Sandrine Collette – Et toujours les Forêts ****

 JC Lattès – janvier 2020 – 334 pages

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Corentin, personne n’a jamais voulu de lui. Son père, il ne l’a pas connu, il s’est tué sur la route. Malchance, chagrin. Sa mère, elle rêve depuis toujours de le faire disparaître. Depuis qu’il s’est implanté en elle, petite graine qu’elle diabolisait. Elle l’abandonne régulièrement chez des amies, des connaissances. Elle le maudit d’exister. Un jour, elle le dépose chez la vieille Augustine. En plein coeur des Forêts. Là où tout a commencé.

Les Forêts, « un territoire à part, colossal, charnu d’arbres centenaires, de chemins qui s’effaçaient chaque saison sous la force de la nature. » Au creux de ce territoire hostile, Augustin renaît peu à peu, grandit, s’épanouit.

Il poursuit ses études à la Grande Ville ; comme un papillon de nuit, il est attiré par les lumières et se laisse dévorer par les fêtes permanentes ; il rencontre toute une bande de potes avec laquelle il se lie et s’attache, à travers des soirées toujours plus alcoolisées, toujours plus hallucinées. Ensemble, ils sont insouciants. Transis.

« Engloutis dans la terre, engloutis dans l’alcool et les rêves »… Ils ne se rendent pas compte que la terre brûle et se dessèche anormalement. La chaleur s’éternise et les saisons se dérèglent inéluctablement. La fin du monde arrive. Corentin y survit miraculeusement et se lance à la recherche d’Augustine et des Forêts.

L’écriture hypnotique et ciselée de Sandrine Collette m’a captivée. Je me suis plongée dans ce roman incroyable et terriblement prenant ; les descriptions de ce monde post-apocalyptique sont saisissantes. Et toujours, les Forêts est un roman à la fois lumineux et désespéré ; d’une telle beauté. Depuis que je l’ai refermé, les images se sont imprimées sur ma rétine et les mots de l’autrice ne quittent plus mes pensées. ♡

Gisèle Halimi avec Annick Cojean – Une farouche liberté ***

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Grasset – août 2020 – 160 pages

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Dans ce – trop – court livre, Annick Cojean nous livre la parole de Gisèle Halimi, à travers leur entretien. C’est une femme fascinante et extraordinaire qui se confie et nous raconte son enfance ; sa soif de justice qui très tôt s’éveille ; son sentiment de révolte grandissant face aux rapports différenciés entre hommes et femmes, aux différences d’éducation, face à l’injustice de cette société patriarcale écrasante. Sa prise de conscience qu’être née femme allait lui poser problème. Très tôt, Gisèle Halimi ressent le besoin d’indépendance et d’émancipation, c’est presque viscérale chez elle ; « échapper à cette malédiction des femmes qui les plaçait en situation d’obligées ». La jeune femme deviendra avocate, pour défendre le droit des femmes, faire entendre sa voix, faire changer les choses. Sachant toujours très bien s’entourer, elle consacrera sa vie entière à défendre la cause des femmes, à dénoncer les injustices.

Un ouvrage nécessaire, à lire et relire. Une femme qui a marqué l’histoire du féminisme par son engagement sans limite, son tempérament tempétueux et impétueux.

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » René Char.

Delphine de Vigan – Les Gratitudes ***

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Le Livre de Poche – juillet 2020 – 184 pages

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« Je les vois comme si j’y étais, ces étendues vides, arides, ces chemins dévastés, qui surgissent au milieu de ses phrases quand elle tente de parler. Paysages désolés, privés de lumière, d’une platitude inquiétante, et rien, plus rien à quoi s’accrocher. Perspectives de fin du monde. »

Un roman à deux voix. Celles de Marie et de Jérôme. Qui vont prendre soin, chacun à leur façon, de Michka, une petite mamie qui est atteinte d’aphasie. Elle perd ses mots, ne les trouvent plus, les remplacent par d’autres. Toute seule, elle se met à avoir peur. Alors Marie l’aide à trouver une chambre dans un EHPAD. C’est là que Michka rencontre Jérôme, son orthophoniste.

Michka remplace les mots par d’autres, en invente. Elle devient poétesse sans le vouloir. Ses phrases sont de vraies perles – à la fois drôles et touchantes. Cauchemar devient cocard. Urgence devient émergence. Furieux devient frileux. Enceinte devient en plainte. Tracasse devient fracasse. Les auxiliaires des militaires. Les résidents des résistants. Les mots se métamorphosent et les dialogues avec Michka deviennent délicieusement absurdes.

