Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat – Et je danse aussi ****

9782266265973

 

Éditeur : Pocket – Date de parution : février 2016 – 310 pages

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Tout commence par une mystérieuse et épaisse enveloppe envoyée par une lectrice, Adeline Parmelan, à l’écrivain Pierre-Marie Sotto, prix Goncourt et auteur qui se retrouve en mal d’inspiration. Une drôle de correspondance par mails se met en place entre ces deux personnages que tout, a priori, sépare.

Très vite, les deux correspondants se livrent l’un à l’autre, se dévoilent, par les détails du quotidien et les confidences à demi-mots. Sans s’en rendre compte, ils s’attachent l’un à l’autre. Pierre-Marie se confie sur sa dernière femme, qui a disparu brusquement deux ans auparavant, et qu’il ne parvient pas à oublier. Quant à Adeline, elle confie ses propres blessures…

L’écriture est fluide, légère et gorgée d’humour. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre cet échange de mails, qui ne va pas se faire qu’entre les deux protagonistes. Si au début je prends cette lecture pour un simple divertissement, sans beaucoup d’attente vis à vis de l’intrigue, je prends peu à peu un plaisir dévorant à lire ce roman épistolaire moderne ! Et au bout de 80 pages, un certain mystère s’invite dans l’écriture et me surprend… je suis alors ferrée complètement. La grosse enveloppe n’a toujours pas été ouverte, que cache-t-elle donc ?

J’ai aimé le lien entre fiction et réalité, quand les deux personnages jouent avec leur réalité. Les lettres contiennent beaucoup de réflexions sur la fiction, les personnages, le roman et cet aspect m’a beaucoup plu. Les personnages sont tous hauts en couleurs et attachants, à leur façon. Et je danse aussi semble un roman léger, mais il cache en fait une histoire bien plus profonde, qui se révèle par couches successives. Il est question de trahison, de mensonge et de vérité. Une vérité qui se cache au détour des mots.

C’est un roman tout simplement délicieux, bien écrit et qui m’a fait rire autant qu’il m’a émue. Une fois commencé, je n’ai pu que le dévorer jusqu’à la dernière page. C’est un joli coup de cœur et une lecture parfaite pour l’été. ❤

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« Connais-tu la différence entre l’amour et le meurtre ? Il n’y en a pas. Dans les deux cas, la même question se pose : que faire du corps après ? »

« Mais qu’importe, j’aime qu’on me raconte des histoires, et si elles sont bonnes, alors elles deviennent plus vraies que les vraies, elles résistent mieux à l’oubli, en tous cas. C’est ainsi qu’on réinvente son passé, je crois. »

Martin Page & Coline Pierré – La folle rencontre de Flora et Max ***

E150641

 

Éditeur : L’Ecole des Loisirs – Date de parution : septembre 2015 – 199 pages

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Flora est dans une prison pour mineurs, après avoir violemment frappé une élève de sa classe. Un jour, elle reçoit une lettre de Max, un drôle de garçon qui est persuadé qu’ils ont des points communs. C’est ainsi que débute la correspondance entre ces deux adolescents.

Max est enfermé à sa façon : il ne sort plus de chez lui car le monde extérieur l’angoisse. « J’ai l’impression que la vie quotidienne passe son temps à me tabasser ». Il passe ses journées enfermé dans sa chambre, entouré de son monde familier : ses livres, ses films, son ukulélé. D’une certaine manière, il se sent proche de Flora.

A travers les lettres qu’ils s’échangent, les deux adolescents partagent par petits bouts leur vie, leurs espoirs et leurs angoisses. Leurs mots sont plein d’humour, de fantaisie et par moment ils sont d’une grande sagesse. Ces lettres aident Flora à tenir le coup en prison, et elles aident Max à tordre les barreaux de sa propre prison.

J’ai été charmée par ce curieux roman épistolaire où deux adolescents des temps modernes échangent des lettres, cette pratique qui semble maintenant hors du temps. On retrouve au détour de ces lettres, des références à Sylvia Plath, à Fernando Pessoa et son Livre de l’intranquilité, qui trône depuis quelques mois sur ma table de chevet…

C’est une lecture à quatre mains vraiment réjouissante et qui met du baume au cœur.

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« Je pensais à notre correspondance l’autre jour et je me disais que c’était incroyable qu’il ait fallu que je sois emprisonnée et que tu quittes le lycée pour qu’on se parle. Nous vivons tout de même dans une société étrange : comment est-il possible que nous ne nous soyons pas trouvés alors que nous étions chaque jour à quelques mètres l’un de l’autre ? On dirait que les vraies rencontres ne sont possibles que par accident. »