Anna Brones – Lagom, vivre mieux avec moins ***

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Éditeur : Dunod – Date de parution : septembre 2017 – 221 pages

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Le lagom est un concept suédois qui signifie le juste milieu. C’est une philosophie de vie qui nous incite à vivre avec juste ce qu’il faut, juste ce dont nous avons besoin. Entre les hivers interminables où l’obscurité domine, et les étés où le soleil semble ne jamais vouloir se coucher, les Suédois ont trouvé un équilibre dans le lagom. Vivre lagom c’est aspirer à une vie plus équilibrée et durable, fondée sur les plaisirs simples.

« C’est un équilibre que l’on trouve dans la vie de tous les jours, dans la recherche du bien commun plutôt que de l’intérêt de chacun ».

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Un bouquin très agréable à lire, agrémenté de belles photos évocatrices à travers lequel Anna Brones nous offre un message écologique, humain et plein d’espoir. Bien documenté et complet, cet ouvrage se veut accessible et réaliste, nous offrant une foule de conseils pour vivre lagom – un art de vivre à la portée de tous, que chacun peut mettre en pratique au travail, chez soi, dans l’agencement de son intérieur, dans sa façon de cuisiner, et dans le regard qu’il porte sur son quotidien. Les recettes pour cuisiner lagom m’ont particulièrement ravie, elles donnent l’eau à la bouche et semblent relativement simples à réaliser…

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Une lecture que je ne peux que vous recommander…!

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Rupi Kaur – Lait et miel ****

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Editeur : Charleston – Date de parution : septembre 2017 – 192 pages

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Lait et miel est un très bel objet littéraire, qui prend la forme de confessions poétiques ; il est en effet composé de courts poèmes en prose. À travers quatre chapitres, Rupi Kaur évoque l’amour, la perte, les abus sexuels, la féminité. Elle dénonce, elle défend – la place de la femme dans la société – elle console… Ses mots sont un baume pour les maux des femmes au XXIème siècle.

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Un beau recueil poétique et intime où la poésie s’écoule sans point ni majuscule. Rupi Kaur nous livre des bribes de pensées sur son enfance et les abus de ce père intrusif et violent. Une enfance qui aura un impact sur sa vie amoureuse. Certains passages sonnent comme des aphorismes, des conseils, des morceaux d’espoir.

La voix qui s’élève de ces pages est à la fois rauque de douleur et douce d’espoir. Les mots de la poétesse distillent une petite musique entêtante, qui me donne envie de lire à voix haute certains passages… Parfois, quelques mots suffisent à provoquer l’émotion du lecteur. Les dessins qui ponctuent les textes épousent harmonieusement les mots.

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En somme, Lait et miel est un petit bijou littéraire sur la souffrance mais aussi la guérison ; ce recueil a su conquérir mon petit cœur, grâce à des mots justes, aux résonances universelles – qui ont su faire écho en moi.

Un livre que je vais laisser à mon chevet, pour de multiples relectures !  ❤

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Pete Fromm – Indian Creek ***

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Editeur : Gallmeister – Date de parution : janvier 2017 – 250 pages

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Pete Fromm se retrouve seul dans les Rocheuses, à vivre dans une tente pendant sept mois. « De la mi-octobre à la mi-juin, j’allais être responsable de deux millions et demi d’œufs de saumon implantés dans un bras entre deux rivières. La route la plus proche se trouvait à quarante miles, l’être humain le plus proche à soixante miles. Si j’étais intéressé, précisa-t-il, je n’aurais que deux semaines pour me préparer. »

Etudiant en biologie animale
, il quitte brusquement l’université pour s’embarquer dans cette aventure, sans vraiment réfléchir, seulement attiré par le monde sauvage et les grands espaces et par l’idée d’avoir « une histoire à raconter ».
À travers ce récit, Pete Fromm nous raconte ses journées dont le temps s’étire, ses errances dans la vallée de la Selway et les forêts alentour avec sa chienne Boone, la neige qui commence a tomber, l’hiver qui s’installe – il se sent peu à peu coupé du monde et il finit par y prendre goût. Il se glisse dans la peau d’un trappeur, traque les cerfs sans grand succès, fait griller des écureuils, lit beaucoup. 