Les Gratitudes est un roman empreint de poésie et de douceur, qui dévoile peu à peu la réalité des personnages, leurs faiblesses, leurs manques. Un beau roman sur la reconnaissance, sur les mots et leur poids, qui, entre douceur et pudeur, évoque la perte, celle des mots mais aussi celle des êtres qui nous sont chers.

Caroline Dorka-Fenech – Rosa dolorosa ***

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Editions de La Martinière – août 2020 – 281 pages

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Rosa vit avec son fils Lino, seulement 19 ans les séparent. Ils sont inséparables, très fusionnels. Ils rêvent d’ouvrir un hôtel dans le Vieux-Nice ; un hôtel dans lequel un immense aquarium accueillerait des méduses ; ces êtres empreints de féérie qui semblent sans cesse se mouvoir dans un étrange ballet. Un beau projet à succès qui est vite anéanti par l’arrestation brusque de Lino, accusé d’avoir tué un enfant.

Un roman qu’il m’est impossible de lâcher, dès les premières pages. Très vite, on plonge dans le gouffre avec la mère ; le coeur s’emballe, palpite au rythme des mots. On éprouve littéralement le désespoir qui s’empare de Rosa. On ressent toutes les émotions, toutes les souffrances qui la traversent ; la colère, le chagrin, l’incompréhension, l’effroi, l’espoir. C’est viscéral. l’écriture de Caroline Dorka-Fenech est tellement saisissante et évocatrice que l’on ne peut que se mettre à la place de Rosa.

Rosa qui ne lâchera rien, jamais. Qui se battra jusqu’au bout pour défendre son fils. Son fils qu’elle est incapable de croire coupable. « La rage à défendre son fils avait commencé à vicier tous ses mots, tous ses actes. »

Rosa dolorosa est un premier roman bluffant, qui nous interpelle, nous prend aux tripes et dont on ressort complètement transi.

« Et elle le prit dans ses bras et le serra contre elle, encore, de toutes ses forces, comme si elle avait voulu qu’il se fonde en elle. Comme si elle avait voulu qu’il redevienne fœtus. Qu’il redevienne ovule. Qu’il redevienne elle. Qu’il se soude à sa chair et qu’il n’en sort plus. »

Nathacha Appanah – Le ciel par-dessus le toit ***

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Gallimard – 2019 – 128 pages

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Loup est un garçon un peu différent. Il mémorise énormément de choses, fait attention à des détails que d’autres ne voient pas. Il n’oublie jamais un visage et a des doigts magiques pour réparer les petites choses en panne. Parfois, il court jusqu’à s’écrouler pour épuiser le trop-plein d’émotions qui l’envahit, le fait chavirer ; pour faire taire toutes ces pensées insensées qui virevoltent dans sa tête. Il vit seul avec sa mère, Phénix, qui autrefois s’appelait Eliette et était l’enfant parfaite.

Loup se retrouve en prison. Derrière les barreaux. Conduite sans permis, à contresens, provoquant un accident et deux blessés. Il voulait rejoindre sa sœur, Paloma, qui les a abandonnés, lui et sa mère, depuis plusieurs années. Qui n’est jamais revenue.

Immédiatement, j’ai aimé la douceur inouïe qui se dégage de ce roman, de l’écriture de Nathacha Appanah. Une douceur qui contraste avec la brutalité du réel qui sommeille entre les mots et menace de surgir au détour d’une page. Sous la plume de l’autrice, ce sont des êtres éraflés par la vie qui prennent corps ; des êtres pour lesquels j’ai ressenti une grande empathie. Le ciel par-dessus le toit est un roman très curieux sur la famille et la différence qui m’a happée.

Yasha Breen – Château Charbon **

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Slatkine & Cie – août 2020 – 224 pages

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Marceau passe son temps à accompagner les gens à leur insu. Il aime les suivre sans qu’ils le sachent. C’est sa façon à lui de se faire des amis, d’être avec les gens, de partager leur quotidien. Comme cette fille qu’il a un jour croisé dans le bus et qu’il suit quotidiennement – Louise.

De Marceau, on ne sait pas grand chose, si ce n’est qu’il demeure traumatisé par la mort de son frère et par la dislocation de sa famille.

