Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama ***

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Éditeur : Le Livre de Poche – Date de parution : 2017 – 324 pages

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Mathias Malzieu commence à tenir son journal lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une maladie rare : sa moelle osseuse s’est liguée contre lui. Il est son propre ennemi. Chaque jour, il est obligé de se faire transfuser, en attendant une greffe de moelle osseuse, à laquelle il n’est même pas sûr de survivre… Comme il a besoin de sa dose de sang tous les jours, il devient un vampire – en pyjama, c’est plus sexy. Il fait la connaissance de Dame Oclés qui surgit un soir dans sa baignoire, les lèvres ourlées de rouge sang et l’épée pointée vers lui. Heureusement, il garde le sens de l’humour et de la poésie et les vers de Walt Whitman lui tiennent compagnie dans ses heures les plus sombres.

Sans jamais se départir de son sens de l’autodérision, Mathias Malzieu nous raconte son combat contre la maladie dans un style métaphorique et sensible – l »artiste se réfugie dans les mots et l’écriture. Un journal poétique, drôle et touchant, empreint d’une curieuse douceur alors que le sujet devrait pourtant nous plomber le moral.
Le récit de sa survie est suivi de son carnet de board – ou comment réaliser son rêve de voyager en skate board électrique à travers l’Islande.

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« Puisque je suis prisonnier de mon propre corps, je dois plus que jamais apprendre à m’évader par la pensée. Organiser ma résistance en mobilisant les ressources de l’imagination. »

« J’ai la rage de créer. Mettre à distance la réalité pour mieux l’affronter m’est aussi vital que les transfusions de sang. »

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Elitza Gueorguieva – Les cosmonautes ne font que passer ***

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Éditeur : Folio – Date de parution : juin 2018 – 192 pages

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Ce court roman dirigé par la deuxième personne du singulier met en scène une enfant bulgare de sept ans qui se passionne pour la « conquête spéciale » et Iouri Gargarine. Son rêve : être cosmonaute. Elle se prépare pour cette mission secrète : pourquoi ce métier serait-il réservé seulement aux garçons ?! Quel est ce monde absurde où les petites filles devraient forcément se tenir sagement à carreaux ? … Le « tu » nous délivre le quotidien de cette enfant ; sa mère qui fume des dizaines de clopes par jour pour maintenir à distance son angoisse ; Constantza, cette gamine qui la suit partout et qui par devenir sa meilleure amie, forcée par le destin ; son grand-père communiste – un vrai de vrai – dont elle est si fière ; sans oublier Joki, son chien, son fidèle assistant dans sa mission secrète.

Elle grandit, passant de l’enfance à l’adolescence, de Iouri Gargarine à Kurt Cobain, de la dictature de la fin des années 1980 au post-communisme. La petite histoire se mêle à la grande. Et l’on finit par s’attacher à cette voix d’enfant à la fois naïve et ironique – une naïveté qui crée l’ironie. Au fil des chapitres brefs aux drôles de titres qui s’enchaînent, le ton truculent devient savoureux. Une lecture fraîche, drôle mais aussi touchante.

Marie Pavlenko – Je suis ton soleil ****

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Éditeur : Flammarion – Date de parution : mars 2017 – 472 pages

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Déborah démarre son année de terminale avec aux pieds ses bottes à tête de grenouille parce que Isidore le chien-clochard a dévoré ses chaussures. Selon le théorème de la scoumoune, si un pigeon se balade au dessus de 300 personnes, c’est forcément sur sa tête qu’il va se soulager.

Ces derniers temps, Déborah préfère être au Clapier – le lycée où les élèves s’entassent tous comme des lapins en batterie – plutôt qu’à l’appartement avec ses parents… En effet, sa mère passe ses journées en pyjama à broyer du noir et son père n’est jamais là. Elle en comprend la raison le soir où elle le croise en train d’embrasser à pleine bouche une femme qui n’est pas sa mère – « une grue à moumoute bouclée ». Et puis il y a ce mystérieux numéro de téléphone qui apparaît sur plein de post-it dans l’entrée…

Mais ce n’est pas tout ; Éloïse, sa meilleure amie, la délaisse peu à peu pour vivre une passion avec Erwann, un adolescent au crâne un peu vide. Heureusement, il y a Carrie, sa libraire préférée, chez qui Déborah se réfugie pour consoler son âme avec des mots. En cette rentrée chaotique, ce sera Victor Hugo et ses Misérables. Avec un tel pavé en deux tomes, il y a de quoi assommer tous les soucis. L’adolescente se rapproche aussi d’un autre Victor, beau barbu déjà pris et de Mygale-man, l’étrange adolescent qui collectionne les araignées (coucou Gertrude velue).

Les chapitres se succèdent, ponctués de coquillettes. Dès les premières pages, le ton est donné : d’expressions loufoques en métaphores à hurler de rire, Déborah déroule la bobine de son quotidien qui dérape…

Comme j’ai aimé ce personnage adolescent ! Son langage très imagé et truffé de métaphores toutes plus cocasses les unes que les autres. On se poile toutes les deux minutes, au détour des pages, on pleure aussi.

Un roman sans faux-semblants, désopilant et émouvant, qui nous livre une tranche de vie, sans fioriture. Qui nous fait connaître de beaux personnages, avec une vraie présence, une épaisseur psychologique complexe. Aucun cliché, aucun manichéisme et c’est ce qui fait la force de ce roman : on est de plain-pied dans la réalité, dans le quotidien de Déborah, souvent terne et fadasse mais duquel l’adolescente se sauve par le rire et l’amitié.

Un joli petit pavé doré, drôle et impertinent, que l’on quitte à regret !

