Marisha Pessl – Intérieur nuit ****

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Editeur : Folio – Date de parution : avril 2017 – 849 pages

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Stanislas Cordova est un réalisateur de films d’horreur très controversé ; un halo de mystère et de légendes l’entoure… Considéré à la fois comme un fou, un maniaque et un génie, ses films – souvent censurés – font sensation et ne laissent pas indifférent ; en les regardant, certains spectateurs sont tétanisés, terrorisé, pétrifié. Les fans du réalisateur – les cordovistes – organisent des séances de projections clandestines sous terre, dans les catacombes… Séances qui semblent plus tenir du rite satanique que du simple divertissement. Cordova suscite dévotion et émerveillement chez ses adeptes, à la façon d’un gourou.

Il y a cinq ans, le journaliste Scott McGrath, après avoir reçu un appel anonyme pour le moins dérangeant, a tenté de percer le mystère de Cordova, ce qui lui a coûté sa carrière et son mariage. Lorsque la fille du réalisateur est retrouvée morte dans un entrepôt désaffecté de Manhattan, McGrath décide de reprendre son enquête.

J’avais adoré La Physique des catastrophes, c’est donc avec plaisir que j’ai entamé la lecture de ce second roman de Marisha Pessl. Et je n’ai pas été déçue, loin de là… J’ai littéralement dévoré ce thriller addictif, à l’atmosphère sombre et inquiétante. Dès les premières pages émerge cette silhouette en manteau rouge qui marche dans la nuit, le pas lourd, le visage dissimulé par une capuche… Etrangeté et surnaturel s’invitent dans la danse des mots.

Un roman angoissant & haletant, mêlant avec virtuosité surnaturel et réalité, fantasme et vérité. J’ai rarement lu un roman aussi bien maîtrisé : j’ai été littéralement scotchée de la première à la dernière page. Une écriture puissante, dense, documentée ; parsemée d' »images d’archives » qui viennent illustrer la progression de l’enquête du journaliste – pour une immersion totale.

Un coup de cœur, qui me hantera longtemps.

Mille mercis aux éditons Folio pour la découverte de ce roman. Marisha Pessl est décidément une auteure à suivre de très très près.

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« La menace que l’on sent mais qu’on ne voit pas, nourrie par l’imagination, cette menace-là est éprouvante, écrasante. Elle vous détruit avant même que vous ayez quitté votre chambre, votre lit, avant même que vous ayez ouvert les yeux et respiré. »

« Le seuil mystérieux qui sépare le réel de la fiction… Car chacun de nous possède sa propre boîte, une chambre noire où se loge ce qui nous a transpercé le cœur. Elle contient ce pour quoi l’on agit, ce que l’on désire, ce pour quoi l’on blesse tout ce qui nous entoure. Et si cette boîte venait à être ouverte, rien ne serait libéré pour autant. Car l’impénétrable prison à serrure impossible, c’est notre propre tête. »

« Ma vie était un costume que je n’avais mis que pour les grandes occasions. La plupart du temps, je l’avais gardée au fond de mon placard, oubliant jusqu’à sa présence. On était censés mourir quand les coutures ne tenaient plus qu’à un fil, quand les coudes et les genoux étaient tachés d’herbe et de boue, les épaulettes abîmées par les étreintes, les pluies torrentielles et le soleil de plomb, le tissu élimé, les boutons arrachés. »

« L’effroi est une chose aussi essentielle à notre vie que l’amour. Il plonge au plus profond de notre être et nous révèle ce que nous sommes. Allons-nous reculer et nous cacher les yeux ? Ou aurons-nous la force de marcher jusqu’au précipice et de regarder en bas ? Voulons-nous savoir ce qui s’y cache ou, au contraire, vivre dans l’illusion sans lumière où ce monde commercial veut tant nous enfermer, comme des chenilles aveugles dans un éternel cocon ? Allons-nous nous recroqueviller, les yeux clos, et mourir ? Ou nous frayer un chemin vers la sortie pour nous envoler ? »

Ernest Hemingway – Les aventures de Nick Adams ***

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Éditeur : Folio – Date de parution : avril 2017 – 360 pages

