Joe Meno – La Crête des damnés ***

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Le Livre de Poche – août 2020 – 448 pages

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Nous sommes à Chicago, en 1990. Brian Oswald a 17 ans – loser à binocles et acné persistante – il rêve de devenir star du rock et passe ses heures de cours au lycée catho à imaginer des noms de groupes, des noms de chansons. Rien ne va plus dans sa vie : ses parents sont sur le point de se séparer et il se rend compte qu’il tombe amoureux de sa meilleure amie Gretchen, fan de punk et de bagarres aux poings, cheveux roses, surpoids et caractère bien trempé. 

Le temps d’une année on suit Brian, ses hésitations face au futur, ses tâtonnements pour se trouver, sa peur au fond de quitter l’adolescence, de devenir adulte, sérieux. Ses déboires. 

Le ton du roman m’a tout de suite plu. La voix de Brian est attachante – ce gamin un peu paumé qui s’évade par la musique. « C’était comme si la musique pouvait changer les choses. » La musique rythme sa vie, l’aide à se définir, à s’accomplir. « Pendant toute cette période, je ressentais exactement ce que disais le titre de chaque chanson, aussi désaxé sur cette terre qu’un adolescent venu de Mars. » 

La Crête des damnés est un roman initiatique traversée par la fougue et la révolte adolescente. Joe Meno analyse avec tact et acuité les sentiments qui traversent Brian – ses premières fois, son coeur brisé, ses parents qui s’engueulent, son lycée catholique qui lui lave le cerveau – et nous offre un récit à la première personne emplit d’espoir et de noirceur, mais aussi de mélancolie, qui fait la part belle à la musique. A lire !

Émilie Chazerand – La fourmi rouge ****

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Gallimard Jeunesse – 2019 – 384 pages

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Vania Strudel doit son nom à l’inventivité parentale – à cheval entre un protège-slip et une pâtisserie autrichienne bourrative. À 15 ans, l’adolescente cumule beaucoup… Elle a une paupière qui tombe comme Columbo, une tendance naturelle au ridicule et un père taxidermiste qui n’a pas honte de conduire une « ouafture » toute poilue. Le combo gagnant pour être impopulaire au lycée. Mais la cerise sur le gâteau, c’est quand elle apprend que son meilleur ami, Pierre-Rachid, sort avec sa pire ennemie, Charlotte Kramer, qui la persécute depuis toujours. Son monde s’écroule.

Et puis, la veille de la rentrée, elle reçoit un mail anonyme qui va la secouer. « Certes, nous sommes tous des fourmis, vus de la Lune. Mais tu peux être la rouge parmi les noires. Qu’est-ce que tu attends pour vivre ?! Plus tard c’est maintenant. Demain c’est tout de suite. »

Le roman d’Emilie Chazerand possède une écriture décapante et ironique. Son héroïne passe son temps à se moquer d’elle-même ; elle n’a pas confiance en elle, se trouve laide et nulle et se retrouve dans des situations et dialogues vraiment tordants et absolument savoureux. L’écriture truffée d’expressions toutes plus cocasses les unes que les autres m’a fait me tordre de rire tout au long de ma lecture ; je me suis attachée à Vania, qui utilise souvent le rire pour ne pas s’effondrer. Bien vite, on découvre l’émotion blottie sous le manteau de l’humour.

La Fourmi rouge est un roman drôle et émouvant, au style inimitable. Un vrai bonheur de lecture par les temps moroses qui courent.

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« Je crois pas que l’important soit d’avoir le choix. L’important, c’est ce qu’on fait d’une situation qu’on n’a pas voulue. »

John Green – Qui es-tu Alaska ? ***

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Gallimard Jeunesse – 2016 – 416 pages

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Miles débarque en Alabama, sur le campus de Culver Creek, son nouveau lycée. À seize ans, il a l’impression de n’avoir jamais vécu ; c’est la première fois qu’il quitte ses parents. Pour reprendre les derniers mots prononcés par Rabelais, Miles est à la recherche de son « Grand Peut-Être ».

