Charlotte Erlih & Julien Dufresne-Lamy – Darling #Automne ***

Actes Sud junior – 2020 – 368 pages

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May et Néo sont jumeaux, mais tout les oppose. Néo, geek boutonneux, matheux et à l’embonpoint prononcé, se fout des apparences. May passe des heures à se pomponner, choisir avec soin ses tenues et son maquillage, tout comme ses fréquentations. Quand l’adolescente est élue fille la plus populaire du bahut, le fossé entre le frère et la sœur ne fait que s’accentuer.

Depuis quelques temps, May reçoit sur Instagram des messages d’un certain Y… Un Y qui a besoin de changer d’identité pour avoir le courage d’écrire à May, dont il semble fou amoureux. Fou, jusqu’à quel point ?

Un roman choral où retentissent à tour de rôles les voix des jumeaux, ainsi que celle de Y. Le temps d’une saison – l’automne. Une narration ponctuée par les mystérieux messages de Y.

Très vite, la lecture de ce roman devient addictive. Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy nous offrent une vertigineuse plongée dans l’univers adolescent ; où les réseaux sociaux sont les lieux de tous les possibles, de toutes les démesures. Où le harcèlement, les moqueries et rumeurs gagnent en ampleur et densité. Entre émotion et suspense, on dévore ce premier tome qui questionne l’identité adolescente avec acuité et intelligence.

Agathe Parmentier – Calme comme une bombe **

1540-1

Éditeur : Au Diable Vauvert – Date de parution : janvier 2017 – 224 pages

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Les personnages de ce roman sont tous issus de la génération Y ; ils ont grandi dans les années 90, et ont à présent la trentaine. L’intrigue se déroule de façon décousue, sous la forme d’un chassé-croisé entre une poignée de personnages, tous liés les uns aux autres. Ils sont caricaturaux, un peu paumés, à côté de la plaque ; ils sont le symbole d’une époque, une génération s’abreuvant aux réseaux sociaux. Il y a Amandine, la jeune femme en mal de reconnaissance, qui se voyait mariée à DiCaprio lorsqu’elle était à l’école primaire, et qui cherche à percer en tant que blogueuse mode ; Etienne, l’auteur aux angoisses existentielles ; Lucie qui écrit des poèmes destinés au pilon ; Xena et ses envies d’évasion au Japon…

Un style résolument cynique, à couper au couteau, une écriture rythmée. Certaines descriptions sont très drôles et j’ai trouvé les échanges de mails assez croustillants, ils m’ont arraché quelques rires. Un roman qui se laisse lire sans déplaisir, même si je pense que je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Merci à Lilylit pour le prêt 😉