Caroline Dorka-Fenech – Rosa dolorosa ***

145304_couverture_Hres_0

Editions de La Martinière – août 2020 – 281 pages

*

Rosa vit avec son fils Lino, seulement 19 ans les séparent. Ils sont inséparables, très fusionnels. Ils rêvent d’ouvrir un hôtel dans le Vieux-Nice ; un hôtel dans lequel un immense aquarium accueillerait des méduses ; ces êtres empreints de féérie qui semblent sans cesse se mouvoir dans un étrange ballet. Un beau projet à succès qui est vite anéanti par l’arrestation brusque de Lino, accusé d’avoir tué un enfant.

Un roman qu’il m’est impossible de lâcher, dès les premières pages. Très vite, on plonge dans le gouffre avec la mère ; le coeur s’emballe, palpite au rythme des mots. On éprouve littéralement le désespoir qui s’empare de Rosa. On ressent toutes les émotions, toutes les souffrances qui la traversent ; la colère, le chagrin, l’incompréhension, l’effroi, l’espoir. C’est viscéral. l’écriture de Caroline Dorka-Fenech est tellement saisissante et évocatrice que l’on ne peut que se mettre à la place de Rosa.

Rosa qui ne lâchera rien, jamais. Qui se battra jusqu’au bout pour défendre son fils. Son fils qu’elle est incapable de croire coupable. « La rage à défendre son fils avait commencé à vicier tous ses mots, tous ses actes. »

Rosa dolorosa est un premier roman bluffant, qui nous interpelle, nous prend aux tripes et dont on ressort complètement transi.

« Et elle le prit dans ses bras et le serra contre elle, encore, de toutes ses forces, comme si elle avait voulu qu’il se fonde en elle. Comme si elle avait voulu qu’il redevienne fœtus. Qu’il redevienne ovule. Qu’il redevienne elle. Qu’il se soude à sa chair et qu’il n’en sort plus. »

Romain Puértolas – La Police des fleurs, des arbres et des forêts ****

9782253077695-001-T

Le Livre de Poche – juin 2020 – 320 pages

*

Été 1961. Il fait une chaleur à crever dans le petit village perdu de P.. On a retrouvé le corps du jeune Joël, seize ans, égorgé et découpé en petits morceaux à l’aide d’une scie à métaux. Les morceaux ont été placés dans huit grands sacs des Galeries Lafayette et remisés dans une des cuves de l’usine de confiture. Dans ce village de rase campagne où il ne se passe jamais rien, c’est le branle-bas de combat ! Un des flics les plus brillants de la grande ville est dépêché rapidement sur place pour résoudre l’affaire.

Le jeune inspecteur citadin rencontre le garde champêtre, un drôle de personnage aux allures de gendarme de Guignol… Et il découvre un maire qui ne parle que de ses pots de confiture et des villageois apathiques et étrangement peu affectés par ce drame sanglant. Tous s’accordent pour dire que Joël était un brave gars très gentil. Très vite, les complications pleuvent : un orage a coupé toute liaison téléphonique, l’autopsie a été réalisée par le vétérinaire du coin et le cadavre est déjà enterré.

Dès les premières pages, le ton est donné. C’est cocasse et absurde. Le mystère imbibe les pages. Comme je me suis régalée de bout en bout à la lecture de ce drôle de polar sous forme de missives envoyées par l’officier de police à la Procureur de la République. S’y ajoute la retranscription de ses enregistrements audio ainsi que ses notes personnelles prises sur n’importe quel bout de papier.

Ça se déguste avec un plaisir incontestable. Humour exquis et intrigue bluffante. Je n’ai absolument pas vu venir la fin ! Je me suis faite complètement berner par l’auteur. La police des fleurs, des arbres et des forêts est un polar épistolaire original et truculent que j’ai lu d’une traite.

