Léa Mazé – Nora ****

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Les éditions de la Gouttière – 2015 – 72 pages

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Été 1975. Nora passe l’été dans la ferme de son oncle, légèrement contre son gré. En pleine campagne, avec cet homme et les animaux pour seule compagnie. Tout autour d’eux, la campagne, écrasée de chaleur. Et un arbre, immense, dans le creux duquel Nora trouve une grande brèche pour s’y réfugier, avec le chat. Dans ses branches, elle grimpe pour espionner la voisine, une vieille dame qui passe ses journées seule sur un banc, toute tassée. Que fait-elle? Qu’attend-t-elle? Nora est intriguée, alors elle mène l’enquête et apprend que Madame Jeanne n’a jamais trouvé l’être aimé

 

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Dès les premières images, je suis sous le charme. Des dessins couleur sépia d’une grande douceur ; Léa Mazé parvient à dégager tellement d’émotions en quelques coups de crayon… Les images épousent à merveille les sentiments qui traversent Nora. La solitude de la campagne est palpable et les contrastes entre ombre et lumière sont saisissants.

Un roman graphique poétique et émouvant, d’une justesse incroyable ; qui nous embarque dans un drôle de monde onirique et décalé. Quand l’enfance et sa candeur rencontrent des questions adultes – amour et perte…

Merci à Antigone pour la découverte ! ❤

Bilan 2018 & Coups de coeurs 💕 


Je me répète chaque année, mais quelle folie ce temps qui file à une allure surréaliste… Plus on vieillit et plus ce fichu temps nous file entre les doigts.

Cette année, mon bébé est devenue un grand bébé ; elle s’est mise à marcher, à crapahuter dans tout l’appartement, à vider les placards régulièrement, à dire « non non non » et à hurler « chaaaat » dès qu’elle voyait une boule de poils à moustaches. Elle s’est mise à nous faire plein de bisous en tendant sa petite lippe, à nous dire « monamou » en nous tendant tous les livres qu’on lui a déjà lu 2397474 fois. Elle s’est mise aussi à nous arracher nos lunettes, nous foutre deux-trois baffes dans la tronche sans raison et notre bienveillance a vacillé plus d’une fois… Bref, avec un enfant on en apprend tous les jours (surtout sur soi et le constat n’est pas toujours reluisant). Mais l’amour est inimaginable, démesuré et fou. Toujours. ♥️

Côté lectures, j’atteins les 130 lectures cette année, dont 33 bandes dessinées & albums, ce qui est un record pour moi…! Les lectures de 2018 sont marquées par davantage de littérature jeunesse, davantage de BD, toujours énormément de littérature étrangère… Et de belles et étonnantes découvertes en littérature française. De beaux échanges avec vous, que ce soit sur le blog ou sur Instagram. De beaux partenariats notamment avec Grasset et sa collection de littérature étrangère qui est une véritable mine d’or… 

Et 2019 s’annonce tout aussi excitant littérairement parlant ; au mois de janvier, je rencontre deux auteures – Marie Pavlenko et Anne-Laure Bondoux – et j’assiste à la présentation de presse de l’école des loisirs pour leur rentrée littéraire d’hiver. J’ai hâte. 2019 sera aussi placé sous le signe du voyage : nous partons à la conquête du Far West tous les 3 en juillet…! 

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Voici les livres qui ont marqué mon année

 

* Côté romans *

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* Côté bandes dessinées et albums *

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* Côté jeunesse *

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Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2019, riche en littérature, en lectures, en voyages, en échanges, en découvertes… Et un beau réveillon ✨

 

 

Vehlmann & Kerascoët – Jolies ténèbres ***

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Éditeur : Dupuis – Date de parution : 2017 – 112 pages

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C’est l’histoire d’une petite femme, Aurore, qui prend le thé avec un jeune prince distingué. Soudain, le monde autour d’eux s’effondre, coule, les englue, les noie. Ils parviennent à s’échapper… ils se retrouvent à l’extérieur, dans une clairière. On découvre alors qu’il s’agit d’une multitude de petits êtres qui sortent d’un cadavre de fillette. Hé oui, la demeure d’Aurore n’était rien d’autre que le cadavre d’une enfant gisant abandonnée dans les sous-bois. Normal quoi !

