Jurô Taniguchi – La Forêt millénaire ***

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Éditeur : Rue de Sèvre – Date de parution : septembre 2017 – 72 pages

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À la suite d’un violent séisme dans la région de San’in, une faille s’ouvre dans la terre, d’où se met à jaillir une forêt jusqu’alors demeurée cachée…

Après le divorce de ses parents, Wataru Yamanobé arrive dans le petit village de Kaminobe où il est recueilli par ses grands-parents maternels. Sa mère tombe malade de chagrin après le départ du père et n’est plus en mesure de s’occuper de Wataru. L’enfant doit prendre ses marques : une nouvelle école, de nouveaux amis à se faire. Pendant les cours, Wataru ne parvient pas à se concentrer : il entend comme des murmures, en provenance de la forêt, des arbres… C’est comme s’il entendait la voix de la nature, des animaux.

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Ce roman graphique en couleurs, à mi-chemin entre la bande dessinée et le manga – demeure inachevé… Jurô Taniguchi nous a quitté en février dernier et cette oeuvre était un des derniers projets qui lui tenait à coeur ; rongé par la maladie, il gardait l’espoir de la terminer à temps.

En tenant entre les mains cet album posthume, on mesure l’ampleur de la perte d’un tel créateur. L’histoire possède tellement de force dès les premières images. Taniguchi développe les thèmes qui lui ont toujours été chers : l’importance des relations harmonieuses entre l’homme et la nature, le respect de l’environnement. Un récit empreint de nostalgie et de poésie, qui captive dès les premières images ; l’utilisation de la couleur est saisissante.

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Une édition sublime, qui comporte également un dossier analytique et des dessins en rapport avec le récit. J’ai désormais envie de relire Quartier lointain et L’Homme qui marche… et de découvrir ses autres récits.

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Aimée de Jongh – Le Retour de la bondrée ***

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Éditeur : Dargaud – Date de parution : janvier 2016 – 160 pages

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Simon Antonisse est libraire. Mais en ces temps de crise, la librairie qu’il tient avec sa femme, et qu’il a hérité de son père, prend l’eau ; il est poussé à mettre la clé sous la porte et à fermer boutique, mais il ne parvient pas à s’y résoudre. Au cours d’un trajet en voiture, il est témoin d’un suicide sur la voie ferrée… Ce suicide le traumatise et fait resurgir des souvenirs de son passé, et notamment de son adolescence, marquée par une tragédie. En vidant peu à peu la réserve de livres située dans la cabane de son père, il tombe sur Le Guide des oiseau, un livre qu’il lisait à l’époque, quand il désirait devenir ornithologue.

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Les bulles alternent le temps présent et la résurgence du passé. Assailli par ces images du passé, Simon fait la rencontre d’une jeune femme qui va l’aider peu à peu à sortir la tête de l’eau et devenir pour lui un échappatoire au quotidien.

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La bondrée, c’est cet oiseau qui survit en repartant de zéro, métaphore du renouveau.

Un roman graphique néerlandais d’une profonde justesse et d’une grande sensibilité, dont les dessins m’ont tout de suite touchée. Épurés, ciselés, en noir et blanc. Il s’en dégage une émotion brute. Un petit bijou, où l’espoir, malgré la noirceur, est toujours présent, que je vous invite à découvrir de toute urgence.

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Nicolas Antona & Nina Jacqmin – La Tristesse de l’éléphant ***

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Éditeur : Les Enfants rouges – Date de parution : janvier 2016 – 76 pages

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A l’orphelinat dans lequel il passe son enfance et son adolescence, Louis est sans cesse l’objet des moqueries de la part des autres… à cause de ses rondeurs, on l’appelle l’éléphant. Il rêve d’une famille aimante. Son seul réconfort il le puise en s’enfuyant tous les soirs à 19h pour aller voir le spectacle du cirque Marcos et savourer sa magie. Et spécialement le numéro de dresseuse d’éléphant avec la belle Clara, dont il tombe très vite amoureux… Aidé et couvert par le surveillant de l’orphelinat, Louis la rejoint tous les soirs. Lorsque le cirque part en tournée, Louis survit grâce à leur correspondance et aux romans que le surveillant lui recommande : Cyrano, Don Quichotte… Les années passent et leur amour perdure.

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La Tristesse de l’éléphant est un roman graphique sublime, qui m’a profondément touchée. Je ne m’attendais pas à ressentir une telle émotion à sa lecture. De la douceur des dessins il se dégage une force – je suis littéralement tombée amoureuse du trait de crayon. L’histoire de cet amour, de cette blessure, nous est contée dans un murmure – un vrai brise-cœur. Une lecture que je ne suis pas prête d’oublier et que je me laisse à portée de main, pour de certaines relectures.

