Bilan du mois d’octobre

bilan octobre

En ce samedi 31 octobre, c’est l’heure du bilan mensuel… Et c’était un mois très riche en lectures et en découvertes filmiques! Grâce aux vacances scolaires, j’ai retrouvé le temps de profiter du cinéma.

J’ai lu 10 bouquins...

Des lectures loufoques, douloureuses, cocasses, qui m’ont transportée à leur façon…

J’ai terminé la série des Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh et ce fut un véritable coup de cœur ❤ ! Une très belle découverte, qui fait tout de suite partie de ces livres indispensables.

Des lectures qui deviennent essentielles, d’autres qui ont fait naître une palette d’émotions…

Et pour finir, un très beau coup de cœur ❤ : Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, de Kerry Hudson qui se retrouve également dans mes livres fétiches et indispensables.

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Et côté cinéma… J’ai vu 4 films, marquants à leur façon et riches en émotions.

affiche mémoire de jeunesse       l'homme irrationnel     seul sur mars     mon-roi-affiche

  • Mémoires de jeunesse, de James Kent. Un film dont on a trop peu parlé. J’aurais regretté d’être passée à côté d’un film aussi réussi, sensible et fort.
  • L’Homme irrationnel, de Woody Allen : voilà un Woody Allen comme je les aime! Le réalisateur nous fait naviguer entre le drame et la comédie dans ce film qui interroge le meurtre et le sens de la vie. Joaquin Phoenix est génial dans son rôle de prof de philo alcoolique.
  • Seul sur Mars, de Ridley Scott. Un film très américain et malgré ses 2h20, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde! On est tenus en haleine et fascinés par ce Robinson Crusoé de l’espace… Et j’avoue avoir beaucoup rit, par exemple lorsque Matt Damon se retrouve à écouter du disco sur Mars pour passer le temps.
  • Mon Roi, de Maïwenn. Un film tout simplement bouleversant… Je ne m’en suis pas remise et c’est le genre de film qui va me marquer pendant un moment. Le jeu des deux acteurs principaux donne des frissons, et Vincent Cassel est particulièrement troublant et fascinant.

Joy Sorman – La peau de l’ours ***

SORMAN Joy COUV La peau de l'ours

Éditeur : Gallimard – Date de parution : 2014 – 156 pages

Le roman débute au présent par le récit primitif de la naissance de cet être hybride, né de l’accouplement d’un ours avec une femme. Aucun indice de temps ou de lieu ne nous est donné, l’action se déroule comme dans un conte. Mais un conte monstrueux : Suzanne, jeune femme gardant un troupeau de moutons, se fait enlever par un ours. Après plus de trois ans de captivité dans la grotte de l’ours, où elle se fait violer par ce dernier, elle est libérée par des promeneurs qui passaient pas là. On découvre avec elle un enfant dont le corps est entièrement recouvert d’un fin duvet roux. Sa mère est humiliée sur la place publique, traitée de sorcière et envoyée dans un asile…

Ce singulier récit commence vraiment avec la voix narrative de cette créature mi-homme mi-bête, cet être sans nom, qui perd peu à peu toute apparence humaine. Vendu à un montreur d’ours puis à un organisateur de combats d’animaux, il passe de mains en mains, d’exil en exil, pour finalement traverser l’océan, essuyer des tempêtes et marcher des jours et des jours sur une terre caniculaire pour arriver dans un cirque où il rencontrera des créatures extra-ordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans un zoo…

Nous nous retrouvons dans la peau de cet ours et nous voyageons dans les méandres de ses pensées. Cet ours, qui n’a rien d’humain et qui pourtant ne sera jamais vraiment un animal comme les autres, passe sa vie à se chercher, enchaîné et soumis à l’homme. « Être ours et homme, n’être ni ours ni homme, pourtant un jour avoir été comblé, avoir su où me tenir enfin… »

J’avoue avoir été bien déroutée au début, avec la scène de viol. L’absurde se même à l’horreur et au grotesque dans cette scène et nous basculons de l’autre côté du miroir, dans un monde où les ours passent des pactes avec les hommes et les rompent en violant par exemple des femmes ou en dévorant des enfants…

L’atmosphère de ce curieux roman, entre humanité et bestialité, m’a fait penser à l’univers de Véronique Ovaldé. Et quand l’ours se retrouve dans ce cirque des curiosités, j’ai pensé également au Freak Show d’American Horror Story.

