Laurent Graff – Le Cri ***

le cri

Éditeur : J’ai Lu – Date de parution : août 2007 – 125 pages.

4ème de couverture : « Une barrière de péage au milieu d’une autoroute désertée. Seul dans sa cabine, un  » péagiste  » regarde passer des automobilistes chaque jour moins nombreux. Il déjeune sur une aire de repos avec le gendarme du secteur qui a troqué son uniforme contre un costume à paillettes et son véhicule contre une Cadillac abandonnée. Il écoute la radio même si elle ne diffuse plus qu’un seul programme, et se lie d’amitié avec Joras, une jeune femme se rendant quotidiennement à l’hôpital, au chevet de son mari et de son amant. Les deux hommes se sont par hasard percutés en voiture et sommeillent dans le coma à quelques mètres l’un de l’autre. Pendant ce temps, un cri de plus en plus violent déchire l’atmosphère. Depuis que le tableau de Munch a été volé peut-être ? A moins que ce ne soit tout simplement la fin du monde. »

***

Voici un livre on ne peut plus étrange. Très énigmatique. Comme un ovni littéraire. En somme, un livre comme je les aime! On suit l’histoire d’un homme, dont on ne connaîtra jamais le nom, qui travaille à une station de péage, on ne sait où. Un péage où les voitures se font chaque jour moins nombreuses, jusqu’à déserter complètement l’autoroute. Le tableau d’Edvard Munch, Le Cri, a été dérobé. Et depuis, comme une vague d’épidémie, un cri se propage dans l’atmosphère et contamine peu à peu l’humanité ; on ressent ce cri comme des acouphènes de plus en plus violents.

Dans un monde aux allures post-apocalyptiques, on croise deux ou trois personnages, doucement paumés et farfelus. L’autoroute est abandonnée, la radio ne diffuse plus qu’un seul programme. Tout le monde semble avoir fuit, sans que l’ont sache vraiment comment, ni pourquoi. Le dénouement final est saisissant et le titre prend son sens douloureusement.

Ce court roman est une très belle découverte. Il met en relief certains thèmes aux allures métaphoriques : le carrefour de nos vies, les frontières, les collisions entre hommes. L’autoroute apparaît comme une métaphore riche et plurielle de la vie, du destin et des chemins qui se croisent, inexorablement.

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« Où qu’on aille, on suit toujours la même route. Celle qui nous porte. »

« Tout illuminée, la barrière de péage se dresse dans la nuit comme une porte féerique, un péristyle de lumière, une entrée des artistes, le seuil prometteur d’un manège merveilleux. »

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