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Riad Sattouf – L’Arabe du futur. Tome 1 ***

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Éditeur : Allary Editions – Date de parution : 2014 – 158 pages

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A travers cette BD autobiographique, Riad Sattouf met en scène son enfance au Moyen-Orient dans les années 80. Il a deux ans, de beaux cheveux blonds qui font l’admiration de tous. Ses parents, Clémentine une bretonne et Abdel-Razak un étudiant syrien, se sont rencontrés dans les années 70 à la Sorbonne. Son père, devenu docteur en Histoire, trouve un poste en Libye. Ils découvrent un pays sous le joug de Kadhafi, le Guide Suprême. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie – dirigée d’une main de fer par Hafez el-Assad – pour rejoindre les autres Sattouf, dans un petit village près de Homs.

 

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A travers l’histoire de son enfance, l’auteur nous raconte l’histoire politique arabe, évoque le conflit israélo-palestinien… Le trait de crayon de Riad Sattouf est très drôle, cocasse. Les bulles se dévorent. Même si je n’ai pas ressenti un enthousiasme débordant pour cette BD, à l’image de son succès retentissant, j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à lire ce premier tome, le sourire aux lèvres.

 

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Chloé Vollmer-Lo & Carole Maurel – L’Apocalypse selon Magda ****

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Éditeur : Delcourt – Date de parution : 2016 – 190 pages

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« Tous ceux qui se sont précipités… pour vivre une vie qui se dérobait à eux »

Le jour où elle apprend que la fin du monde n’a pas eu lieu et qu’elle n’aura pas lieu, Magda semble dévastée… mais pourquoi ? Pour le comprendre, il faut remonter une année en arrière, la veille des treize ans de Magda. Les scientifiques annoncent la fin du monde : il ne reste que douze mois à vivre, douze mois seulement avant que la vie ne disparaisse.

Face à cette nouvelle, chacun sombre ou réagit à sa manière : son père les quitte pour suivre l’amour de sa vie, son meilleur ami sombre dans la drogue… Les départs en masse bloquent les routes. Dans les foyers, les parents démissionnent, se mettent à faire n’importe quoi, les adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes et expérimentent la vie avec une brutalité nouvelle, chaque jour renouvelée…

Magda, qui demeure au seuil de l’enfance, se tenant à la fragile frontière de l’adolescence, doit grandir d’un coup. Le temps presse. Elle tente comme elle peut de profiter des mois qui restent. Mais comment une enfant peut-elle devenir une femme dans un monde qui devient fou, dont les repères se font fuyants ?

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La BD se déroule au fil des saisons, qui donnent le rythme et scandent le compte à rebours de l’apocalypse. A travers cette tragédie des temps modernes, Carole Maurel nous offre des dessins hauts en couleurs, et certaines scènes sont à couper le souffle. C’est sombre et poétique et terriblement puissant… Une BD que j’ai lu en apnée, et dont la fin m’a laissée sans voix.

 

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Challenge BD & mangas

Sur le blog, on commence l’année du bon pied, en participant à un nouveau challenge, proposé par Celine72, du blog Mon Univers des Livres ! En établissant le bilan de mes lectures, je me suis en effet rendue compte que je ne lisais pas assez de BD… et de mangas. J’aimerais en lire davantage, au moins deux par mois. Ce challenge tombe à point nommé, c’est un excellent moyen de se motiver et de plonger plus en avant dans l’univers des bulles, où de belles découvertes sont à faire.

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Le challenge se déroule du 1er janvier 2017 au 1er janvier 2018.

Avis à tous ceux qui souhaitent se joindre à nous…! Vous êtes les bienvenus.

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Mes lectures prévues :

Terminer la série Rosalie Blum, avec la lecture du tome 3

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L’adaptation BD de la saga des Quatre sœurs, de Malika Ferdjoukh :

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En ce qui concerne les mangas, j’ai déniché celui-ci à la bibli :

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Hanashippanashi, de Daisuké Igarashi. Un univers entre réel et imaginaire, qui semble avoir quelques résonances avec celui de Hayao Miyazaki.

Benjamin Renner – Le grand méchant renard ****

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Éditeur : Delcourt – Date de parution : janvier 2015 – 183 pages

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En ce moment, j’ai une petite fringale de BD… C’est l’approche des vacances d’été ! Deuxième BD que je vous présente en peu de temps.

C’est l’histoire d’un renard qui se désespère car il ne fait peur à personne quand il se rend au poulailler, au contraire il se fait tabasser par les poules… Il repart toujours penaud, avec un panier de navets en guise de repas. Les animaux de la ferme ont tous l’habitude de le voir s’acharner à effrayer les poules et à rentrer bredouille. Le loup lui donne des conseils pour effrayer, en vain. Un jour, le renard parvient à voler les œufs de la poule et se retrouve à couver…

Et oui, moi aussi j’ai fini par succomber à ce drôle de renard, pas plus féroce qu’une huître, mais au grand cœur. Les dessins et les dialogues sont absolument cocasses. J’ai été charmée par les coups de crayons de Benjamin Renner, qui donnent le ton et sont truffés d’humour dans les moindres détails. C’est une BD adorable qui m’a arraché pas mal de sourires grâce à sa galerie de personnages, tous un peu timbrés, à leur façon. J’ai même eu envie de relire certains passages. Une farce animalière jouissive que j’ai dévorée…!

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