Si l’adolescent a peu d’amis, il possède néanmoins un solide répertoire de dernières paroles de gens célèbres. A Culver Creek, il découvre son camarade de chambre qui se fait appeler Le Colonel et qui lui fait connaître Alaska, une drôle de fille dont la chambre disparaît sous des piles de livres. Il tombe immédiatement sous son charme. Alaska est fougueuse et émotive, parfois très expansive et parfois complètement fermée ; Miles ne sait sur quel pied danser avec elle. Une aura de mystère l’entoure. Au fil des jours, il s’insère dans cette joyeuse bande délurée qui ne pense qu’à boire et faire des blagues pour mettre un bazar monstre au lycée et faire enrager l’Aigle, le Proviseur.

L’écriture assez drôle et cocasse de John Green me surprend et me plaît d’emblée. Les premiers chapitres – sous forme de compte à rebours – se lisent avec plaisir… Au bout de 200 pages, ça s’essouffle un peu… l’ennui pointe le bout de son nez. Et soudain, le choc auquel je ne m’attendais pas. Vraiment pas. L’émotion débarque, j’ai ma petite larme à l’œil et une drôle de boule au ventre. Qui es-tu Alaska ? est une lecture à laquelle je ne m’attendais pas, qui me surprend.

Un roman jeunesse émaillé de références littéraires qui se révèle piquant et attachant et qui, au-delà d’être un joli récit sur l’amitié, l’amour et la quête de sens à l’adolescence, nous offre des réflexions sur la souffrance, nous questionne sur la façon de vivre avec celle-ci – d’y survivre. « Comment vais-je sortir de ce labyrinthe ? » 

Kate DiCamillo – Louisiana **

Louisiana

Editions Didier Jeunesse – 2019 – 160 pages

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Floride, fin des années 70. La grand-mère de Louisiana Elefante perd un peu la boule. Persuadée que sa famille est porteuse d’une malédiction depuis plusieurs générations, elle embarque sa petite-fille en pleine nuit pour un road-trip des plus singuliers. Il est 3h du matin lorsqu’elle lui annonce que « l’heure du jugement a sonné ». Louisiana se rend vite compte qu’elle ne reverra pas de sitôt sa maison… ni ses meilleures amies, ni Monsieur Chien, ni Archie son chat. Elle en a le coeur brisé.

Quelques heures plus tard, la gamine se retrouve à la frontière entre la Floride et la Géorgie, dans une voiture en panne sèche, avec une grand-mère qui souffre subitement d’une rage de dent et s’écroule sur la banquette arrière. Les aventures ne font que commencer

A travers de courts chapitres, l’écriture de Kate DiCamillo se révèle drôle, impertinente et tendre. Je me laisse prendre dans les filets de cette histoire somme toute bien farfelue.

Louisiana est une ado dégourdie et malicieusement désespérée, qui possède un talent de poids : une voix d’ange lorsqu’elle se met à chanter. Quant à la grand-mère, elle est aussi petite que virulente, elle possède un regard perçant et un tempérament drôlement autoritaire.

L’intrigue qui vire chamallow pleine de bon sentiments m’a finalement un peu agacée. Je ne suis pas certaine que ce roman restera gravé dans ma mémoire, mais ça n’en demeure pas moins une lecture pleine de charme sur la quête des origines, la quête de sens d’une enfant.

Benedict Wells – Presque génial **

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Slatkine & Cie – août 2020 – 416 pages

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Francis Dean a tout juste dix huit ans ; il vit avec sa mère dans un mobil-home délabré parmi d’autres, à la lisière de Claymont ; une ville qu’il considère comme un trou, sur la côte est des USA, au coeur du New Jersey. Sa mère jongle entre dépression, nouveaux mecs et internement en psychiatrie. En allant rendre visite à sa mère à la clinique, Francis amoureux d’une jeune fille, Anne-May, internée elle aussi.

