Jean Hegland – Dans la forêt ****

Gallmeister – 2018 – 380 pages

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Nell et sa soeur Eva vivent depuis toujours dans une vieille maison au coeur de la forêt. À l’écart de toute grande ville. Leurs parents ont souhaité les élever de cette façon. Sans école. Dans les bois. À étudier ce qu’elles désirent. Mais vient un jour où le climat se dérègle, une infection se répand… Leur mère meurt, puis elles enterrent leur père. Les deux sœurs se retrouvent alors seules. À essayer de capter les informations du monde. À survivre dans ce monde en décomposition. Ce monde qu’elles ne reconnaissent plus.

Nell dévore tous les livres. Quand elle n’a plus rien à lire, elle s’attaque à l’encyclopédie, dans le droit fil de son rêve d’intégrer Harvard. Quant à Eva, elle passe son temps à danser. Danser pour tenir le coup ; danser pour oublier.

Au fur et à mesure de sa lecture de l’encyclopédie, Nell se retrouve assaillie par les souvenirs. Dans son cahier, elle les inscrit, aux côtés de la survie quotidienne. Elle raconte le rationnement, la peur – leurs angoisses face à l’absence de futur.

Et la forêt, qui les entoure – leur rempart. La forêt, lieu de jeux de leur enfance ; la forêt et ses mystères. La forêt qui leur a pris leur père et contre laquelle leur mère les mettait en garde… La forêt, les sauvera-t-elle ou les engloutira-t-elle ?

Une écriture somptueuse! C’est ce qui me happe en premier. L’écriture. Et l’atmosphère. Je me fonds dans ce roman et me laisse porter. Dans la forêt se révèle vite être une lecture intense ; je découvre un roman d’une puissance rare, aux héroïnes inoubliables.

Un roman d’apprentissage où la virtuosité de l’écriture prend aux tripes – un savant mélange de tension et de poésie, de férocité et de douceur, avec cette Forêt omniprésente – personnage central. C’est féministe et féminin, magnifique et tempétueux. ❤

Nastasia Rugani – Je serai vivante ***

« Je suis morte sous le cerisier. »

Un dimanche d’avril, tout bascule. Trois mois après, la narratrice sent encore l’écorce du cerisier sur la peau de son dos. Ses racines qui lui écorchaient le dos pendant qu’il la violait.

« Vous ne me croyez pas puisque je respire. Seulement j’ai appris à faire semblant d’être en vie. J’ai appris cela lors de cet après-midi livide. »

Aujourd’hui, elle est face à un officier de police. Elle porte plainte, enfin. Elle revit, mot après mot, le supplice. Un supplice qui se joue du temps et de la chronologie. Les mots s’étranglent en elle face au mépris de l’homme.

Tout au long de ce court roman, elle s’adresse à l’officier. Le vous est percutant, cinglant.

La mort, elle la porte en elle depuis ce maudit dimanche d’avril. Le viol a agit depuis comme une affreuse métamorphose – de son corps, de sa vie. Une métamorphose de la nature aussi, complice du crime – cette Nature qui portera l’empreinte éternelle de sa mort. « La nature n’a rien fait. Le monde n’a rien modifié de sa beauté au-dehors. Et cette immobilité m’a tuée une nouvelle fois. » Enfin, une métamorphose du Temps, qui s’est vicieusement figé depuis ce matin d’avril – un Temps qui ne s’écoule plus normalement.

Dans une langue à la fois poétique et incisive, Nastasia Rugani nous offre un texte d’une puissance folle – des mots d’une puissance rare. La douleur éclate. L’étrangeté et le sauvage s’empare des mots ; laideur et sublime s’entremêlent dans un corps à corps qui nous saisit à la gorge et nous bouscule.