Je me suis plongée avec délice dans cette vie sauvage et solitaire, en compagnie de ce narrateur auquel on s’attache au fil des pages. Pete Fromm ne peut s’empêcher d’osciller entre l’exaltation de vivre en pleine nature et le sentiment de rater tout ce qu’il se passe pendant ce temps là dans la « civilisation ». Il a quelques passages à vide, puis se retrouve ébahi devant le spectacle des étoiles, de la neige, d’une éclipse… Le jeune homme apprend à se débrouiller, à chasser, à pêcher, comme un véritable homme des bois. Il observe la vie qui l’entoure – ses sens s’éveillent.

Une lecture qui m’a tour à tour émue, fait sourire… et surtout, qui m’a fait voyager, m’a permis de m’évader et de goûter à ces espaces sauvages et dépeuplés – je m’y suis vraiment cru. Une lecture qui a un vrai pouvoir d’immersion, riche en émotions : une vraie bouffée d’oxygène ! 

 

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« Je poussais un cri. Levant les poings au-dessus de ma tête, je criai. En poursuivant ma ronde de fou en haut des cimes, je savais que partout où mes yeux se posaient, et même plus loin encore, partout où le soleil venait de disparaître, la seule empreinte sur le sol qui n’était pas celle d’un animal était la mienne. Je criai de nouveau, prêt à exploser. »

Marisha Pessl – Intérieur nuit ****

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Editeur : Folio – Date de parution : avril 2017 – 849 pages

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Stanislas Cordova est un réalisateur de films d’horreur très controversé ; un halo de mystère et de légendes l’entoure… Considéré à la fois comme un fou, un maniaque et un génie, ses films – souvent censurés – font sensation et ne laissent pas indifférent ; en les regardant, certains spectateurs sont tétanisés, terrorisé, pétrifié. Les fans du réalisateur – les cordovistes – organisent des séances de projections clandestines sous terre, dans les catacombes… Séances qui semblent plus tenir du rite satanique que du simple divertissement. Cordova suscite dévotion et émerveillement chez ses adeptes, à la façon d’un gourou.

Il y a cinq ans, le journaliste Scott McGrath, après avoir reçu un appel anonyme pour le moins dérangeant, a tenté de percer le mystère de Cordova, ce qui lui a coûté sa carrière et son mariage. Lorsque la fille du réalisateur est retrouvée morte dans un entrepôt désaffecté de Manhattan, McGrath décide de reprendre son enquête.

J’avais adoré La Physique des catastrophes, c’est donc avec plaisir que j’ai entamé la lecture de ce second roman de Marisha Pessl. Et je n’ai pas été déçue, loin de là… J’ai littéralement dévoré ce thriller addictif, à l’atmosphère sombre et inquiétante. Dès les premières pages émerge cette silhouette en manteau rouge qui marche dans la nuit, le pas lourd, le visage dissimulé par une capuche… Etrangeté et surnaturel s’invitent dans la danse des mots.

Un roman angoissant & haletant, mêlant avec virtuosité surnaturel et réalité, fantasme et vérité. J’ai rarement lu un roman aussi bien maîtrisé : j’ai été littéralement scotchée de la première à la dernière page. Une écriture puissante, dense, documentée ; parsemée d' »images d’archives » qui viennent illustrer la progression de l’enquête du journaliste – pour une immersion totale.

Un coup de cœur, qui me hantera longtemps.

Mille mercis aux éditons Folio pour la découverte de ce roman. Marisha Pessl est décidément une auteure à suivre de très très près.

