Sylvia Plath – Le jour où Mr Prescott est mort ***

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Éditeur : La Table Ronde – Date de parution : avril 2017 [1952-1953] – 326 pages

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Cet ouvrage rassemble les nouvelles de Sylvia Plath. On y rencontre beaucoup de personnages féminins qui semblent attachés à des rêves, des lubies… Une femme qui ne rêve plus la nuit se désespère face aux rêves si poétiques de son mari. Une femme se met à taper à la machine les rêves des autres, se glissant dans la peau d’un collectionneur de rêves ; et ce lac où se retrouvent tous les rêves des gens depuis le début du monde…

Les récits de ce recueil me sont apparu assez inégaux. Certains m’ont séduit quand d’autres m’ont laissée totalement indifférente. Il demeure malgré tout que l’écriture de Sylvia Plath est belle et élégante. Ses personnages sont délicieusement en dehors du réel, flottant entre deux mondes, évanescents et rêveurs. Un peu fous, ils ont des envies d’ailleurs et aiment se soustraire au monde réel.

Merci aux éditions de La Table ronde pour cette lecture !

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« Elizabeth chérissait comme un ami calomnié le monde vague et imprécis dans lequel elle vivait. C’était un monde crépusculaire où, la nuit, la lune flottait par-dessus les arbres, frémissant ballon de lumière argentée ; les rayons bleuâtres vacillaient à travers le feuillage, traçant des dessins fluides et tremblants sur le papier peint de sa chambre. »

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Sylvia Plath – La Cloche de détresse ***

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Éditeur : Denoël – Date de parution : avril 2014 [1963] – 366 pages

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La Cloche de détresse, c’est le fameux et l’unique roman de Sylvia Plath, publié quelques mois avant qu’elle ne se suicide. Le personnage principal, Esther Greenwood, étudiante en lettres, n’est autre que son double. Nous sommes au début des années 50, la jeune fille vient de débarquer à New York, grâce à un concours de fiction organisé par un magazine de mode ; ce qui lui donne droit à une bourse ainsi qu’un stage d’un mois au sein du magazine, aux côtés d’autres chanceuses.

Dans une langue poétique et métaphorique, Esther s’interroge sur le sens de sa vie de femme. Très vite, on découvre un brin de femme qui se sent inadaptée dans ce monde tel qu’il est ; elle se fait un soir la réflexion qu’elle n’a plus été heureuse depuis ses neuf ans. Esther ne se voit pas vivre comme tout le monde, étouffée par le carcan des conventions, ou travailler sous les ordres d’un homme. Elle est en fait tiraillée entre deux vies très différentes : devenir mère & épouse ou devenir poétesse, écrire comme elle l’a toujours désiré.

Esther est une héroïne mélancolique, qui ne semble percevoir que le vide de sa propre vie. La métaphore de la cloche de verre, qui la fait « mijoter dans son propre air vicié », se développe et prend de l’ampleur tout au long de ce roman aux forts accents autobiographiques. Elle se sent prisonnière de cette cloche, qui tour à tour l’oppresse et se suspend au-dessus d’elle comme une épée de Damoclès.

Un roman à la fois dérangeant et fascinant, au ton terriblement juste, qui fait preuve d’une grande maîtrise de l’écriture. Arbres d’hiver et Ariel se trouvent dans ma bibliothèque, je pense que je vais me plonger à nouveaux dans ses poèmes…

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« Je voyais ma vie se ramifier sous mes yeux comme le figuier de l’histoire. Au bout de chaque branche, un avenir merveilleux, telle une grosse figue violacée, me faisait des clins d’œil. L’une des figues était un mari, un foyer heureux avec des enfants. Une autre figue était une poétesse célèbre. Une autre, un brillant professeur… »

« La dernière chose que je voulais, c’était bien la sécurité infinie, et être l’endroit d’où part la flèche. Je voulais des changement, de l’excitation, je voulais moi-même partir dans toutes les directions, comme les traînées colorées des fusées du 4 juillet. »

« Pour la personne qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figée comme un bébé mort, c’est le monde lui-même qui est le mauvais rêve. »