Francis a toujours rêvé de quitter cette ville de misère, dans laquelle il sent qu’il finira par s’enliser s’il n’agit pas. Quand sa mère fait une tentative de suicide et lui laisse une lettre dans laquelle elle lui révèle la vérité sur son vrai père, Francis décide de le retrouver. Il embarque dans l’aventure son pote Grover – un peu loser sur les bords et complètement nerd – et Anne-May, qui en profite pour fuguer de la clinique. Ensemble, ils vont traverser les USA pour atteindre Los Angeles où se trouve peut-être le père de Francis.

Un road-trip aux USA, en direction de l’Ouest ? Ce synopsis avait tout pour me plaire ! Au début, je m’attache assez vite au personnage principal, qui ne peut qu’attirer la sympathie ; et je trouve ce road-trip tendre et cocasse. Et puis, quelques facilités me sautent aux yeux, certains passages m’apparaissent peu crédibles. Si j’ai aimé les références à Kerouac, les clichés m’ont un peu agacée. Presque génial demeure cependant une lecture agréable, qui se déguste avec plaisir, mais sans surprise.

Nathacha Appanah – Le ciel par-dessus le toit ***

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Gallimard – 2019 – 128 pages

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Loup est un garçon un peu différent. Il mémorise énormément de choses, fait attention à des détails que d’autres ne voient pas. Il n’oublie jamais un visage et a des doigts magiques pour réparer les petites choses en panne. Parfois, il court jusqu’à s’écrouler pour épuiser le trop-plein d’émotions qui l’envahit, le fait chavirer ; pour faire taire toutes ces pensées insensées qui virevoltent dans sa tête. Il vit seul avec sa mère, Phénix, qui autrefois s’appelait Eliette et était l’enfant parfaite.

Loup se retrouve en prison. Derrière les barreaux. Conduite sans permis, à contresens, provoquant un accident et deux blessés. Il voulait rejoindre sa sœur, Paloma, qui les a abandonnés, lui et sa mère, depuis plusieurs années. Qui n’est jamais revenue.

Immédiatement, j’ai aimé la douceur inouïe qui se dégage de ce roman, de l’écriture de Nathacha Appanah. Une douceur qui contraste avec la brutalité du réel qui sommeille entre les mots et menace de surgir au détour d’une page. Sous la plume de l’autrice, ce sont des êtres éraflés par la vie qui prennent corps ; des êtres pour lesquels j’ai ressenti une grande empathie. Le ciel par-dessus le toit est un roman très curieux sur la famille et la différence qui m’a happée.

Grégoire Delacourt – Un jour viendra couleur d’orange ***

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Grasset – 19 août 2020 – 272 pages

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Couleur d’orange ou couleur d’orage ? Les mots du titre sont ceux d’un poème d’Aragon. La révolte fait rage en France. Les gilets jaune envahissent les ronds-points, débarquent à Paris chaque samedi pour faire entre leurs voix – dénoncer l’injustice et la misère sociale au fin fond des campagnes.

Pierre est engagé dans la lutte. Cela lui permet de s’extirper, de s’évader de cette famille où il ne trouve pas sa place. Vigile à Auchan, c’est Pierre est un homme dans l’ombre. Avec les gilets jaunes, il ose enfin s’exprimer, gueuler, s’affirmer. Il existe enfin.

Sa femme Louise travaille à l’hôpital. Son fils Geoffroy a treize ans et il n’a jamais supporté aucun contact ; il est dans sa bulle, différent. Il a été diagnostiqué autiste il y a peu et pour Pierre, ce fut le cataclysme. Geoffroy parle peu et a du mal à comprendre les autres, il dévore avec avidité les livres et mémorise tout. Il ne parvient à appréhender le monde qu’à travers le prisme des couleurs. Tout son univers se trouve régi par les couleurs. 