Mais j’ai bien aimé ce récit écrit d’une patte de velours, dans une langue poétique et qui résonne comme une ode au monde animal.

***

« Je découvre le pouvoir des bêtes sur les esprits humains, un pouvoir bien plus fort que celui, misérable, que j’exerçais avec le montreur, le pouvoir de ranimer la démence, de provoquer la transe, une dévotion absolue, un amour affamé, un espoir insensé – qu’attendent-ils de nous ? Nous prennent-ils pour leurs sauveurs ? Je croyais être un roi déchu, je suis peut-être un dieu, tombé, soumis, domestiqué, mais un dieu. »

« Au cirque, ce sont les bêtes bien plus que les hommes que l’on vient contempler. A moins que les hommes ne soient des bêtes. »

« Au brouhaha de l’humanité puis au silence de mort succède maintenant un concert animal, écheveau sonore qui grossit, s’étend, ne cessera qu’au lever du jour, s’éteindra aussi subitement qu’il est né. Tous les chants de la nature s’entrelacent t se superposent, oiseaux, félins, reptiles et fauves unissent leurs voix palpitantes et chacun de leur souffle me parvient distinctement, je pourrais isoler chaque note de cette chorale qui me propulse dans des états de transe et de douleur. »

Kerry Hudson – Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman ****

tony hogan

Éditeur : 10/18 – Date de parution : août 2015 – 332 pages

4ème de couverture : « Venue au monde sous une bordée d’injures, Janie Ryan file une jeunesse âpre dans l’Ecosse en crise des années 80. De refuges en HLM minables, entre famille aussi fêlée qu’aimante, l’alcool, les fins de mois à sec et les beaux-pères éclair, elle se raconte. Et se construit : armée d’un humour féroce et d’une rage d’en découdre, Janie rêve d’une vie à elle, et elle l’aura. Un fabuleux portait de femme(s), et d’une époque à vif, rythmé par une langue insolente. »

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Le roman s’ouvre sur la naissance de Janie, fille d’Iris, en plein cœur des années 80. Nous suivons, page après page, le parcours de cette enfant, devenant adolescente puis petit bout de femme. Le récit a la particularité de donner voix au personnage principal dès la sortie du ventre maternel. « Sors de là, putain de foutue petite morveuse ! » furent les premiers mots que j’entendis de ma vie. » 

Iris tombe enceinte et accouche de sa fille alors qu’elle n’a même pas vingt ans et peu de monde sur qui compter : une mère qui passe son temps à jouer au bingo et à boire, un frère qui devient vite accro à l’héro. Des petits copains violents.

Janie décrit le monde qui l’entoure avec ses propres mots, innocents. Cette voix d’enfant est tour à tour naïve, lucide, et aussi terriblement drôle. Elle décrit sa mère qui boit, et qui passe ses journées à dormir sous une montagne de draps. Elle décrit la mort aussi.

On se prend d’une réelle affinité pour Janie, petite fille potelée, qui dès qu’elle sait parler, n’a pas sa langue dans sa poche et a un caractère bien trempé. On assiste à des dialogues et des scènes vraiment cocasses alors que le contexte ne prête pas à rire : déménagements de HLM miteux en foyers, fins de mois difficiles, misère, drogue, alcool, violence, mère et fille vont tout côtoyer.

Ce livre est une belle claque. C’est simple, je suis passée par tous les états durant ma lecture : larmes, sourires, rires, effroi, colère. On sent la douleur sous couvert de ce regard d’enfant qui grandit avec cette détermination : ne pas ressembler à sa propre mère. La relation mère-fille est touchante, car malgré toutes les incertitudes, les impasses et les obstacles, l’amour maternel reste intact.