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Mélange d’horreur et de naïveté, de glauque et de merveilleux… Frissons de dégoût ou mignonitude, on passe de l’un à l’autre de ces sentiments en quelques secondes. Une BD on ne peut plus dérangeante et déroutante qui prend les traits d’un conte cruel.

La beauté des images tranche avec la cruauté de beaucoup de scènes. Il y est question de mort, de meurtre, d’abandon ; c’est sanglant et purulent et pourtant les personnages sourient et ont la banane. C’est glauque aussi. En refermant ce roman graphique, je n’ai qu’un mot à la bouche : terrible ! Jolies Ténèbres est un véritable ovni graphique.

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Joann Sfar – Aspirine **

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Éditeur : Rue de Sèvres – Date de parution : juin 2018 – 130 pages

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Aspirine est un vampire coincé depuis 300 ans dans le corps d’une adolescente. Depuis trois siècles, Aspirine traîne sa crise d’adolescence et son physique ingrat derrière elle comme des boulets… Elle envie sa sœur qui a toujours eu vingt-trois ans et se venge en égorgeant tous ses amants. Puis, elle fait la connaissance d’Idgor en cours de philosophie, après avoir été tentée de vider de son sang leur professeur.

Aspirine est cruelle, haineuse et grossière et son passe-temps favori est de mordre les gens qu’elle croise. C’est donc un personnage qui n’est vraiment pas attachant. Quant à Idgor, il est sans contours, un peu fade et amorphe, sans couleurs face à la chevelure flamboyante de l’adolescente vampiresque. Toujours en quête de magie à apporter à sa vie infusée aux jeux de rôle, Idgor est tout de suite fou d’Aspirine. Il devient son serviteur, pour ne pas avouer qu’il est son seul ami… ensemble ils cherchent une solution à la rage qui anime la jeune fille trois fois centenaire.

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Ce roman graphique de Joann Sfar m’intriguait beaucoup. J’ai découvert l’auteur avec l’œuvre réalisée en collaboration avec Véronique Ovaldé – qui m’avait conquise – et son adaptation du Petit Prince – qui m’avait touchée. Mais avec Aspirine, j’ai été plutôt déçue : au fil des pages, un ennui grandissant m’a assailli et le langage très vulgaire et grossier d’Aspirine m’a profondément agacée. C’est une BD qui a beaucoup de potentiel mais qui, à mon sens, manque cruellement de poésie.

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Frédéric Rébéna – Bonjour tristesse ***

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Éditeur : Rue de Sèvres – Date de parution : avril 2018 – 96 pages

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1954. Cécile passe l’été de ses dix-sept ans dans une villa en bord de mer, avec son père Raymond, en pleine crise de la quarantaine, et sa toute jeune conquête amoureuse, Elsa. Cécile et son père ont une relation fusionnelle, faite de plaisirs et d’insouciance. Cécile connaît ses premières étreintes avec Cyril et se met à l’écriture d’un roman au fil du temps qui passe. L’arrivée d’Anne« L’orgueilleuse, l’indifférente Anne Larsen » – une vieille amie de la famille, va perturber l’équilibre de ses vacances. Pourquoi vient-elle ?

Cécile est une adolescente en butte avec le monde, au caractère cruel ; mal dans sa peau, elle n’a pas sa langue – fourchue – dans sa poche. Anne est une femme stricte et moralisatrice, qui aime la culture, les bonnes manières et l’intelligence… Dès son arrivée, un subtil affrontement commence entre les trois femmes. Elsa est vite évincée. Quant à Cécile, elle craint de perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi que leurs libertés. Cécile se plonge dans l’écriture et réfléchit à un moyen d’écarter la présence menaçante d’Anne ; la fin de son roman, elle la connaît déjà.