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« La menace que l’on sent mais qu’on ne voit pas, nourrie par l’imagination, cette menace-là est éprouvante, écrasante. Elle vous détruit avant même que vous ayez quitté votre chambre, votre lit, avant même que vous ayez ouvert les yeux et respiré. »

« Le seuil mystérieux qui sépare le réel de la fiction… Car chacun de nous possède sa propre boîte, une chambre noire où se loge ce qui nous a transpercé le cœur. Elle contient ce pour quoi l’on agit, ce que l’on désire, ce pour quoi l’on blesse tout ce qui nous entoure. Et si cette boîte venait à être ouverte, rien ne serait libéré pour autant. Car l’impénétrable prison à serrure impossible, c’est notre propre tête. »

« Ma vie était un costume que je n’avais mis que pour les grandes occasions. La plupart du temps, je l’avais gardée au fond de mon placard, oubliant jusqu’à sa présence. On était censés mourir quand les coutures ne tenaient plus qu’à un fil, quand les coudes et les genoux étaient tachés d’herbe et de boue, les épaulettes abîmées par les étreintes, les pluies torrentielles et le soleil de plomb, le tissu élimé, les boutons arrachés. »

« L’effroi est une chose aussi essentielle à notre vie que l’amour. Il plonge au plus profond de notre être et nous révèle ce que nous sommes. Allons-nous reculer et nous cacher les yeux ? Ou aurons-nous la force de marcher jusqu’au précipice et de regarder en bas ? Voulons-nous savoir ce qui s’y cache ou, au contraire, vivre dans l’illusion sans lumière où ce monde commercial veut tant nous enfermer, comme des chenilles aveugles dans un éternel cocon ? Allons-nous nous recroqueviller, les yeux clos, et mourir ? Ou nous frayer un chemin vers la sortie pour nous envoler ? »

Joyce Carol Oates – Mudwoman ***

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Éditeur : Points – Date de parution : 2014 – 564 pages

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Nous sommes au début des années 2000. Mudwoman, c’est Meredith Ruth Neukirchen, ou M.R. pour ses collègues. A tout juste la quarantaine, cette enseignante de philosophie, passée par Harvard, vient d’être élue présidente d’une prestigieuse université. Tout lui réussit : elle a déjà une belle carrière universitaire derrière elle.

Mais M.R. semble avoir oublié qu’elle fut cette gamine de trois ans jetée dans la boue par sa folle de mère sur les bords de la Black Snake, au début des années 60. Tondue, vêtue d’une simple chemise en papier d’hôpital, l’enfant est retrouvée en piteux état par Suttis Coldham, le simple d’esprit du coin. Quelques temps plus tard, les Neukirchen – des quakers de Carthage au cœur sur la main – adoptent l’enfant et lui bâtissent une nouvelle vie, l’élevant dans le respect de certaines valeurs et tentant de lui faire oublier son passé. Passé qui va refaire peu à peu surface

Les chapitres alternent passé et présent – Mudgirl et Mudwoman – une seule et même femme. Tout au long de ce roman dense, oscillant entre visions cauchemardesque et rêves éveillés, avec en arrière-plan la guerre en Irak, Oates interroge la survivance, la folie, mais aussi la mémoire oublieuse. Un roman sombre qui se dévore.

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« L’oubli ! Un phénomène dont M.R. pensait qu’il touchait plutôt le présent, la course vertigineuse du présent. A la façon dont, braquant une torche dans l’obscurité, on suit des yeux la trajectoire de la lumière sans voir la pénombre environnante. »

« L’effort pour parvenir à la civilisation. Pour résister aux illusions. Alors que la boue sale sous le plancher de la civilisation est elle-même illusion. »

David Joy – Là où les lumières se perdent **

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Éditeur : Sonatine – Date de parution : août 2016 – 295 pages