« Je ne suis plus frileuse. Je suis l’hiver. »

Sarah St Vincent – Se cacher pour l’hiver ***

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Delcourt – octobre 2020 – 348 pages

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Kathleen travaille dans le snack d’un parc naturel en plein coeur des forêts oubliées de Pennsylvanie, les Blue Ridge Mountains. A vingt-sept ans, elle loge chez sa grand-mère, et une aura de solitude semble flotter autour d’elle.

Un soir, alors qu’elle s’apprête à fermer la boutique, un étranger débarque. Il a un drôle d’accent. Elle lui ouvre le gîte pour qu’il y passe la nuit. Il prétend s’appeler Daniil et être un étudiant ouzbek. Cet étranger l’intrigue profondément – il a l’air de fuir quelque chose. Beaucoup de questions restent sans réponses. Et pourtant, la jeune femme sent qu’elle peut lui faire confiance.

Mais le personnage le plus énigmatique demeure sans doute Kathleen. Pourquoi ne veut-elle pas parler de cette douleur qui lui paralyse parfois l’épaule et la hanche ? Pourquoi a-t-elle toujours l’air effrayée ou sur le qui-vive, comme un animal sauvage, traqué ?

Daniil. Kathleen. Deux êtres hantés par leur passé, qui passent leur temps à fuir, à leur façon, et qui vont se lier d’amitié, petit à petit. Les mots et le passé vont jaillir au fil de leurs escapades au coeur de la beauté désarmante des Blue Ridge Mountains – la majesté des forêts, leur solitude à la fois rassurante et effrayante.

Je me glisse à pas de velours dans le roman de Sarah St Vincent, saisie par le mystère qui s’en dégage, la psychologie fouillée des personnages. Et cette nature à la fois majestueuse et imposante. Un premier roman américain abouti et intense, sur la violence et la résilience, mettant en scène une rencontre entre deux personnages que je ne suis pas prête d’oublier. 

Merci au #PicaboRiverBookClub pour cette lecture !

Laurine Roux – Le Sanctuaire ***

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Les éditions du Sonneur – août 2020 – 160 pages

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Le Sanctuaire, c’est cette zone montagneuse et isolée du reste du monde où s’est réfugiée la petite famille de Gemma pour échapper à un mystérieux virus qui aurait été transmis par les oiseaux et qui aurait exterminé une bonne partie de l’humanité.

Gemma, la plus jeune des deux sœurs, est une enfant devenue chasseuse de génie, qui ne sort jamais sans son arc. Si elle connaît le moindre recoin du Sanctuaire, du monde avant la pandémie elle ne connaît en revanche que les récits de ses parents et de sa sœur June.

Leur mère est souvent plongée dans ses souvenirs du monde d’avant la pandémie, ses livres et ses récits mythologiques. Leur père est un être tyrannique qui dispense une éducation à la dure, pour permettre à ses filles de survivre dans ce monde où l’ennemi prend n’importe quelle forme, et surtout celle des oiseaux…

Un jour que Gemma s’aventure seule un peu plus loin dans la forêt, elle tombe sur un vieil homme sauvage et virulent qui vit entouré de crasse et de rapaces. Parmi eux, un aigle avec lequel l’enfant va nouer des liens spéciaux ; à son contact, elle se sent étrangement vivante. Cette vérité nouvelle percute de plein fouet celle de son père qui lui a toujours appris à maudire et abattre les oiseaux. Peu à peu, le désir de transgression la taraude et le désir de goûter à la liberté s’empare d’elle.

Dès les premières lignes, l’écriture de Laurine Roux m’a embarquée au coeur de ce monde post-apocalyptique ; le charme des mots a opéré. Le Sanctuaire est un très joli roman, sauvage et poétiquenature et poésie sont omniprésentes. 