J’ai lu le roman de Sagan il y a quelques années et je dois avouer que je ne m’en souviens qu’à moitié… L’adaptation graphique de Frédéric Rébéna est un très bel objet graphique que j’ai lu d’une traite, le temps d’une soirée. Les premières bulles annoncent d’emblée la fin, tragique. La beauté des illustrations épouse la froideur et la distance du texte ; peu à peu, nous ressentons un effet de malaise. Le contraste entre le cadre idyllique – un ciel dans le bleu duquel on a envie de se noyer – et le venin qui coule dans les veines de ces femmes est saisissant. Il me reste à relire le roman de Sagan pour comparer mes deux lectures…!

 

Trondheim & Chevillard – Je vais rester ***

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Éditeur : Rue de Sèvres – Date de parution : mai 2018 – 120 pages

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Fabienne et Roland débarquent à Pavalas ; ils ont prévu d’y passer une semaine de vacances. Leur logement est réservé, les places pour les spectacles achetées. Roland est une homme prévoyant et organisé. Cette station balnéaire est pleine de souvenirs d’enfance pour lui, c’est pourquoi il voulait la faire découvrir à Fabienne.

Ils sont en avance alors ils décident de marcher sur la plage, en amoureux, insouciants. Autour d’eux, le vent se fait violent, il ébouriffe les cheveux des vacanciers et fait s’envoler grains de sable, parasols et serviettes de plage. De façon si abrupte et soudaine, Fabienne se rend compte que son homme vient de se faire décapiter.

La jeune femme ne semble pas réaliser ce qu’il vient de se passer. Se réfugiant dans une sorte de déni, Fabienne décide de rester, malgré tout. Elle s’installe dans leur location et suit le programme que son homme leur avait concocté.

Elle fait la rencontre de Paco, un homme étrange qui collectionne les morts absurdes ; celle de Roland vient naturellement s’ajouter à sa collection.

De façon surprenante, il se dégage beaucoup de douceur de ce roman graphique – dans le déroulement de l’intrigue et dans le trait de crayon. Alors que le drame a eu lieu, cette femme a l’air si sereine. Pas de déchirement, ni de larmes, aucun éclat. Le chagrin de Fabienne est silencieux, muet.

Cette femme et ses réactions m’ont beaucoup questionnée, interrogée. J’avoue avoir été étonnée – voire perplexe – face à son comportement car elle n’agit pas du tout comme on s’y attendrait. Et finalement c’est ce qui m’a plu en elle. Jour après, Fabienne se rend aux divers manifestations et spectacles prévus, mais n’est pas vraiment là ; elle est comme absente aux autres et au monde. Spectatrice de la vie qui se déroule devant ses yeux. Personne ne fait attention à ce joli fantôme en robe verte à part Paco.

Une très jolie BD sur le deuil, qui m’a profondément déroutée et charmée.

Les billets d’Antigone et de Mo’

Maïté Verjux – Petite balade et Grande Muraille ***

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Éditeur : Fei – Date de parution : janvier 2018 – 180 pages

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À travers ses dessins, Maïté nous raconte son voyage en Chine ; à l’âge de vingt-trois ans, la jeune femme décide de partir à 8000 kilomètres de chez elle pour trois mois afin de changer d’air et de décor et d’expérimenter la communication par le dessin, sans avoir rien lu sur le pays, sa culture et ses mœurs et sans parler un mot de chinois – juste quelques bases en anglais. Maïté loge à Pékin dans une drôle de collocation où tout le monde s’entasse dans une minuscule chambre ; elle ne sera rejointe qu’un mois plus tard par une amie. Avec humour, l’auteure croque chaque visage et chaque personnalité qu’elle croise dans cet appartement et dans cette ville qui ne cesse de la déconcerter.

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La barrière de la langue lui fait ressentir une grande solitude ; une solitude paradoxale car en Chine, la foule semble vouloir nous engloutir à chaque coin de rue, au même titre que la pollution.

Une très chouette BD, bourrée d’humour, qui se déguste rapidement. Les dessins de Maïté Verjux fourmillent de détails souvent drôles sur ce périple de trois mois pendant lesquel le second degré et le dessin seront ses alliés les plus précieux pour survivre au mal du pays.

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BD lue dans le cadre d’une Masse critique Babelio !

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