Elena Ferrante – Poupée volée **

Poupee-volee

Éditeur : Folio – Date de parution : septembre 2017 – 208 pages

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Leda quitte la ville pour passer des vacances en bord de mer. Se rendant chaque jour à la plage, elle observe les familles, les querelles et les discussions animées des uns et des autres. Nina et sa fille Lena captent particulièrement son attention. L’enfant passe son temps à jouer avec sa poupée, dont elle ne se sépare jamais.

Observer cette mère et sa fille, leur relation, renvoie Leda à son propre passé, sa propre relation à ses filles, à la façon d’un jeu de miroirs.

Un jour, Leda s’empare de la poupée de l’enfant, sans vraiment savoir pourquoi. Un geste insensé qu’elle ne s’explique pas, comme beaucoup de choses dans sa vie – ses accès de folie, de fureur, son comportement envers ses deux filles.

Un intriguant portrait de femme qui oscille entre raison et folie. Elena Ferrante analyse toujours avec brio la psychologie féminine, les relations entre une mère et sa fille, la maternité qui peut être vécue de façon très complexe. Il m’a cependant manqué un je ne sais quoi pour garder en mémoire ce roman sur le long terme.

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Joyce Carol Oates – Le Mystérieux Mr Kidder ***

9782848762906

 

Éditeur : Philippe Rey – Date de parution : mars 2013 – 235 pages

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Ce roman de Joyce Carol Oates rappelle un peu le Lolita de Nabokov – que je n’ai jamais lu ; il m’avait un peu dérangée dès les premiers mots, je l’avais donc reposé.

Bayhead Harbor, dans le New Jersey. Katya Spivak a seize ans, elle est fille au pair chez les Engelhardt. En se promenant avec les enfants, elle est abordée par Marcus Kidder, un homme aux cheveux blanc, la soixantaine bien tassée. Il semble tomber sous le charme de la jeune fille et souhaite la revoir. Hésitante, elle finira par le retrouver chez lui, avec les enfants, puis sans eux.

Katya est torturée par son histoire familiale, un peu déséquilibrée ; une mère toujours absente, qui boit, se drogue et passe sa vie à Atlantic City à traîner avec des hommes peu recommandables, et un père qui les a quittées quand elle était enfant… En mal d’affection, naïve et habitée par besoin de plaire, Katya se sent enfin visible et désirable dans le regard de Mr Kidder.

Marcus Kidder peint, joue du piano et compose de la musique, dessine… C’est un artiste, issu d’une famille très richeA la fois intriguée et révulsée par ce vieil homme distingué et généreux qui l’aime, Katya va le revoir à plusieurs reprises… Mais que lui veut-il réellement ?

J’ai retrouvé avec plaisir la plume aiguisée de l’auteure, qui décrit si habilement la psychologie de ses personnages. Encore une fois, je suis restée éblouie et impressionnée par la maîtrise de son écriture, qui diffuse un certain mystère… Si le sujet ne m’a pas emballée au début, j’ai été littéralement happée et captivée par cet art de la narration, propre à Oates.

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« Katya et Mr Kidder étaient assis côte à côte à la table de fer forgé blanc, face à l’océan, qui s’étendait derrière le renflement des dunes et des joncs ondoyants. Katya regardait de tous ses yeux les vagues houleuses de l’Atlantique, les jets d’écume, les mouettes dansant comme des bouchons blancs à la crêtes de vagues. »

« Car il n’y a aucune peur aussi primitive que celle de n’être pas aimée, de ne pas être protégée. »