à peu des mots de la mère : Octo, Orion, Rose-Aimée, sa folie et ses amours.

Le roman se construit page après page sur une alternance du présent – la nuit qui s’écoule heure après heure – et du passé – l’enfance de la mère. Le temps d’une nuit blanche, Titiana révèle son passé à sa fille. Les heures s’égrènent au rythme des souvenirs et les certitudes de Nine à propos de sa mère s’évanouissent les unes après les autres. Son écrivain de mère, surnommée la Fée du Suspense, lui raconte sa propre histoire.

Un beau roman jeunesse que j’ai dévoré, un vrai page turner au suspense savamment cuisiné… Les mots d’Anne-Laure Bondoux sont un vrai plaisir ; ils sont cette fois-ci ponctués par les dessins de Coline Peyrony. Un roman que l’on prend plaisir à lire, mais qui m’a laissée légèrement sur ma faim.

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« Comme le bruit du moteur se rapproche, Nine fait pivoter son corps vers le lac. Non. Elle n’est pas prête à affronter en chair et en os les personnages qui ont peuplé sa nuit. »

Kitty Crowther – Petites histoires de nuits ****

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Éditeur : l’école des loisirs – Date de parution : novembre 2011

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Ourson réclame à Maman Ours trois histoires de sommeil dans lesquelles on y croise une gardienne de nuit qui ne manque pas d’humour et qui, chaque soir sonne le gong à la tombée de la nuit ; l’heure de se mettre au lit pour chaque habitant de la forêt. Dans ces histoire de sommeil, on y fait également la connaissance de Zhora, la petite fille à l’épée, qui cueille la plus belle mûre de toute la forêt pour sa maman. Sans oublier Bo, ce curieux personnage toujours vêtu d’un manteau, qui se balade à la recherche d’une miette de sommeil…

Ces trois histoires aux allures de contes déploient un univers onirique singulier, aux dessins naïfs et psychédéliques, réalisés aux crayons de couleurs – des dessins emplis de douceur, aux couleurs vives. La forêt des contes se pare d’une explosion de couleurs, à l’image du jupon arc-en-ciel de Maman Ours.

Cet album jeunesse est un trésor, une pépite tendre, drôle et douce, à découvrir, dévorer, lire et relire au fil des soirs, avant de plonger dans les bras de Morphée.

A lire aussi, la belle chronique de Nadège.

Catherine Grive – Je suis qui je suis ***

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Éditeur : Le Rouergue – Date de parution : mars 2016 – 126 pages

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Ce roman possède une singularité : les quarante premières pages laissent planer le doute quant au genre du narrateur, qui se prénomme Raph’ : est-ce un garçon ou une fille ? De façon très habile, choisissant des adjectifs qui s’accordent au masculin comme au féminin et un prénom qui peut être porté par les deux sexes, l’auteure nous mène par le bout du nez.

Raph’ est un adolescent comme tous les autres, il ne range pas sa chambre et se sent d’humeur un peu triste ces derniers temps. Il ressent comme un indéfinissable chagrin qu’il tente d’étouffer et d’oublier en sortant avec Bastien au cinéma, en volant le courrier dans les boîtes aux lettres de ses voisin… Les grandes vacances viennent de s’installer et pour la première fois il reste à Paris.

Ce chagrin qui le dévore de l’intérieur, Raph’ a beau chercher, il ne parvient pas à en déceler l’origine ou la cause. Avec délicatesse et pudeur, Catherine Grive tisse un très beau roman sur l’adolescence, ces moments où l’on se sent autre, où l’on se cherche, sur « cette difficulté à vivre quand on se sent sur une frontière », « partagé entre deux univers ».

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« C’était une triste réalité, mais mon chagrin à moi, il était temps de l’admettre, ne faisait qu’empirer. Il me pressait la poitrine au réveil et restait accroché toute la journée, se servant de n’importe quoi pour entrer dans ma tête. Il se faufilait entre les feuilles avec le vent, il se cachait au fond du paquet de gâteaux, il m’attendait le soir sous mon oreiller. »

Martin Blasco – La Noirceur des couleurs ****

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Éditeur : l’école des loisirs – Date de parution : octobre 2017 – 256 pages

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Buenos Aires, 1885. Cinq bébés sont enlevés en pleine nuit. Vingt-cinq ans plus tard, un des bébés, devenu une ravissante jeune femme, revient chez ses parents. Alejandro, un jeune journaliste, est contacté pour enquêter sur ces disparitions et pour aider la jeune femme à retrouver sa mémoire perdue…

Parallèlement à l’enquête du journaliste, nous découvrons page après page le journal intime de J.F. Andrew, l’homme à l’origine de la disparition de ces bébés – un homme épris de sciences au mépris de l’humain ?

Un roman argentin captivant dès les premiers mots, qui provoque en nous de l’effroi, qui nous glace et nous émeut… Sombre et énigmatique, il offre matière à réflexion sur l’humain, l’âme, les limites de la science et la folie humaine, le destin. Un roman saisissant qu’on ne peut lire qu’en apnée, et qui, une fois terminé, ne cesse de nous hanter.