Parallèlement, on suit Schwartz, dont le passe-temps est de voler des fringues de valeur pour les revendre sur le bon coin, tout en dealant.

Et le Château Charbon, lieu de squat associatif privilégié pour des activités et ateliers qui finira démantelé.

De cette lecture, j’en suis ressortie un peu perdue, ne sachant pas du tout où l’auteur voulait en venir. L’écriture ne m’a pas transcendée et je ne suis pas parvenue à m’attacher à cette bande de losers. Sans boulot. Qui vagabondent. Volent. Dealent. Je n’ai pas saisi le sens de ce roman que j’ai trouvé bien maladroit ; les thèmes qui y sont abordés auraient mérité d’être davantage analysés, explorés – l’autisme, la culpabilité, la délinquance. Bref, je suis complètement passée à côté !

Sandrine Collette – Des noeuds d’acier **

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Le Livre de Poche – 2014 – 264 pages

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L’Affaire Théo Béranger a défrayé la chronique au cours de l’été 2002. Théo n’avait rien d’un ange. Un homme qui avait la violence chevillée au corps. Qui juste avant les faits, venait de sortir de prison pour avoir massacré son frère.

La narratrice, dont on ne connaît pas l’identité nous livre le journal de Théo, qu’elle a eu entre les mains. L’homme y raconte sa fuite dans un petit village de campagne, ses longues balades dans la nature, conseillée par sa logeuse Mme Mignon. L’éclat dans ses yeux ce matin là quand elle lui recommande d’emprunter ce petit sentier pour accéder à une vue incroyable… Et puis la façon dont il tombe sur une vieille bâtisse éloignée de tout et sur deux vieillards. La façon dont il se retrouve assommé et enchaîné dans leur cave.

Un roman glauque qui me pétrifie de plus en plus au fur et à mesure que j’avance dans ma lecture. Arrivé au milieu, j’hésite même à abandonner. C’est lent et sordide à souhait et le sentiment de malaise qui s’installe en moi s’épaissit. Je n’ai qu’une envie, finir cette lecture au plus vite. La tension grimpe dans les dernières pages. L’angoisse aussi. Un captivity thriller très bien ficelé et efficace, à lire quand on a le moral !

Grégoire Delacourt – Un jour viendra couleur d’orange ***

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Grasset – 19 août 2020 – 272 pages

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Couleur d’orange ou couleur d’orage ? Les mots du titre sont ceux d’un poème d’Aragon. La révolte fait rage en France. Les gilets jaune envahissent les ronds-points, débarquent à Paris chaque samedi pour faire entre leurs voix – dénoncer l’injustice et la misère sociale au fin fond des campagnes.

Pierre est engagé dans la lutte. Cela lui permet de s’extirper, de s’évader de cette famille où il ne trouve pas sa place. Vigile à Auchan, c’est Pierre est un homme dans l’ombre. Avec les gilets jaunes, il ose enfin s’exprimer, gueuler, s’affirmer. Il existe enfin.

Sa femme Louise travaille à l’hôpital. Son fils Geoffroy a treize ans et il n’a jamais supporté aucun contact ; il est dans sa bulle, différent. Il a été diagnostiqué autiste il y a peu et pour Pierre, ce fut le cataclysme. Geoffroy parle peu et a du mal à comprendre les autres, il dévore avec avidité les livres et mémorise tout. Il ne parvient à appréhender le monde qu’à travers le prisme des couleurs. Tout son univers se trouve régi par les couleurs. 

Mais dans ce monde de brutes, il y a Djamila et ses yeux verts véronèse. Sa douceur. Ses cheveux noirs de jais. Il n’y a qu’avec elle que Geoffroy se sent bien ; il n’y a qu’elle qui semble prendre sa différence pour une richesse. Ils passent du temps dans la forêt, à écouter le pouls de la nature qui bat, écouter le murmure des arbres.

Ce roman dont chaque chapitre porte le nom d’une couleur, d’une teinte, est une jolie pépite. Haute en émotions, en couleurs, en coups de foudre ou coups de rage. Entre ces pages, on lit la rage de vivre. La rage d’être entendu. La rage d’être reconnu.

L’écriture m’a transportée et chaque personnage, à sa façon, m’a émue profondément. J’ai aimé leurs blessures et leur luminosité, malgré tout. Comme le vieil Hagop, qui a perdu sa femme mais qui l’entend toujours au fond de lui – c’est un enfant de 70 ans qui prend les deux enfants sous son aile. Même Pierre, le père fou de colère, j’ai fini par l’aimer.