Camilla Grebe – Un cri sous la glace **

2449129-gf

Le Livre de Poche – 2018 – 502 pages

*

Jespere Orre, PDG controversé et mal-aimé d’une célèbre chaîne de prêt-à-porter scandinave, demande en mariage Emma, l’employée d’une de ses boutiques. La jeune femme est obligée de garder ses fiançailles secrètes jusqu’au jour J…

Deux mois plus tard, le corps atrocement mutilé d’une femme est découvert dans la maison de Jesper Orre. En découvrant la scène de crime, Peter et son collègue enquêteur ne peuvent s’empêcher de penser à un crime similaire qui a eu lieu il y a dix ans et qui ne fut jamais élucidé. Ils reprennent contact avec Hanne, une profileuse avec qui Peter a rompu il y a dix ans et qu’il n’a plus jamais revue… Hanne qui tient à tout prix à dissimuler sa maladie.

Au fil des chapitres, les voix de Peter et d’Hanne retentissent, ainsi que celle d’Emma, deux mois plus tôt…

Un thriller qui se révèle vite addictif, que je dévore au début sans trop savoir où je vais. L’écriture de Camilla Grebe est efficace ; l’alternance des points de vue et des temporalités est cohérente.

Hélas, dès la page 389 je devine sans difficultés le dénouement final. Je termine donc ce thriller sans surprise et déçue, avec une fin bien trop convenue et prévisible. Dommage !

Mick Kitson – Manuel de survie à l’usage des jeunes filles ***

editionspoints-r_cit-manueldesurvieal_usagedesjeunesfilles-0

Editions Points – 2019 – 288 pages

*

Deux sœurs se retrouvent seules au coeur de la forêt. Sal a tué son beau-père avant qu’il ne s’en prenne à sa petite sœur Peppa. L’adolescente avait tout prévu : de l’endroit perdu au milieu de la forêt repéré sur une carte au matériel de pointe commandé sur Amazon, en passant par les tutoriels visionnés sur Youtube pour savoir allumer un feu, chasser, construire une cabane, survivre dans les bois. Elle a tout planifié des mois à l’avance pour échapper à l’enfer quotidien avec une mère alcoolique et déconnectée de la réalité et un beau-père violent et pédophile. Armées de leur Guide de survie des forces spéciales, les deux soeurs chassent les lapins et les grouses, pêchent des poissons et se nourrissent de Belvita.

Les journées passent et les souvenirs de la vie d’avant le meurtre refont surface. On suit le quotidien de ces deux robinsonnes au caractère bien trempé, étonnamment débrouillardes. Sal, plus intelligente que la moyenne et curieuse, qui passe des heures à se cultiver grâce à Internet, Youtube, Wikipédia. La petite Peppa est un vrai tourbillon d’énergie et de bonne humeur ; elle adore prononcer des gros mot et dévorer des livres.

Une lecture fascinante et réjouissante – il suffit de quelques mots pour esquisser le drame qui touche Sal et sa sœur et les conduit à trouver refuge dans les bois – cette forêt protectrice, refuge absolu face à la maltraitance et la violence humaine. Mick Kitson a fait le choix de la pudeur et ne nous plonge pas dans le sordide ; j’ai aimé suivre les aventures de ces deux héroïnes attachantes et lumineuses, et me perdre à leurs côtés dans la nature pour oublier les horreurs humaines et panser mes blessures.

Emily Ruskovich – Idaho ***

idaho-1219827-264-432

Gallmeister – juin 2019 – 384 pages

*

Idaho, 1995. Wade est mariée à Jenny ; ils ont deux filles, June et May, âgées de 6 et 9 ans. Par une belle journée d’été, la petite famille se rend dans une clairière de montagne pour ramasser du bois – le soleil tape, les bourdons taquinent. Brusquement, l’impensable se produit. Ils ne rentreront pas indemnes…

Neuf ans plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann – ils mènent une vie paisible. Mais depuis quelques temps, il perd la tête. Sa mémoire vacille et ses vieux démons le hantent, il a des accès de violence. Et Ann devient davantage obsédée par la tragédie qui a touché son mari, par son passé si obscur à ses yeux. Au point qu’elle ne peut s’empêcher de romancer la tragédie, d’imaginer, de combler les zones d’ombre avec les indices qu’elle découvre.