Bérengère Cournut – De pierre et d’os ***

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Le Tripode – octobre 2020 – 198 pages

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Prise de crampes au ventre, Uqsuralik se glisse dans la nuit du dehors. De façon soudaine et inattendue, la banquise se fracture et sépare la jeune fille inuit de sa famille, endormie. Uqsuralik se retrouve seule face à l’immensité blanche de la banquise, avec quelques chiens affamés et une dent de requin que son père lui jette avant d’être englouti dans le brouillard. La toute jeune adolescente n’a d’autre choix que de marcher, et de survivre, coûte que coûte. Elle se retrouve à affronter les éléments, la famine, à devoir faire des choix… Afin d’aller au devant de son destin et des êtres qu’il mettra sur sa route.

Je mets un peu de temps à me glisser dans cette lecture.

Et puis je me laisse saisir par la beauté de l’écriture, la pureté des paysages, leur dénuement le plus total. Je me retrouve plongée dans un roman onirique et poétique, où la nature et les éléments sont sacrés. Je me laisse séduire par ce monde peuplé de rêves, de chants, de symboles et d’esprits – l’homme-lumière, le géant.

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Ce monde dans lequel il faut chasser et pêcher pour se nourrir, réciter des formules de protections, où la vie et la mort des êtres sont étroitement liées, tout comme l’animal et l’humain.

De Pierre et d’os est un roman empreint de beauté, dont j’ai aimé jusqu’aux dernières pages et ses photographies, qui prolonge l‘immersion dans le monde des Inuits.

« Durant ma longue vie d’Inuit, j’ai appris que le pouvoir est quelque chose de silencieux. Quelque chose que l’on reçoit et qui – comme les chants, les enfants – nous traverse. »

Sandrine Collette – Et toujours les Forêts ****

 JC Lattès – janvier 2020 – 334 pages

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Corentin, personne n’a jamais voulu de lui. Son père, il ne l’a pas connu, il s’est tué sur la route. Malchance, chagrin. Sa mère, elle rêve depuis toujours de le faire disparaître. Depuis qu’il s’est implanté en elle, petite graine qu’elle diabolisait. Elle l’abandonne régulièrement chez des amies, des connaissances. Elle le maudit d’exister. Un jour, elle le dépose chez la vieille Augustine. En plein coeur des Forêts. Là où tout a commencé.

Les Forêts, « un territoire à part, colossal, charnu d’arbres centenaires, de chemins qui s’effaçaient chaque saison sous la force de la nature. » Au creux de ce territoire hostile, Augustin renaît peu à peu, grandit, s’épanouit.

Il poursuit ses études à la Grande Ville ; comme un papillon de nuit, il est attiré par les lumières et se laisse dévorer par les fêtes permanentes ; il rencontre toute une bande de potes avec laquelle il se lie et s’attache, à travers des soirées toujours plus alcoolisées, toujours plus hallucinées. Ensemble, ils sont insouciants. Transis.

« Engloutis dans la terre, engloutis dans l’alcool et les rêves »… Ils ne se rendent pas compte que la terre brûle et se dessèche anormalement. La chaleur s’éternise et les saisons se dérèglent inéluctablement. La fin du monde arrive. Corentin y survit miraculeusement et se lance à la recherche d’Augustine et des Forêts.

L’écriture hypnotique et ciselée de Sandrine Collette m’a captivée. Je me suis plongée dans ce roman incroyable et terriblement prenant ; les descriptions de ce monde post-apocalyptique sont saisissantes. Et toujours, les Forêts est un roman à la fois lumineux et désespéré ; d’une telle beauté. Depuis que je l’ai refermé, les images se sont imprimées sur ma rétine et les mots de l’autrice ne quittent plus mes pensées. ♡

Nathalie Bernard – Sept jours pour survivre ***

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Thierry Magnier – 2017 – 272 pages

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A Montréal, Nita Rivière se fait enlever le jour de son 13ème anniversaire, alors qu’elle chemine vers son collège. La jeune amérindienne se réveille quelques heures plus tard dans une cabane perdue au coeur de la forêt canadienne enneigée… Seule face à son agresseur au regard empreint de folie.

