Patrick Ness – Quelques minutes après minuit ***

product_9782070642915_244x0

 

Éditeur : Folio Junior – Date de parution : 2014 – 192 pages

*

Depuis que sa mère est tombée malade, Conor  O’Malley se met à faire un cauchemar terrifiant chaque nuit, toujours le même, dont il n’ose parler à personne… Et quelques minutes après minuit, un monstre l’appelle par son prénom et surgit à la fenêtre de sa chambre, comme pour l’engloutir… Ce monstre a l’apparence d’un arbre immense, aux branches qui craquent. Il ressemble comme deux gouttes d’eau à l’if de son jardin. Rêve ou réalité ? Quoi qu’il en soit, chaque matin, Conor découvre sur le plancher quelques branches, quelques baies et des aiguilles qui crissent sous ses pieds.

Cet arbre, doué de parole, annonce à l’adolescent qu’il a trois histoires à lui raconter et que la quatrième, ce sera à Conor de la raconter le temps venu. La quatrième histoire sera la vérité. Ces histoires sont comme des messages que l’arbre délivre à un moment donné.

Je n’en dirai pas plus sur ce roman, qui m’a beaucoup émue. L’écriture est simple et n’a « l’air de rien » au début. Et pourtant elle nous délivre peu à peu une histoire puissante, qui s’imprime dans notre esprit pour ne plus en sortir.

C’est donc un joli roman jeunesse, qui ne m’a pas laissée indifférente, où le surnaturel est étroitement lié au réel, où les histoires sont des créatures sauvages, auxquelles on ne peut se fier. Un récit très fort qui met en lumière le caractère contradictoire de la nature humaine, et qui pose des mots sur la solitude et la maladie.

Mon seul regret : ne pas l’avoir lu dans sa version grand format… Je n’ai pas eu droit aux sublimes illustrations en noir et blanc qui, je pense, auraient beaucoup ajouté au charme de ce roman. *Bouquin emprunté au CDI du collège*

***

« Je suis cette terre sauvage venue te chercher, Conor O’Malley »

« Les histoires sont les choses les plus sauvages de toutes, gronda-t-il. Les histoires chassent et griffent et mordent. »

« On écrit pas sa vie avec des mots. On l’écrit avec des actes. Ce que tu penses n’est pas important. C’est ce que tu fais qui compte. »

Roopa Farooki – La Petite boutique des rêves **

boutique des reves

Éditeur : Babel Actes Sud – Date de parution : mai 2013 – 424 pages

4ème de couverture : « Lucky, jeune garçon de quatorze ans, rêve de faire un jour gagner la Coupe du monde de football à son équipe. Son père Jinan, d’origine bangladaise, est un brillant avocat londonien. Sa mère Delphine est une Française aussi raffinée que désoeuvrée. Après une belle carrière dans le marketing, elle a arrêté de travailler à la naissance de Lucky et vit désormais dans une aisance que toutes ses amies lui envient mais qu’elle trouve terne. Son plus grand malheur serait-il d’avoir réalisé ses rêves trop tôt ? Zaki, le père adoptif de Jinan, tient une boutique dans laquelle Lucky vient volontiers se réfugier quand il est en proie aux doutes ou aux chagrins de son âge. Delphine a connu Zaki, son truculent beau-père, bien avant Jinan. Avec lui la vie se parait des couleurs de la passion et de l’imprévu. Zaki, le joueur, le blagueur, détient-il la clé du dernier rêve de Delphine ? Dans un rythme mené tambour battant, l’auteur écorne avec brio l’image lisse du multiculturalisme « réussi » qu’elle semblait elle-même proposer en ouverture. Un roman à deux voix sur un secret de famille bien gardé. »

***

Ce roman met en scène plusieurs personnages, tous membres d’une même famille. Chacun est en proie à ses rêves d’avenir… L’incipit prend d’ailleurs la forme du rêve de Lucky, adolescent de quatorze ans; il désire plus que tout devenir footballeur professionnel. Sa mère Delphine a, quant à elle, réalisé ses rêves bien trop tôt. Insatisfaite, elle pense à quitter son mari pourtant très amoureux d’elle. Zaki, le grand-père, passe son temps à jouer au casino, il tient une petite boutique à Hammersmith, qu’il n’ouvre que de temps en temps.

C’est un roman sur les rêves et la place que nous accordons au bonheur. Il offre une réflexion intéressante sur la « tragédie d’un rêve trop vite devenu réalité ». Comme disait Oscar Wilde, « il y a deux tragédies dans la vie : ne jamais réaliser ses rêves et tous les réaliser ». Quand un rêve est vite atteint, que nous reste-t-il à attendre de la vie ?

L’histoire se lit facilement et les personnages sont attachants, cependant il m’a manqué un petit quelque chose pour être vraiment conquise par ce roman…