Un roman d’une grande beauté sur la différence, les laissés pour compte, les injustices. Un roman sur la richesse intérieure de chacun.

Romain Puértolas – La Police des fleurs, des arbres et des forêts ****

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Le Livre de Poche – juin 2020 – 320 pages

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Été 1961. Il fait une chaleur à crever dans le petit village perdu de P.. On a retrouvé le corps du jeune Joël, seize ans, égorgé et découpé en petits morceaux à l’aide d’une scie à métaux. Les morceaux ont été placés dans huit grands sacs des Galeries Lafayette et remisés dans une des cuves de l’usine de confiture. Dans ce village de rase campagne où il ne se passe jamais rien, c’est le branle-bas de combat ! Un des flics les plus brillants de la grande ville est dépêché rapidement sur place pour résoudre l’affaire.

Le jeune inspecteur citadin rencontre le garde champêtre, un drôle de personnage aux allures de gendarme de Guignol… Et il découvre un maire qui ne parle que de ses pots de confiture et des villageois apathiques et étrangement peu affectés par ce drame sanglant. Tous s’accordent pour dire que Joël était un brave gars très gentil. Très vite, les complications pleuvent : un orage a coupé toute liaison téléphonique, l’autopsie a été réalisée par le vétérinaire du coin et le cadavre est déjà enterré.

Dès les premières pages, le ton est donné. C’est cocasse et absurde. Le mystère imbibe les pages. Comme je me suis régalée de bout en bout à la lecture de ce drôle de polar sous forme de missives envoyées par l’officier de police à la Procureur de la République. S’y ajoute la retranscription de ses enregistrements audio ainsi que ses notes personnelles prises sur n’importe quel bout de papier.

Ça se déguste avec un plaisir incontestable. Humour exquis et intrigue bluffante. Je n’ai absolument pas vu venir la fin ! Je me suis faite complètement berner par l’auteur. La police des fleurs, des arbres et des forêts est un polar épistolaire original et truculent que j’ai lu d’une traite.

Patrice Gain – Terres fauves ***

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Le Livre de Poche – janvier 2020 – 248 pages

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L’écrivain new-yorkais David McCae est en train d’écrire les Mémoires du gouverneur de l’État de New York. Le ghost-writer n’a pas vraiment la tête à ça, d’autant que son mariage avec Louise est en train de battre de l’aile. Son éditeur ne cesse de lui mettre la pression tandis que le gouverneur désire ajouter un nouveau chapitre à ses Mémoires… David doit s’envoler pour l’Alaska afin de rencontrer Dick Carlson, un personnage énigmatique, alpiniste de haute renommée, très populaire auprès du peuple américain et ami proche du gouverneur.

Il a pour mission de recueillir ses confidences, sauf que le personnage est porté sur le wiskey, mégalomane et aussi aimable qu’un mur« ses airs de vieux mercenaire suffisant et versatile ». Mais quand il boit, il se révèle étonnamment bavard. Trop bavard

David tire la gueule, loin de New York, perdu en plein Alaska, il doit faire face à un vieux grincheux et à l’hostilité des éléments naturels, lui qui ne jure que par la ville.

Cerise sur le gâteau, Dick Carlson lui demande de l’accompagner dans son lodge perdu en pleine nature, à Ravencroft… Après les confidences alcoolisées de l’alpiniste, David s’y retrouver abandonné. Il va devoir apprendre à survivre ; survivre au froid, à la solitude, aux ours qui rôdent dans la forêt…

Le roman de Patrice Gain est machiavélique. On tourne les pages de ce thriller avec frénésie, suspendus à l’écriture. C’est captivant, mais aussi terrifiant de comprendre l’engrenage dans lequel le personnage se retrouve. De ce voyage en terres fauves, David n’en sortira pas indemne. Une lecture authentique et sauvage, à la plume efficace, dont je me suis délectée.

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« De grands corbeaux. Pas de ces corvidés des plaines de l’est deux fois moins épais. Le soir, quand la lumière se faisait plus rare, ils s’aventuraient sur le rebord de la fenêtre et frappaient les carreaux de leur bec puissant jusqu’à se blesser. C’était terrible de voir le reflet de leurs yeux fous dans la vitre ébranlée par les coups. »