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Nick Adams n’est autre que l’alter ego de Hemingway. Ce personnage apparaît dans une multitude de nouvelles que l’auteur avait savamment éparpillées au sein de son oeuvre ; ce recueil a travaillé à réunir ces fragments aux inspirations autobiographiques, reconstituant le puzzle du romancier, dans l’ordre chronologique, du petit garçon effrayé sous une tente à l’homme marié et père… Nick Adams est un homme touchant et attachant ; on le suit, de son premier cœur brisé, à ses parties de pêche en solitaire, les évasions avec sa sœur, son expérience de la guerre, mais aussi ses aventures féminines. « La vie, il faut la digérer, puis créer ses propres personnages. »

Les nouvelles oscillent entre sensibilité et humour. Une écriture épurée, posée, qui offre des questionnements sur la mort, la solitude mais aussi sur l’écriture. « La seule écriture valable, c’est celle qu’on imagine. C’est ce qui rend les choses réelles. »

Merci aux éditions Folio pour cette lecture !

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« Lorsqu’il se réveilla dans la nuit, il entendit souffler le vent dans les sapins à l’extérieur du cottage et les vagues se briser sur le rivage, et il se rendormit. Au matin, le vent soufflait fort et les vagues déferlaient de très haut sur la plage, et il resta longtemps éveillé avant de se rappeler qu’il avait le cœur brisé. »

Laïa Jufresa – Umami ***

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Éditeur : Folio – Date de parution : mars 2017 – 306 pages

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« C’est le cinquième goût que nos papilles peuvent percevoir, il y a le sucré, le salé, l’amer, l’acide, bien sûr, et puis il y a l’umami, ça ne fait pas longtemps que les Occidentaux le connaissent, un siècle à peine, c’est un mot japonais qui veut dire ‘délicieux’. »

Umami est un roman choral, où les voix se font entendre à rebours ; en effet, chaque chapitre remonte dans le temps, sur cinq années… Ces voix, elles proviennent de la Cour Cloche-en-terre, une cour composée de cinq maisons, toutes imaginées selon le plan d’une langue.

2004. Ana Pérez Walker, une gamine de douze ans, dont la petite sœur Luz est morte noyée. Elle vit avec ses parents et ses deux frères dans les maisons Sucrée & Salée.

2003. Marina, c’est la jeune peintre qui par moments se laisse mourir de faim et de soif et qui vit dans la maison Amère ; elle voit tout à travers les couleurs et aime en inventer de nouvelles. Elle garde les enfants Walker le weekend en échange de leçons d’anglais.

2002. Alf, un docteur en anthropologie dont la femme Noelia est morte d’un cancer ; il s’agit de la voix centrale du roman. Ayant écrit une thèse sur l’umami, ce cinquième goût, il a imaginé la cour Cloche-en-terre… Après la mort de sa femme, Alf prend une année sabbatique et se met à écrire sur Noelia, l’amour de sa vie.

2001. La voix de Luz, l’enfant de cinq ans qui s’est noyée.

2000. La cinquième et dernière voix, c’est celle de Pina, la meilleure amie d’Ana, qui vit seule avec son père Beto dans la maison Acide, depuis que sa mère les a quittés pour vivre une autre vie.

Ce roman mexicain qui file la métaphore du goût et des papilles porte à merveille son titre. J’ai découvert un joli roman sur le deuil, l’amour et la famille ; les personnages sont attachants dans leur tentatives pour gérer la douleur de la perte et du manque. Umami se dévoile page après page, et se laisse effeuiller à travers une écriture empreinte de pudeur, qui m’a émue par sa simplicité et sa force.

Merci aux éditions Folio pour la découverte !

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« Peut-être que c’est uniquement ça l’amour. Ou l’écriture. S’efforcer de mettre quelqu’un en mots tout en sachant qu’il restera pour les autres un kaléidoscope : ses mille reflets dans l’œil d’une mouche. »

« – C’est peut-être ça mourir, non ?

– Peser plus lourd ?