Mais dans ce monde de brutes, il y a Djamila et ses yeux verts véronèse. Sa douceur. Ses cheveux noirs de jais. Il n’y a qu’avec elle que Geoffroy se sent bien ; il n’y a qu’elle qui semble prendre sa différence pour une richesse. Ils passent du temps dans la forêt, à écouter le pouls de la nature qui bat, écouter le murmure des arbres.

Ce roman dont chaque chapitre porte le nom d’une couleur, d’une teinte, est une jolie pépite. Haute en émotions, en couleurs, en coups de foudre ou coups de rage. Entre ces pages, on lit la rage de vivre. La rage d’être entendu. La rage d’être reconnu.

L’écriture m’a transportée et chaque personnage, à sa façon, m’a émue profondément. J’ai aimé leurs blessures et leur luminosité, malgré tout. Comme le vieil Hagop, qui a perdu sa femme mais qui l’entend toujours au fond de lui – c’est un enfant de 70 ans qui prend les deux enfants sous son aile. Même Pierre, le père fou de colère, j’ai fini par l’aimer.

Un roman d’une grande beauté sur la différence, les laissés pour compte, les injustices. Un roman sur la richesse intérieure de chacun.

Elena Ferrante – La vie mensongère des adultes ***

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Gallimard – juin 2020 – 416 pages

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Giovanna, fille de professeurs, habite les quartiers hauts de Naples, évoluant au sein d’un monde assez privilégié. Elle n’a que douze ans lorsqu’elle entend une conversation dans laquelle son père la compare à Vittoria, une tante qui est aussi laide que mauvaise. « Le nom de Vittoria résonnait chez moi comme celui d’un être monstrueux, qui souille et infecte quiconque l’effleure. » Ces paroles blessent la toute jeune adolescente, dont la confiance en elle se fragilise ; elle se sent dévalorisée, ébranlée dans son amour-propre.

Giovanna cherche alors à en savoir davantage sur cette femme qu’elle n’a quasiment jamais vue et dont elle ne connaît rien. En fouillant dans les photos de famille, elle déniche quelques clichés sur lesquels son père apparaît aux côtés d’une personne recouverte de feutre noir… Ne pouvant résister à la curiosité qui la tiraille, la jeune fille décide de rencontrer sa tante – descendant dans les quartiers napolitains les plus pauvres. Ces quartiers qu’elle ne connaît pas, qui lui sont étrangers et dans lesquels son père a pourtant grandi.

Giovanna est immédiatement fascinée par cette femme occultée et dénigrée par ses parents et ne peut s’empêcher de boire ses paroles ; elle découvre alors les mensonges et cachotteries dont sont capables – coupables – les adultes.

« Des mensonges, encore des mensonges : les adultes les interdisent et pourtant ils en disent tellement. »

La rencontre avec Vittoria coïncide avec l’entrée dans l’adolescence. L’âge où la frontière entre le bien et le mal s’aiguise, où les sentiments affleurent et secouent. La métamorphose s’opère. Giovanna se plonge dans ce monde différent du sien, faisant voler en éclat ses repères et ses certitudes.

« Que se passait-il dans le monde des adultes, dans la tête de ces personnes très raisonnables, dans leurs corps pétris de savoir ? Comment était-il possible qu’ils soient parmi les moins fiables des animaux, pires encore que des reptiles ? »

Elena Ferrante explore avec talent la complexité des sentiments humains, ici au moment de l’adolescence. Cet âge si complexe – cette noirceur qui s’éveille, ce mauvais caractère qui s’ébroue, ces envies de tout foutre en l’air qui pulsent au cœur des entrailles.

Un beau roman, porté par la plume fougueuse et sombre qui se déploie telle une plante vivace, grimpante et dévorante. La beauté de la plume fait écho à la beauté de cette âme adolescente qui cherche à comprendre le monde adulte, s’y heurte avec pertes et fracas et cherche en vain une figure à laquelle s’identifier. Il se dégage de ce récit une force vive, à la fois ténébreuse et lumineuse, à l’image de cet âge charnière.