Riad Sattouf – L’Arabe du futur. Tome 1 ***

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Éditeur : Allary Editions – Date de parution : 2014 – 158 pages

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A travers cette BD autobiographique, Riad Sattouf met en scène son enfance au Moyen-Orient dans les années 80. Il a deux ans, de beaux cheveux blonds qui font l’admiration de tous. Ses parents, Clémentine une bretonne et Abdel-Razak un étudiant syrien, se sont rencontrés dans les années 70 à la Sorbonne. Son père, devenu docteur en Histoire, trouve un poste en Libye. Ils découvrent un pays sous le joug de Kadhafi, le Guide Suprême. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie – dirigée d’une main de fer par Hafez el-Assad – pour rejoindre les autres Sattouf, dans un petit village près de Homs.

 

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A travers l’histoire de son enfance, l’auteur nous raconte l’histoire politique arabe, évoque le conflit israélo-palestinien… Le trait de crayon de Riad Sattouf est très drôle, cocasse. Les bulles se dévorent. Même si je n’ai pas ressenti un enthousiasme débordant pour cette BD, à l’image de son succès retentissant, j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à lire ce premier tome, le sourire aux lèvres.

 

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Bertrand Santini – Hugo de la nuit ***

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Editeur : Grasset Jeunesse – Date de parution : avril 2016 – 224 pages

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« Il aurait dû ressentir de la peur, de la terreur même, à planer au-dessus du monde dans les bras d’un fantôme. Hugo n’éprouvait pourtant qu’un sentiment d’abandon, tout au plus teinté d’une vague appréhension. »

Mais comment Hugo s’est-il retrouvé dans cette situation ? Sa mère est une célèbre romancière et son père un scientifique qui se passionne pour les plantes et la botanique. Ils possèdent le cimetière Dorveille. Un jour, on découvre qu’il abrite un puits de pétrole… La nouvelle se propage à toute allure et fait des envieux. Des gens mal intentionnés commencent à leur en vouloir. Par une chaude nuit d’été, après avoir plaisanté avec son oncle Oscar, Hugo descend à la cuisine et tombe sur un homme cagoulé…

Un roman très étrange, regorgeant d’humour et profondément poétique. Surprenant aussi, teinté de violence et qui fait preuve en même temps d’une grande douceur. Certains passages burlesques m’ont fait penser à l’univers de Tim Burton ou à celui de Lewis Carrol, on y rencontre de drôles de fantômes et d’inquiétants zombies. Un joli conte qui dévoile peu à peu son jeu, dont je ne peux rien révéler d’autre sous peine de vous en gâcher le plaisir !

Il suffit simplement de se laisser porter par l’écriture délicieuse de l’auteur, à la fois drôle et grave, sensible et percutante. Entre rêve et réalité, Bertrand Santini nous promène à travers une série de rebondissements et de révélations assez étonnantes.

Ana Oncina – Un couple à croquer ***

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Editeur : Marabout – Date de parution : avril 2015 – 128 pages

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Le synopsis de cette BD espagnole tient en quelques mots ; c’est l’histoire d’un chausson et d’une croquette en couple. Un jour, ils prennent la décision d’emménager ensemble. Page après page, bulle après bulle, nous sont racontés les petits détails de ce quotidien à deux.

Cette BD, truffée d’humour, est un ensemble de petites scènes de la vie quotidienne et de ce couple singulier qui vient d’emménager. Pleine de mignonnerie, elle décrit le couple et la vie à deux avec humour et réalisme.

Les bouilles des deux protagonistes m’ont vraiment fait craquer, le trait de crayon est tout à fait drôle et intelligent… En bref, je me suis régalée et j’ai trouvé le tout adorable.

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Herman Raucher – Un été 42 ***

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Éditeur : Folio – Date de parution : avril 2016 – 346 pages

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Eté 1942. Ils sont trois amis, inséparables : Hermie, Oscy et Benjie, baptisés le Trio infernal, ils ont une quinzaine d’années et passent leur été ensemble sur une île, au large du continent américain. « Ils étaient là, couchés sur la dune que surplombait la vieille maison, Beau, John et Digby Geste, les Diables du Désert avec de l’acier dans le cœur et du sable dans le short. » Il y a Hermie, le rêveur de la bande, les hormones en folie et qui tombe amoureux d’une femme plus âgée ; Oscy a toujours un sourire plaqué sur le visage, en toute circonstance ; quant à Benjie, il a des restes d’enfance. Les adolescents s’ennuient sur cette île, pendant que leurs grands frères sont envoyés sur le front, de l’autre côté de l’océan. Ils découvrent ensemble un livre sur la sexualité qui va les fasciner…

J’ai tout de suite aimé l’écriture, qui regorge d’humour et le texte a un petit côté rétro qui fait tout son charme… Avec talent, l’auteur met en relief le combat intérieur qui se joue à cet âge là, dans la tête d’un adolescent qui découvre la sexualité, l’amour.

C’est un roman très drôle, d’une finesse incroyable et dont les derniers mots, terriblement justes, m’ont beaucoup émue… Une lecture sur l’adolescence, aux accents nostalgiques, parfaite pour l’été !

Un grand merci aux éditions Folio pour m’avoir permis de découvrir cette jolie pépite !

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« Pensant qu’Aggie cherchait à lui faire savoir que cela suffisait pour ce soir, il retira rapidement sa main de sa manche ; l’élastique qui se trouvait à cet endroit claqua si fort que le baiser que Bette Davis était en train de donner à l’écran sonna comme une gifle. »

« Il médita sur cette unique petite vérité qu’il avait fallu tant d’années à Hermie pour comprendre : la vie est faite de choses qui vont et qui viennent, et chaque fois qu’un homme en emporte une avec lui, il doit en abandonner une autre. »