– Arrêter de se porter soi-même. »

« Le jaucrasse, c’est le jaune crasseux des rebords de trottoirs. L’oranjuscule, l’orangé juste avant le crépuscule. Le blansitoire, le blanc transitoire de l’écume. »

Sylvia Plath – Le jour où Mr Prescott est mort ***

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Éditeur : La Table Ronde – Date de parution : avril 2017 [1952-1953] – 326 pages

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Cet ouvrage rassemble les nouvelles de Sylvia Plath. On y rencontre beaucoup de personnages féminins qui semblent attachés à des rêves, des lubies… Une femme qui ne rêve plus la nuit se désespère face aux rêves si poétiques de son mari. Une femme se met à taper à la machine les rêves des autres, se glissant dans la peau d’un collectionneur de rêves ; et ce lac où se retrouvent tous les rêves des gens depuis le début du monde…

Les récits de ce recueil me sont apparu assez inégaux. Certains m’ont séduit quand d’autres m’ont laissée totalement indifférente. Il demeure malgré tout que l’écriture de Sylvia Plath est belle et élégante. Ses personnages sont délicieusement en dehors du réel, flottant entre deux mondes, évanescents et rêveurs. Un peu fous, ils ont des envies d’ailleurs et aiment se soustraire au monde réel.

Merci aux éditions de La Table ronde pour cette lecture !

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« Elizabeth chérissait comme un ami calomnié le monde vague et imprécis dans lequel elle vivait. C’était un monde crépusculaire où, la nuit, la lune flottait par-dessus les arbres, frémissant ballon de lumière argentée ; les rayons bleuâtres vacillaient à travers le feuillage, traçant des dessins fluides et tremblants sur le papier peint de sa chambre. »

Pyramide des (K)adeaux Kube ! C’est parti !

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Hello la blogosphère !

Le Grand Jeu de la « Pyramide des (K)adeaux Kube » dont je vous parle depuis plusieurs jours est désormais ouvert en avant-première pour vous, jusqu’à 12h30 ! Découvrez sans plus tarder les 6 incroyables cadeaux que vous pouvez gagner et comment faire pour atteindre le sommet de la pyramide afin de remporter l’ultime cadeau : L’ABONNEMENT KUBE A VIEDe quoi faire rêver… non ?!

Pour participer, rien de plus simple : vous avez juste à renseigner votre prénom & votre adresse mail, puis à partager votre lien personnalisé sur les réseaux sociaux ou sur votre blog afin de rassembler le plus de participants possible au jeu et espérer ainsi franchir les différents paliers de la Pyramide, pour atteindre le sommet !!

N’attendez plus, pour découvrir ce que vous réserve le jeu, cliquez sur le lien suivant :

http://pyramide.lakube.com/

Edit : petit problème de publication… mon article était programmé pour 9h et il ne s’est pas publié! Mais vous pouvez toujours accéder au jeu via le même lien.

Jeu de la Pyramide des (K)adeaux Kube

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Chose promise, chose due, voici la suite des nouvelles concernant le jeu organisé par La Kube… Pour rappel, ce jeu vous permettra de remporter des cadeaux littéraires, et notamment LE cadeau ultime qui se trouve en haut de la pyramide – un cadeau à vie – et qui demeure pour le moment secret.

Le 1er mai, vous aurez le privilège de participer au jeu en avant-première !

En effet, toute la matinée du 1er mai – de 9h30 à 12h30 – le jeu vous sera réservé, à vous, lecteurs, qui suivez mon blog !

A découvrir : Le jeu de la Pyramide des (K)adeaux Kube…

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Le mois dernier, je testais avec beaucoup de succès le concept de la Kube… Aujourd’hui je vous parle à nouveau de cette belle box littéraire car elle organise prochainement un concours très prometteur auquel vous pourrez participer : Le jeu de la Pyramide (K)adeaux Kube.

Les détails concernant ce nouveau jeu demeurent pour l’heure actuelle dans le plus grand des secrets et ils ne vous seront dévoilés intégralement que le 1er mai prochain, date à laquelle vous pourrez commencer à participer au jeu ! A la clé, plusieurs cadeaux sont à gagner – qui combleront les amoureux des livres – dont celui qui se trouve au sommet de la pyramide…

Affaire à suivre !

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