C’est pour moi un roman étonnamment puissant et une très belle lecture que je n’oublierai pas de sitôt.

***

« Et malgré les lundis, les chaussures rafistolées à la Patafix et les gros mots, je savais que maman nous aimait et donc j’emmagasinais tout ce qu’elle disait dans les espaces entre mes côtes et, la nuit, quand nous étions couchées au fond du grand lit, imbriquées l’une dans l’autre comme des poupées russes, nous protégeant mutuellement, j’avais l’impression d’être la fille la plus heureuse de Hetton-le-Hole, et peut-être même de la Northumbrie. »

« Ce ne furent pas les larmes qui amadouèrent mon cœur endurci d’enfant, il y en avait tous les jours, des larmes, ce fut le soutien-gorge délavé avec ses petits trous dans la dentelle crasseuse en nylon et son armature qui sortait. J’imaginais que ça lui rentrait dans les côtes quand elle faisait les courses de la semaine et qu’elle devait tout le temps la remettre en place. C’est ça qui me fit me mettre à genoux derrière elle, passer mes bras autour de ses épaules et poser la tête sur son dos. « Ça va aller, maman. Excuse-moi. »

« Les femmes Ryan au mauvais caractère, à la bouche plein de gros mots et au grand cœur meurtri. »

Erskine Caldwell – Le Bâtard **

le batard

Éditeur : Belfond – Collection [vintage] – Date de parution : 2013 – 158 pages

Présentation de l’éditeur : « Concis, brutal, mêlant le burlesque à l’atroce, un roman traversé par une révolte sans espoir, qui n’est pas sans rappeler l’univers faulknérien. Interdit et saisi dès sa parution, Le Bâtard annonce les grands thèmes qui irrigueront les livres ultérieurs d’Erskine Caldwell et s’impose comme l’une des oeuvres fondatrices du roman noir américain, au même titre que Moisson rouge de Dashiell Hammett et du Petit César de W.R. Burnett. »

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Le bâtard, on devine tout de suite que c’est Gene Morgan. Lorsqu’il est sorti du ventre de sa mère, elle a voulu le tuer à coup de couteau de boucher. Recueilli par une femme noire, il finit par s’enfuir. Il grandit seul, sans mère, sans père. Quelques années plus tard, il décide de revenir à Lewisville, là où il est né. Il travaille à l’huilerie de la ville, puis dans à la scierie. Il fréquente quelques prostituées.

Gene Morgan est un personnage particulièrement antipathique. De sang froid, il viole. De sang froid, il tue. L’atmosphère de ce court roman est glaciale. Les femmes ne sont que des prostituées en puissance, les « nègres » se prennent des coups de hache sans que personne y trouve à redire. Le monde dépeint par Caldwell est sans pitié.

Les rencontres que fait Gene ne mènent nulle part. Sauf une. Il y a une grande part d’absurde. C’est un roman très singulier et intriguant. On ne sait pas vraiment où l’auteur nous emmène et on referme le livre sans savoir trop quoi penser de ce que l’on vient de lire…

Je suis sans doute passée à côté de ce roman plutôt déroutant. Mais l’écriture est belle dans son âpreté. Je retenterais peut-être le coup avec un autre de ses romans.

Ron Rash – Une terre d’ombre ***

Une terre d'ombre

Éditeur : Seuil – Date de parution : 2014 – 242 pages

*

L’action du roman se déroule pendant la Première Guerre mondiale, aux Etats-Unis, dans le comté de Madison. Laurel Shelton vit avec son frère Hank dans la ferme héritée de leurs parents, au fin fond d’un vallon – cette terre d’ombre – que les habitants de la ville considèrent comme maudit. Selon eux, les malheurs et la solitude sont les seules choses que l’on y rencontre.