Nous suivons en alternance l’enquête qui s’ouvre sur l’enlèvement de l’adolescente, menée par les agents Gautier Saint-James et Valérie Lavigne. Au début, les enquêteurs pensent à une fugue ; Nita en a tout à fait le profil : son père est en prison, elle s’habille de façon gothique, est accro à une célèbre série de zombies et adore photographier les édifices et lieux désaffectés, les plaques d’égouts.

7 chapitres comme 7 leçons de survie – leçons qui vont aider l’adolescente à garder espoir et à se battre au sein de cette nature dépeuplée et hostile pendant 7 jours. Forcément je pense à mes précédentes lectures, Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Terres fauvesLe thème de la nature et de la survie ne cesse de m’attirer dans ses filets ces derniers temps.

Très vite l’intrigue m’a captivée. Sept jours pour survivre est un thriller jeunesse d’une qualité rare, impossible à lâcher, dont le rythme est soutenu – on tourne les pages en frissonnant, la boule au ventre. C’est angoissant, haletant et très bien écrit. Sur fond de thriller, Nathalie Bernard évoque la problématique des disparitions de jeunes filles amérindiennes qui demeurent inexpliquées au Canada et dont les enquêtes sont trop souvent négligées et demeurent sans suite.

Mick Kitson – Manuel de survie à l’usage des jeunes filles ***

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Editions Points – 2019 – 288 pages

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Deux sœurs se retrouvent seules au coeur de la forêt. Sal a tué son beau-père avant qu’il ne s’en prenne à sa petite sœur Peppa. L’adolescente avait tout prévu : de l’endroit perdu au milieu de la forêt repéré sur une carte au matériel de pointe commandé sur Amazon, en passant par les tutoriels visionnés sur Youtube pour savoir allumer un feu, chasser, construire une cabane, survivre dans les bois. Elle a tout planifié des mois à l’avance pour échapper à l’enfer quotidien avec une mère alcoolique et déconnectée de la réalité et un beau-père violent et pédophile. Armées de leur Guide de survie des forces spéciales, les deux soeurs chassent les lapins et les grouses, pêchent des poissons et se nourrissent de Belvita.

Les journées passent et les souvenirs de la vie d’avant le meurtre refont surface. On suit le quotidien de ces deux robinsonnes au caractère bien trempé, étonnamment débrouillardes. Sal, plus intelligente que la moyenne et curieuse, qui passe des heures à se cultiver grâce à Internet, Youtube, Wikipédia. La petite Peppa est un vrai tourbillon d’énergie et de bonne humeur ; elle adore prononcer des gros mot et dévorer des livres.

Une lecture fascinante et réjouissante – il suffit de quelques mots pour esquisser le drame qui touche Sal et sa sœur et les conduit à trouver refuge dans les bois – cette forêt protectrice, refuge absolu face à la maltraitance et la violence humaine. Mick Kitson a fait le choix de la pudeur et ne nous plonge pas dans le sordide ; j’ai aimé suivre les aventures de ces deux héroïnes attachantes et lumineuses, et me perdre à leurs côtés dans la nature pour oublier les horreurs humaines et panser mes blessures.

Patrice Gain – Terres fauves ***

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Le Livre de Poche – janvier 2020 – 248 pages

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L’écrivain new-yorkais David McCae est en train d’écrire les Mémoires du gouverneur de l’État de New York. Le ghost-writer n’a pas vraiment la tête à ça, d’autant que son mariage avec Louise est en train de battre de l’aile. Son éditeur ne cesse de lui mettre la pression tandis que le gouverneur désire ajouter un nouveau chapitre à ses Mémoires… David doit s’envoler pour l’Alaska afin de rencontrer Dick Carlson, un personnage énigmatique, alpiniste de haute renommée, très populaire auprès du peuple américain et ami proche du gouverneur.

