Marie-Aude Murail – Sauveur & Fils saisons 2 & 3 ***

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Éditeur : école des loisirs – Date de parution : 2016

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C’est avec délice que j’ai entamé la 2ème saison de Sauveur & Fils et retrouvé les personnages du numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans. Sauveur Saint-Yves – psychologue antillais quarantenaire, 1,90 mètres pour 80 kilos – et ses patients, tous plus attachants et touchants les uns que les autres. Sauveur et sa nouvelle vie amoureuse avec Louise…

On retrouve Ella qui désire se faire appeler Elliot et veut devenir écrivain ; à cet effet elle potasse Jack London. Sauveur semble être son seul soutien, son oreille attentive. Blandine dont la sœur a fait une tentative de suicide et qui se fait des shoot au sucre en avalant des kilos de bonbons. Samuel qui ne se lave plus et s’étonne de collectionner les râteaux avec les filles – ne serait-ce pas le seul moyen qu’il a trouvé pour maintenir à distance une mère invasive et étouffante ? Pénélope Motin : jeune mythomane ou jeune femme indéchiffrable ? Et monsieur Jovanovic, ce petit vieux qui vit dans la rue, belle énigme qui vient frapper à la porte de Louise, puis à celle de Sauveur.

Dans la foulée j’ai lu la saison 3. Non, je ne l’ai pas lue : je l’ai dévorée. De nouveaux patients viennent consulter notre psychologue préféré. Parmi eux, monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus l’espionnent à l’aide d’une caméra de vidéo-surveillance cachée dans son plafond. Gervaise Germain qui ne parvient pas à prononcer de mot commençant par « mal » de peur que le mauvais œil ne s’abatte sur elle. La petite Maïlys qui, du haut de ses quatre ans, se tape la tête contre les murs et dont les parents sont complètement accros à leurs smartphones. Quant à Ella, elle se retrouve cyberharcelée par une bande de gamine de son collège.

L’humour est toujours au rendez-vous ; ce n’est pas seulement drôle, tendre et émouvant, c’est également terriblement vrai et juste. Marie-Aude Murail a un vrai talent pour évoquer l’adolescence et ses maux. Deux nouvelles saisons pour deux lectures réjouissantes : un vrai baume au cœur. C’est une de mes sagas jeunesse préférées – avec les Quatre sœurs, de Malika Ferdjoukh.

 

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Rébecca Lighieri – Les garçons de l’été **

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Éditeur : Folio – Date de parution : avril 2018 – 412 pages

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Thadée et son frère Zachée sont les deux fils prodigues de la famille Chastaing ; étudiants brillants et surfeurs surdoués, ils sont absolument parfaits au yeux de leur mère Mylène, qui les idéalise excessivement. Ils décident de prendre une année sabbatique pour surfer sur les plages de La Réunion. Cette famille aux apparences parfaite va peu à peu voler en éclats lorsque Thadée, l’aîné, se fait dévorer la jambe par un requin.

Un roman choral qui nous offre le point de vue de chacun des membres de cette famille bourgeoise originaire de Biarritz. Si les premières pages me rendent captive de l’histoire, annonçant un roman terrible, certains passages me plongent dans un ennui profond – ennui provoqué je pense par l’utilisation abusive du langage technique du surf…

Quant aux personnages, je ne parviens pas à m’attacher à eux, et certains me révulsent carrémentThadée le diabolique pervers… Le seul personnage pour lequel j’ai éprouvé une profonde empathie est Ysé, la petite dernière, que tout le monde oublie et qui survit au milieu de ce naufrage familial. Ysé qui collectionne les iguanes et les serpents, brûle de l’encens pour éloigner les fantômes et se scarifie dans la buanderie pour soulager sa peine. Sa voix – impertinente & sarcastique – m’a touchée et amusée.

Au fur et à mesure que la fin du roman se profile, mon estomac fait des nœuds. Un roman machiavélique qui ne m’a clairement pas laissée indifférente et m’a fait passer par différents états : l’ennui, l’exaspération, l’écoeurement, l’émotion, la perplexité… Et que j’ai malgré tout dévoré à toute allure.

Je serais du coup très curieuse d’avoir vos échos sur ce roman !

Mon avis sur son roman Je viens.

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« C’est vrai ça, qui s’occupe de mes problèmes ? Est-il normal que je me retrouve à pleurer éperdument dans une panière de linge pendant que ma mère gâtifie sur son fils aîné et que mon père s’envoie en l’air avec sa vieille maîtresse ? »