Laurel a une tâche de naissance à la base du cou, ce qui la fait passer pour une sorcière aux yeux des autres : personne ne la regarde quand elle descend en ville, on chuchote dans son dos, on répand du sel et on crache par terre sur son passage. Hank est revenu de la guerre avec un bras en moins.

Un matin, la jeune femme tombe sur un homme mystérieux vêtu de guenilles, jouant de sa flûte en argent un air d’une tristesse infinie. Laurel et Hank recueillent l’inconnu chez eux pour le soigner suite à ses piqûres de guêpes. Ils découvrent qu’il est muet. L’inconnu, qui s’appelle Walter, ne désire pas s’attarder chez eux, il doit repartir pour New York.

Je n’en dirai pas plus car la beauté de ce roman se trouve dans le déroulement mystérieux de l’intrigue.

La beauté de la nature se confronte à la cruauté humaine. Au fil des pages, l‘atmosphère se pare d’ombres. L’espoir que fait naître la rencontre providentielle de cette homme s’éclipse bien vite et l’on sent la tension sourdre peu à peu… Plus le temps passe et plus on s’attend à ce qu’un drame survienne. Les mots de la fin sont bien douloureux.

C’est un roman magnifique. L’écriture de Ron Rash est somptueuse, ses descriptions de la nature et du genre humain dans ce qu’il a de plus noir sonnent avec tellement de vérité. Sa langue oscille entre délicatesse et rugosité. Les mots de ce roman vont résonner longtemps dans mon cœur.

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« Petite, le rocher lui avait semblé une énorme main qui la sortait de la tristesse du vallon. Le pire, c’était la maison. Quelles que soient l’heure du jour ou la saison, quel que soit le nombre de lampes allumées, c’était toujours un lieu sombre qui, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, avait toujours senti la souffrance. »

« La nuit la prit dans son étreinte et pour une fois elle eut envie d’être dans le froid et l’obscurité, parce que ce serait d’autant mieux lorsqu’elle rentrerait et que la chaleur du feu et la lumière l’envelopperaient à nouveau. »

« Ils marchaient dans les bois et pas un souffle de vent n’agitait les quelques rares feuilles s’accrochant encore aux arbres, mais ce n’était pas le calme qui règne avant un orage d’après-midi ni après une grosse chute de neige. Non, on aurait cru que la terre s’était arrêtée, sans trop savoir si elle comptait repartir vers l’été ou continuer à s’enfoncer dans l’hiver. »

« L’éclat qu’avait eu son regard s’éteignait, non pas en mourant tel un tison, mais en s’éloignant à la manière d’un train qui s’en va. Chauncey ne put chasser l’impression que cet éclat, où qu’il aille, emportait une partie de lui-même. »

Nouveaux venus dans ma PAL…

PAL

L’hiver est le temps de la lecture. Quand il fait un froid de canard dehors, rien de mieux que de rester au chaud, lovée au creux d’un plaid, avec un chocolat chaud et un bon bouquin. Je crois que ma PAL conséquente va pouvoir m’aider à affronter vaillamment les affres de l’hiver.

Pour réchauffer et réconforter, rien de mieux que la lecture! Voici mes nouveaux venus, au gré des vide-greniers, et des achats éparpillés :