Il a pour mission de recueillir ses confidences, sauf que le personnage est porté sur le wiskey, mégalomane et aussi aimable qu’un mur« ses airs de vieux mercenaire suffisant et versatile ». Mais quand il boit, il se révèle étonnamment bavard. Trop bavard

David tire la gueule, loin de New York, perdu en plein Alaska, il doit faire face à un vieux grincheux et à l’hostilité des éléments naturels, lui qui ne jure que par la ville.

Cerise sur le gâteau, Dick Carlson lui demande de l’accompagner dans son lodge perdu en pleine nature, à Ravencroft… Après les confidences alcoolisées de l’alpiniste, David s’y retrouver abandonné. Il va devoir apprendre à survivre ; survivre au froid, à la solitude, aux ours qui rôdent dans la forêt…

Le roman de Patrice Gain est machiavélique. On tourne les pages de ce thriller avec frénésie, suspendus à l’écriture. C’est captivant, mais aussi terrifiant de comprendre l’engrenage dans lequel le personnage se retrouve. De ce voyage en terres fauves, David n’en sortira pas indemne. Une lecture authentique et sauvage, à la plume efficace, dont je me suis délectée.

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« De grands corbeaux. Pas de ces corvidés des plaines de l’est deux fois moins épais. Le soir, quand la lumière se faisait plus rare, ils s’aventuraient sur le rebord de la fenêtre et frappaient les carreaux de leur bec puissant jusqu’à se blesser. C’était terrible de voir le reflet de leurs yeux fous dans la vitre ébranlée par les coups. »

Laurine Roux – Une immense sensation de calme ****

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Folio – juin 2020 – 144 pages

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La voix que l’on entend entre ces pages est celle d’une jeune fille ; encore vierge de tout. Et puis un jour dans la montagne, elle rencontre Igor. Lorsque son regard se pose sur lui, son corps fond, son coeur cogne.

« Il y a des gens qui sont bâtis pour exister toujours, leur corps éblouissant érigé pour résister aux assauts du temps, de la maladie et de la mort. Des anatomies de soleil et d’éclat. Igor était de ceux-là. »

Elle tombe amoureuse sans avoir eu le temps de s’y préparer, et elle suit aveuglément Igor à travers la montagne hostile et dévorante ; elle est désormais sienne. Ils voyagent à travers la taïga, font corps avec la nature.

La jeune fille se remémore sa vieille Baba, ses récits aux accents légendaires. Avant de s’abandonner au Grand-Sommeil, la vieille femme lui a raconté des histoires d’avant le Grand-Oubli. A l’abri du vent qui souffle avec acharnement, les petites vieilles aiment se confier à la jeune fille. Comme la vieille Grisha, qui lui confie son passé – son amour aussi dévastateur que fugitif, l’origine des Invisibles, ces êtres mi-humains mi-sauvages aux yeux blancs qui chassent à mains nues et trouvent refuge au coeur de la montagne.

Le récit de Laurine Roux est sauvage, animal ; son écriture brute et poétique. C’est une lecture déroutante, absolument unique en son genre qui m’a subjuguée. Je me suis laissée embarquer au coeur de cette nature inhospitalière.

En quelques pages, grâce à sa plume évocatrice et ample, l’autrice déploie tout un univers aux accents surnaturels et merveilleux, qui me rappelle celui de Véronique Ovaldé et le courant du réalisme magique. On ne sait à quelle époque le récit se déroule ni dans quel pays, mais les lieux et les fleuves ont des accents slaves. L’histoire est empreinte de mystère, où nature et personnages ne font qu’un, où amour et mort sont étroitement liés.

Une très belle pépite littéraire !

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« Rappelle-toi ! La montagne crève l’eau autant qu’elle y sombre et le lac gobe la pierre autant que la pierre le déchire. C’est une union et un combat permanent, une danse brutale dans laquelle les baisers sont des morsures et les coups des ébats. De ces amours hybrides naissent des accidents, et les monstres sont des prodiges. »