Un roman intriguant, encensé par certains, détesté par d’autres

La narration effectue des allers-retours dans le temps ; on fait des bonds dans le passé et le futur. Des années 2000 aux années 90 – puis aux années 2020. Du passé d’Ann à celui de Wade, celui de Jenny en prison… Des fantasmes d’Ann à la réalité.

Idaho possède une écriture ciselée. Emily Ruskovich nous offre des personnages dotés d’une belle épaisseur psychologique – une plongée vertigineuse dans les tréfonds de leur âme.

J’ai eu du mal à quitter cet étrange et dérageant roman sur la mémoire et le traumatisme… Certains s’attendaient sans doute à un vrai thriller, avec une mise en lumière finale. Ce n’est pourtant pas ce qu’il faut retenir. Le roman d’Emily Ruskovich est avant tout une belle et lancinante mélopée qui nous entraîne dans les méandres d’un drame familial, avec pour toile de fond les montagnes de l’Idaho, abruptes et sauvages. On termine cette lecture une pointe d’amertume et des questions qui demeureront sans réponse.

Joyce Carol Oates – Carthage ***

004215478

Editions Points – 2016 – 608 pages

*

Été 2005. Au Nord-Est de l’Etat de New-York, une jeune femme de dix-neuf ans disparaît en pleine nuit. Il s’agit de la fille de l’ancien maire de Carthage, Zeno Mayfield, un homme d’influence. Cressida Mayfield a été vue pour la dernière fois le soir du 9 juillet dans la réserve forestière du Nautauga – au cœur des Adirondacks – en compagnie de l’ex-fiancé de sa sœur Juliet, le caporal Brett Kincaid, qui est rentré meurtri et hanté par la guerre d’Irak.

Des cheveux et des traces de sang sont retrouvés dans sa jeep. Malgré le passage aux aveux du caporal plusieurs semaines après la disparition de Cressida, le mystère reste entier car aucun corps n’a été retrouvé. Chez les Mayfield, seul le père refuse de croire à la mort de sa fille.

Cressida est un personnage singulier, pour lequel on ne ressent ni empathie, ni rejet mais qui nous marque, indéniablement ; une jeune femme toute menue, qui ne fait pas son âge et possède un caractère ombrageux ; qui s’habille comme un garçon et n’aime pas son prénom. « Une fille menue aux yeux sombres, avec une coiffure presque afro, des cheveux sombres couleur d’encre, tout frisés […] et un visage sans expression qui ne laissait rien voir de ce qu’elle pensait. » Que lui est-il réellement arrivé ?

Ce petit pavé nous offre une lecture âpre et dense qui nous tient en haleine et nous offre le point de vue des différents personnages, fouillant leur passé, leur psychisme. Certains passages sont profondément dérangeants. Grâce à l’écriture magnétique de Joyce Carol Oates, je me suis vite retrouvée happée par le texte.

Carthage est un roman sombre et puissant qui dénonce avec virtuosité les violences de la guerre – mais aussi celles des prisons – les dégâts sur les survivants – les meurtrissures à jamais inscrites dans leur chair et leur esprit.

Olivier Norek – Surface ****

9782266287999_1_75

Pocket – mars 2020 – 394 pages

*

La capitaine de police Noémie Chastain reçoit une décharge de fusil de chasse en plein visage pendant une descente dans l’appartement d’un narco-trafiquant. Nous la retrouvons quelques heures plus tard sur son lit d’hôpital, à sa sortie du bloc opératoire. Une quinzaine de plomb ont atteint la partie droite de son visage comme autant d’étoiles inscrites dans sa chair ; une cicatrice en forme de croissant de lune est désormais gravée sur sa joue droite.

Dans le miroir, Noémie ne se reconnaît pas ; cette femme défigurée ne peut pas être elle. Et puis son homme prend la fuite… Alors désormais, elle sera No, tout court.