  • La Guerre des Clans, de Erin HUNTER. Les trois premiers tomes. C’est une élève de mon Club Lecture qui m’en a parlé avec énormément d’engouement et comme par hasard, je suis tombée dessus dans un vide-grenier. Je n’ai pu résister! Une série qui retrace les aventures de chats sauvages répartis en différents clans…
  • La Peau de l’ours, de Joy SORMAN. Pour « un singulier voyage dans la peau d’un ours » d’après la 4ème de couverture. Sous la forme d’un conte, le récit raconte l’histoire d’un homme qui serait né de l’accouplement d’une femme avec un ours.
  • Mary, de Emily BARNETT. D’après la 4ème de couverture, c’est un récit brumeux, qui oscille entre réel et imaginaire, ça peut donc me plaire. De plus, j’ai trouvé la couverture en bandeau très belle.
  • Quand on est mort, c’est pour toute la vie, de Azouz BEGAG. Un peu de littérature jeunesse avec un Scripto!
  • Je m’appelle Blue, de Solomonica DE WINTER. Celui-là, il me le fallait absolument, j’en ai entendu beaucoup de bien.
  • Chaque soir à onze heures, de Camille BENYAMINA et Eddy SIMON. J’en ai entendu parler aussi sur un ou deux blogs et j’ai craqué. En plus, il s’agit de l’adaptation d’un roman de Malika Ferdjoukh. Je viens de découvrir cette auteur avec sa série Quatre sœurs et j’ai A-D-O-R-E. 🙂

Je suis parée !

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Romain Gary (Emile Ajar) – La vie devant soi ***

la vie devant soi

Éditeur : Folio – Date de parution : 2010 – 273 pages

Présentation de l’éditeur : « Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça pardonne pas » et parce qu’il n’est « pas nécessaire des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meurt et même au-delà de la mort. »

***

On fait la connaissance de Mohammed, dit Momo. Petit garçon arabe d’une dizaine d’années, qui ne connaît même pas le jour de sa naissance. Il habite dans un appartement avec d’autres enfants, dans le quartier de Belleville, chez Madame Rosa, une vieille femme juive qui pèse pas loin de quatre-vingt-quinze kilos et qui a chaque jour de plus en plus de mal à monter les 6 étages de l’immeuble. Madame Rosa est une ancienne prostituée qui s’occupe des enfants abandonnés par leurs mères prostituées.

Quand il ne se donne pas en spectacle dans la rue avec Arthur, son parapluie qu’il habille d’un chapeau melon et d’un costard, Momo vole dans les magasins de temps à autres pour se rendre intéressant et trouver sa mère. Ce vide maternel le rend fou très tôt.

Momo nous raconte avec une simplicité déconcertante et avec ses propres mots son quotidien et les gens qu’il connaît. Il y a Banania, qui est toujours heureux, Moïse qui finira par se faire adopter. Il y a Monsieur Hamil, marchand de tapis ambulant, grand lecteur de « Monsieur Victor Hugo » et qui lui donnera ses plus belles leçons de vie. Il y a Madame Nadine, qui double les voix dans les films. Momo aime beaucoup aller dans la salle de doublage, « cette salle où ils ont les moyens de faire reculer le monde ».

Il nous parle surtout de cette femme, Madame Rosa, la seule femme qu’il a aimée dans sa jeune vie. Bientôt, Madame Rosa ne peut plus monter les escaliers. Elle reste chez elle. Elle se meurt et il n’y a plus que Momo pour rester à ses côtés. Il ne la laissera pas tomber et elle n’ira pas mourir à l’hôpital.

Cette voix d’enfant sonne terriblement juste et ce regard porté sur le monde est émouvant. Momo, qui n’a pas sa langue dans sa poche, parle sur un ton léger et amusé, mais cela cache une douleur bien grande. J’ai refermé ce livre avec le cœur serré ; je n’ai pu que m’attacher à Momo, passant du sourire aux larmes en très peu de temps au fil des pages. En lisant la fin, j’ai beaucoup pensé à la pièce  de théâtre Pacamambo, de Wajdi Mouawad.

La vie devant soi est le premier livre que je lis de Romain Gary, et il me donne envie de me pencher sur l’ensemble de son oeuvre!