Tanya Tagaq – Croc fendu **

Croc-fendu

Editions Bourgois – mars 2020 – 208 pages

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« Nous, les enfants du printemps, la ville est notre terrain de jeu. » Nunavut, fin des années 70. Un territoire isolé au nord du Canada. Le pays des Inuits. Une bande de gamins traîne dans les rues de la ville. « Notre meute humaine aux cheveux noirs. » Ils n’ont pas de limites, pas de couvre-feu. Sauf la narratrice. Ils savourent l’enfance, comme une sève magique. Ils sont aux portes de l’adolescence, ils le savent. Ils s’y préparent. 

Autour de la ville, il y a les lacs, la toundra. La vie animale dans laquelle ils aiment se perdre.

À l’adolescence, la narratrice est dans un collège où on lui interdit de parler sa langue maternelle, l’inuktitut. Très vite, il y a les soirées alcool, drogue, solvants, sexes. L’enfance s’évapore.

La jeune fille passe sa vie dans la nature, à côtoyer le monde animal et à s’y égarer de manière absolue. On perd lentement pied avec la réalité ; on ne sait plus où commence l’imaginaire, où prend fin la réalité.

Tout au long de cet ovni littéraire, on a l’impression d’être plongé dans un rêve psychédélique où l’amour se fait avec une aurore boréale, où on enlace des renards et des ours. Une plongée dans un immense trip hallucinatoire, où la réalité perd ses contours et devient poreuse.

Certains passages sont de vrais poèmes, pour exprimer l’abomination humaine, le viol. Tanya Tagaq se saisi du langage et joue avec, métamorphosant le monde sous nos yeux, effaçant peu à peu les frontières entre animalité et humanité, réel et imagination, naturel et surnaturel.

Croc fendu, en nous offrant le portrait d’une enfant qui devient adolescente puis femme, puis mère, nous délivre un récit qui m’a violemment déroutée mais émue ; la prose, parsemée ici et là de dessins en noir et blanc, est brute et poétique ; elle dit toute la violence de ce quotidien, son âpreté.

Nathalie Bernard – Sept jours pour survivre ***

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Thierry Magnier – 2017 – 272 pages

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A Montréal, Nita Rivière se fait enlever le jour de son 13ème anniversaire, alors qu’elle chemine vers son collège. La jeune amérindienne se réveille quelques heures plus tard dans une cabane perdue au coeur de la forêt canadienne enneigée… Seule face à son agresseur au regard empreint de folie.

Nous suivons en alternance l’enquête qui s’ouvre sur l’enlèvement de l’adolescente, menée par les agents Gautier Saint-James et Valérie Lavigne. Au début, les enquêteurs pensent à une fugue ; Nita en a tout à fait le profil : son père est en prison, elle s’habille de façon gothique, est accro à une célèbre série de zombies et adore photographier les édifices et lieux désaffectés, les plaques d’égouts.

7 chapitres comme 7 leçons de survie – leçons qui vont aider l’adolescente à garder espoir et à se battre au sein de cette nature dépeuplée et hostile pendant 7 jours. Forcément je pense à mes précédentes lectures, Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Terres fauvesLe thème de la nature et de la survie ne cesse de m’attirer dans ses filets ces derniers temps.

Très vite l’intrigue m’a captivée. Sept jours pour survivre est un thriller jeunesse d’une qualité rare, impossible à lâcher, dont le rythme est soutenu – on tourne les pages en frissonnant, la boule au ventre. C’est angoissant, haletant et très bien écrit. Sur fond de thriller, Nathalie Bernard évoque la problématique des disparitions de jeunes filles amérindiennes qui demeurent inexpliquées au Canada et dont les enquêtes sont trop souvent négligées et demeurent sans suite.