Véronique Olmi – La Promenade des Russes ***

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Le Livre de Poche – 2008 – 256 pages

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Sonietchka a treize ans et vit à Nice avec sa grand-mère Babouchka. Babouchka qui craint toujours de tomber et s’agrippe au bras de sa petite-fille – menaçant de lui démonter l’épaule – quand elles sortent se promener. Qui fait des réussites en trichant et écrit des lettres au président de la République et aux journalistes d’Historia – des lettres qui parlent toutes des Romanov et de Lénine. Qui invite à déjeuner ses vieilles amies russes. Babouchka, c’est la dernière survivante de la Révolution bolchevique. Elle a de grands yeux bleus comme les bébés et parle souvent en russe à ses doigts

Sonietchka suit sa grand-mère dans ses lubies et nous raconte leur quotidien de façon si drôle et délicieusement cocasse. L’adolescente vit dans l’absence d’une mère instable et d’un père absent. En cherchant le sommeil, elle s’adresse à Anastasia – ce mystère jamais résolu qui hante sa grand-mère – et chaque nuit elle rêve de Manderley – « la nuit je suis plein de monde ».

Un roman attendrissant et drôle, qui se révèle émouvant et juste – je me suis rapidement attachée à cette voix délurée de gamine et au personnage extravagant de la grand-mère russe tellement impayable. J’ai aimé retrouver l’écriture de Véronique Olmi, fourmillant de métaphores et de comparaisons, une écriture enjouée et vive. Un vif plaisir de lecture !

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« J’ai regardé un peu les étoiles pour réfléchir à tout ça, cette façon incroyable qu’ont les gens d’avoir des vies secrètes, des rêves étranges et des idées tordues. »

Claudie Gallay – La Beauté des jours ***

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Éditeur : Actes Sud – Date de parution : août 2017 – 416 pages

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Jeanne est mariée à Rémy et mère de jumelles ; elle aime sa petite routine, tout ce qui fait son quotidien. Sa vie est réglée comme du papier à musique, la petite famille passe ses vacances toujours au même endroit, aux mêmes dates, à Dunkerque, tout en rêvant un jour de les passer en Grèce.

Cette vie rangée rassure Jeanne. Chaque journée s’égrène à la lueur de petits rituels – comme le mardi, journée où son mari rentre avec un macaron. Chaque soir, elle regarde passer le train de 18h01. Mais elle aime aussi l’imprévu et le hasard. Par exemple, elle aime suivre au hasard un inconnu dans la rue pendant quelques minutes. Deviner sa vie.

Un jour, la photo de Marina Abramovic qu’elle conservait dans un cadre se décroche du mur. Il ne subsiste désormais qu’un rectangle blanc de lumière. Marina Abramovic, c’est cette artiste serbe qui a dédié sa vie toute entière à l’art et qu’un professeur lui avait fait découvrir l’année du bac. Jeanne aime son rapport absolu à la vie ; elle l’admire.

A partir de cet instant, sa vie semble légèrement dévier de sa trajectoire. Sa meilleure amie Suzanne se fait quitter par son mec. Puis, un jour que Jeanne suit un inconnu dans la rue, il se trouve que c’est Martin Fayolle, son amour d’adolescence, avec qui il ne s’est jamais rien passé…

Un beau roman qui se délie lentement, qui interroge l’amour et le bonheur – les choix d’une vie et la trajectoire empruntée par chacun. « Faut emmagasiner. Toutes les choses belles. Quand on va mourir, c’est ça qui nous aidera à passer de l’autre côté. Les choses belles. On se souviendra d’elles. »