***

« J’ai pensé à Madame Rosa, j’ai hésité un peu et puis j’ai demandé :

– Monsieur Hamil, est-ce qu’on peut vivre sans amour ? »

« Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre. On est pas du même bord, lui et moi, et j’ai rien à en foutre. »

« Je n’avais pas le moral et les bonnes choses sont encore mieux quand on a pas le moral. Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude. »

« Monsieur Hamil m’avait souvent dit que le temps vient lentement du désert avec ses caravanes de chameaux et qu’il n’était pas pressé car il transportait l’éternité. Mais c’est toujours plus joli quand on le raconte que lorsqu’on le regarde sur le visage d’une vieille personne qui se fait voler chaque jour un peu plus et si vous voulez mon avis, le temps, c’est du côté des voleurs qu’il faut le chercher. »

« – On est jamais trop jeune pour rien, docteur, croyez-en ma vieille expérience. »

Cyril Collard – Les Nuits fauves **

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Éditeur : Flammarion – Date de parution : 1993 – 250 pages

Présentation de l’éditeur : « Il a 30 ans. Il aime des garçons ; Samy, à moitié voyou ; Jamel, fils de l’Islam et de Coca-Cola. Et les corps anonymes qui s’emparent de lui dans les rites pervers des nuits fauves. Il aime des filles de passage. Et Laura. Il veut tout. Ou peut-être rien. Il est séropositif. Lâcheté ou panique, il ne l’a pas dit à Laura, la première fois qu’ils ont fait l’amour. Il l’a peut-être contaminée. Elle a 17 ans. Elle l’aime, sans mesure, jusqu’à la folie, usant de tout pour ne pas le perdre : prières, violences, mensonges, chantages. Ils se prennent et se déprennent dans un rythme serré de clip où les rues basculent devant les motos, où la caméra vidéo filme les ombres et les lumières de la ville, où le répondeur téléphonique hache les mots de la passion. Avec, soudain, de lentes plages de mémoire – celles de l’adolescence, du sang arabe, de lieux solaires. Alors, un nouvel ordre s’établit : menacé de mort, il naît au monde qui l’entoure, à l’amour fou de ce qui est. »

***

Au début de ce roman autobiographique, le narrateur, chef opérateur de cinéma, apprend qu’il a le sida. Il aime les garçons. Il aime Samy. Mais il rencontre Laura, une adolescente de 17 ans : c’est tout de suite l’amour fou. On découvre très vite que les nuits fauves sont ces nuits où le narrateur descend dans l’ombre des quais, dans les tréfonds de Paris où il retrouve la bassesse de l’humain enchaîné à son désir.

Le récit se déroule comme une suite de séquences de film. C’est dans une langue crue, violente, que le narrateur nous raconte son quotidien, après l’annonce de sa maladie. On se retrouve plongé dans un univers d’une noirceur incroyable.
J’avoue avoir été un peu choquée par la violence de cet amour et par la folie qui anime les deux personnages chacun à leur façon. La folie de Laura dans son amour à sens unique l’a rendue très exaspérante à mes yeux à de nombreuses reprises.
C’est un roman vraiment percutant et qui m’a rendue un peu triste à la longue… La douleur de chacun des personnages est palpable.

À ne lire que si on a le cœur vraiment accroché.

Mon tout 1er Tag : Le Liebster Award

liebster award

Je viens d’être nominée par Petit Pingouin vert pour mon premier Liebster Award !! 🙂

J’y réponds donc avec grand plaisir.

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Voici les règles : Ecrivez 11 choses sur vous, répondez aux questions qui vous ont été posées, taguez 11 blogs et posez-leur à votre tour 11 questions !

Petit récapitulatif : Le Liebster Award sert à promouvoir les blogs de moins de 200 abonnés. Cela permet de se faire connaître et de partager son expérience.

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Pour commencer, 11 choses sur moi…