No n’a qu’une hâte, réintégrer son poste à la brigade des Stups pour se jeter à corps perdu dans le travail. Mais le prestigieux 36 Quai des Orfèvres ne veut plus de cette capitaine de police hier encore héroïne nationale… On prépare sa mise au placard en l’envoyant un mois dans l’Aveyron, à Decazeville, un petit village bien trop paisible.

Surface est un polar qui se révèle fascinant dès les premières pages. L’écriture me captive dès les premiers mots. Noémie Chastain est un personnage très singulier, blessée et attachante. On se prend d’affection pour elle immédiatement ; sa vulgarité, son franc parler, sa vulnérabilité qu’elle masque avec une ironie et une répartie sans pareilles. Un portrait de femme unique ! Olivier Norek nous livre un thriller efficace et percutant, à l’intrigue bien ficelée et aux nombreux rebondissements jusqu’à la dernière page…! Une vraie réussite

Sébastien L. Chauzu – Modifié **

9782246821090-001-T (1)

Grasset – 11 mars 2020 – 288 pages

*

Martha Erwin est une détective au caractère bien trempé qui râle à longueur de temps, déteste tout le monde et possède un look improbable – entre gilet à pois, veste à franges et parka orange. A quarante ans, elle préfère fumer des joints et siroter du whiskey plutôt que de penser aux enfants. Elle vit dans le New Brunswick – cette région du Canada où il ne fait que neiger – avec un chouette type qui répond au nom d’Allan et qui ne se sépare jamais de ses deux bichons, qu’il a toujours dans les bras, comme deux ex-croissances velues et de ss fille, Allison, avec qui Martha adore se crêper le chignon dès qu’elle en a l’occasion.

Un matin, Martha aperçoit sur la route une forme vaguement menaçante ; un monstre ? Un animal ? … Le blizzard laisse le doute planer. Il s’agit en fait d’un adolescent qui porte un bonnet à oreilles de chien. Perché sur une caisse en bois, il attend une « gratte » – comprenez un chasse-neige – engin pour lequel il voue un véritable culte.

Ce drôle d’ado qui tient absolument à se faire appeler Modifié et qui ne boit que du Big 8 Cola, va passer beaucoup de temps chez Martha et Allan, à déneiger leur allée de façon sportive, s’attirant les foudres du voisin. Modifié n’est pas comme les autres, ne parle pas comme eux – il est sans vice. Il y a quelque chose de profondément désarmant chez lui et il va s’attacher à Martha, sans que celle-ci comprenne pourquoi…

Dans le même temps, le quotidien de cette petite campagne du New Brunswick va être ébranlé par le meurtre d’un prof du lycée ; son cadavre est retrouvé flottant dans la piscine, entièrement nu. Le jeune cousin de Martha, Daniel, est un des suspects.

Un premier roman déconcertant et étonnant qui m’a fait sortir de ma zone de confort – certaines scènes burlesques m’ont pliée en deux quand d’autres m’ont laissée pensive. Modifié au fond, est le seul personnage qui ne change pas ; autour de lui gravite ce petit monde, et la présence de l’adolescent va permettre à chacun de modifier le regard qu’il porte sur sa vie, sur son intériorité, d’accepter ce qu’il est. En quelques mots : un roman absurde à souhait et profondément intelligent qui aborde l’autisme de façon inattendue. J’attends le suivant !

***

« Je n’avais jamais dis « Grandis ! » à personne, jamais. Je n’aimais pas les adultes qui disaient ce genre de choses, souvent des vieux rassis qui voulaient à tout prix voir les jeunes abandonner la plus belle part de leur existence pour leur ressembler. »

Mesha Maren – Sugar Run ***

Sugar-run

Gallmeister – janvier 2020 – 384 pages

*

Jodi McCarty a trente-cinq ans lorsqu’elle sort enfin de prison, après avoir obtenu sa liberté conditionnelle. Accusée du meurtre de son amie Paula, elle est condamnée à perpétuée à l’âge de dix-sept ans. Elle passe plus de la moitié de sa vie dans la prison de Jaxton.