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« Il était impossible d’échapper à qui j’étais, à l’endroit d’où je venais. J’avais été chié par une mère accro à la meth qui venait juste d’être libérée de l’asile de fous. J’étais le fils d’un père qui me planterait un couteau dans la gorge pendant mon sommeil si l’humeur le prenait. Le sang est plus épais que l’eau, et je me noyais dedans. Je sombrais dans ce sang, et une fois que j’aurais touché le fond, personne ne me retrouverait. Je me disais que certaines âmes n’étaient pas dignes d’être sauvées. Il est des âmes auxquelles même le diable ne veut rien avoir affaire. »

Le décor est planté, le ton est donné. Nous sommes en Caroline du Nord, dans une région reculée des Appalaches. McNeely est un nom qui fait peur et qui ne laisse pas indifférent. Et pour cause : Charlie McNeely, le père de Jacob, se trouve être le baron de la drogue local. Depuis qu’il est tout jeune, Jacob est mêlé à ses sombres activités. Quant à sa mère Laura, elle a goûté à la cristal meth et n’en ai jamais revenue. McNeely l’a exilée dans une cabane où, dose après dose, elle se consume à petit feu…

Après avoir battu presque à mort un étudiant, Jacob a quelques ennuis avec la justice. Dans le même temps, Maggie, son amour de jeunesse, revient vers lui. Jacob désire à tout prix échapper à l’héritage de violence de son père et à sa sombre destinée, ne plus être attaché à ce nom, changer le cours de sa vie.

Dans une langue sauvage et brute, David Joy déroule la métaphore de la lumière et nous conte cette sombre histoire de rédemption, où le divin n’est jamais loin. Malheureusement, je suis demeurée un peu extérieure à ce roman sombre et âpre…

La quatrième de couverture le compare à Seul le silence, de R.J. Ellory, mais je l’ai trouvé moins puissant. Aucun souffle ne m’a véritablement emportée. Une lecture qui ne m’a donc pas fait battre le cœur comme je m’y attendais. Les derniers mots du roman ont cependant atténué mon sentiment de déception : une fin sublime, qui a réussi à m’émouvoir, malgré tout.

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« C’était ma réalité : la souffrance, la honte, et tout ce qui s’ensuivait. Attendre la mort était donc une chose que je connaissais depuis longtemps, et ce n’était pas la mort qui me rongeait. C’était l’attente. »

« Il existe un endroit où se perdent les lumières, et je suppose que c’est le paradis. »

Ernest Hemingway – Les aventures de Nick Adams ***

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Éditeur : Folio – Date de parution : avril 2017 – 360 pages

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Nick Adams n’est autre que l’alter ego de Hemingway. Ce personnage apparaît dans une multitude de nouvelles que l’auteur avait savamment éparpillées au sein de son oeuvre ; ce recueil a travaillé à réunir ces fragments aux inspirations autobiographiques, reconstituant le puzzle du romancier, dans l’ordre chronologique, du petit garçon effrayé sous une tente à l’homme marié et père… Nick Adams est un homme touchant et attachant ; on le suit, de son premier cœur brisé, à ses parties de pêche en solitaire, les évasions avec sa sœur, son expérience de la guerre, mais aussi ses aventures féminines. « La vie, il faut la digérer, puis créer ses propres personnages. »

Les nouvelles oscillent entre sensibilité et humour. Une écriture épurée, posée, qui offre des questionnements sur la mort, la solitude mais aussi sur l’écriture. « La seule écriture valable, c’est celle qu’on imagine. C’est ce qui rend les choses réelles. »

Merci aux éditions Folio pour cette lecture !

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« Lorsqu’il se réveilla dans la nuit, il entendit souffler le vent dans les sapins à l’extérieur du cottage et les vagues se briser sur le rivage, et il se rendormit. Au matin, le vent soufflait fort et les vagues déferlaient de très haut sur la plage, et il resta longtemps éveillé avant de se rappeler qu’il avait le cœur brisé. »