  1. J’aime par-dessus tout voyager. J’ai dressé une petite liste des pays et des villes que j’aimerais visiter dans les prochaines années… En première place figure le Costa Rica!
  2. Quand je ne blogue pas, je suis très occupée par ma découverte du métier de professeur documentaliste… Etant stagiaire, je suis partagée entre le collège et la formation à l’ESPE. Mais je trouve quand même le temps de lire et de poster mes billets de lecture.
  3. J’ai récemment adopté un p’tit monstre chaton, au doux nom de Miel, qui a bientôt 6 mois, escalade les murs de l’appartement, grimpe aux rideaux et mange tout ce qu’il trouve… (entre autres)
  4. Quand j’ai un livre entre les mains, mon premier réflexe est toujours de l’ouvrir pour en sentir les pages… Chez moi, en librairie, au boulot, en cours…
  5. J’adore regarder des films d’horreur, même si après je n’arrive plus à dormir la nuit… J’aimais déjà me faire peur quand j’étais enfant avec la série des Chair de Poule.
  6.  Je suis folle du Japon et cela grâce à ma découverte de la littérature japonaise il y a quelques années. J’aime l’univers de Yoko Ogawa, Haruki Murakami, Yasushi Inoué.
  7. Quand je ne passe pas mon temps à lire, je fais de la gym suédoise pour me libérer l’esprit, j’y vais au minimum une fois par semaine
  8. Les jours de pluie et les hivers trop longs me rendent mélancolique
  9. Kerouac est mon auteur fétiche : j’ai lu Sur la route d’une traite et depuis je me suis donnée comme objectif de lire l’intégralité de son oeuvre
  10. Je pleure à chaque fois que je regarde Sur la route de Madison.
  11. Je suis une grande nostalgique de mon enfance.

***

Les questions du Petit Pingouin vert :

1. Si tu devais amener un seul livre sur une île déserte ce serait lequel ? Ouch’… le choix est bien difficile ! Il y en a beaucoup qui m’ont marquée… Sans réfléchir, je dirai Kafka sur le rivage de Haruki Murakami ou Sur la route de Kerouac. Mais c’est vraiment parce qu’on me demande de choisir 😉
2. Ta couleur préférée ? Le rouge
3. Ton personnage secondaire de série préférée ? Peter Russo dans House of Cards
4. Un livre que tu as choisi seulement pour sa couverture ? La fille, de Tupelo Hassman

la fille
5. Ta chanson coup de cœur du moment ? Activate de FM Attack


6. Ton Disney préféré de tous les temps ? Elle est compliquée cette question aussi… !! Il y a Le Roi Lion dans mon cœur mais aussi Les Aventures de Bernard et Bianca qui me ravit toujours.
7. Où vis tu ? A Paris
8. Depuis combien de temps as tu ton blog ? Mon blog est tout récent, je l’ai commencé en juillet dernier! Donc ça fait seulement un peu plus de 3 mois.
9. Pourquoi as tu décidé de faire ce blog ? J’ai décidé de faire ce blog, d’une part pour garder une trace de mes lectures, parce que, lisant beaucoup, j’ai tendance à oublier certains livres… Et d’autre part pour avoir le plaisir de partager autour des livres, des coups de cœur et des envies de lecture avec d’autres passionnés. J’avoue que dans mon entourage, je connais peu de personnes lisant régulièrement. Même en fac de lettres, je tombais sur des gens qui ne lisait absolument jamais…
10. Ton péché mignon ? Le chocolat noir fourré à la pâte d’amande… c’est bon à se damner!
11. Quel est ton rêve le plus fou ? Faire un road trip aux Etats-Unis!

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Et enfin… mes 11 questions :

1. Quel est ton prochain voyage ?
2. Quelle est ta série préférée ?
3. Un livre qui t’a marqué quand tu étais enfant ?
4. Que fais-tu dans la vie ?
5. Ce que tu détestes par-dessus tout ?
6. Quelle est ta principale qualité ?
7. Quel est le dernier film que tu as vu au cinéma ?
8. Hiver ou Été ?
9. Le personnage de fiction qui t’a le plus marqué ?
10. BD ou manga ?
11. Ta maison prend feu et tu ne peux sauver qu’une seule chose, laquelle ?

Et je vais nominer … YnabelLudopuledtMllejuin & Anne7500 ! 🙂

A priori, il me semble que vous n’avez pas encore été tagués … Mais ce tag est sans obligation et libre à ceux qui passent sur cette page de s’approprier le tag 🙂