A trente-cinq ans, Jodi va tenter de reprendre le cours de sa jeunesse interrompue brutalement et se racheter une conduite. Direction les Appalaches, pour retrouver sa famille, ainsi qu’un petit bout de terrain légué par sa grand-mère Effie qui l’a élevée. Mais elle désire avant cela descendre un peu plus au sud, en Georgie, afin de retrouver un ami et tenir une promesse

Sur sa route, elle fait la connaissance de Miranda, une jeune femme brisée, dont le mari menace de lui retirer la garde de ses trois enfants. Si Jodi s’en méfie, elle se sent malgré tout attirée par cette femme, ses blessures. Leurs solitudes se font douloureusement écho et elles deviennent amantes.

Au fil des chapitres, le récit, composé de nombreux flash-back, lève le voile sur le passé de Jodi et Paula. Deux époques se superposent, nous permettant de voyager de l’été 2007 à la fin des années 80, juste avant que Jodi ne se retrouve derrière les barreaux. En 1988, elle a dix-sept ans et passe son temps avec son petit ami Jimmy, à boire du whiskey tout en se laissant hypnotiser par les machines à sous du casino. C’est dans ce même casino qu’elle rencontre Paula, une femme plus âgée qui l’aimante immédiatement

Sugar Run est un premier roman sombre et singulier, porté par une écriture magnétique qui nous ferre, mettant en scène des êtres blessés par la vie, en proie à la fatalité, qui vont chercher un refuge dans une nature tout aussi écorchée – fameuse fracturation hydraulique. Quels secrets se trouvent enfouis en chacun de nous ?

Sylvie Lausberg – Madame S **

COUVERTURE_MADAMES-600x900

Slatkine & Cie – octobre 2019 – 240 pages

*

Madame S, c’est Marguerite Japy, alias Marguerite Steinheil. Alias la jeune femme qui s’échappe par l’escalier de secours alors que le président de la République, Félix Faure, est en train d’agoniser. C’est cette jeune femme que l’on traitera de tous les noms et que l’on accusera de tous les maux dans la presse à scandale de l’époque.

Sylvie Lausberg est historienne et fait depuis des années des recherches sur Marguerite Steinheil, cette femme qui va se retrouver au cœur d’une effroyable machination politique. Cette femme qui l’intrigue et la questionne. Dans ce livre au contenu assez dense, elle nous livre le fruit de ses recherches et réalise une biographie, entre histoire intime et histoire avec un grand H – celle de la fin du XIXème-début du XXème.

Il y a l’enfance ; un père trop aimant, qui voue une adoration sans limite à sa fille, qui la surprotège au point de lui refuser le mariage avec l’homme qu’elle aime. Elle se retrouve mariée de force à un peintre vieillissant, Adolphe Steinheil. A Paris, elle tient salon, multipliant et entretenant des liens avec des hommes qui ont de plus en plus de pouvoir. Jusqu’à sa rencontre avec Félix Faure, au moment où la France est divisée par l’affaire Dreyfus. L’historienne s’attache à nous démontrer que la présence de Marguerite « aux côtés de Félix Faure prend un autre relief que le rôle que lui a dévolu l’histoire, celui d’une cocotte. »

Un livre éminemment féministe, qui décortique l’histoire d’une figure féminine finalement assez méconnue et incomprise. Un travail de recherche colossal et une enquête qui fourmille de détails – trop peut-être. Certains passages sont franchement indigestes et traînent en longueur. Quant à l’écriture, je l’ai trouvée froide, elle n’a pas réussi à m’émouvoirMadame S n’en demeure pas moins une de ces lectures qui deviennent nécessité.

***

« Dès qu’il s’agit de femmes, on s’en prend à leur sexe, à leur sexualité, pour les salir, comme si elles étaient les seules à en jouir. »