William Mallowney – Les Poètes du Chaos **

les poètes du chaos

Auto-édité grâce à Librinova – Juin 2018 – 534 pages

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2055. Dans un monde post-apocalyptiquele brouillard a pris possession du ciel et où le chaos s’est emparé des humains, les Éphémères – êtres humains augmentés – ont pris le contrôle de Paris, chassant et traquant les Poètes. Voyageur est un des rares à avoir réussi à leur échapper. En compagnie de son chien Argos, il a parcouru l’Europe avec ces êtres à ses trousses, en quête de la femme de sa vie, Lumineuse.

Et puis les Poètes de Paris, que l’on pensait disparus, lancent un appel à la lutte – l’appel du 18 juin post-apocalyptique. Voyageur décide d’y répondre, conservant au fond de son cœur une foi inébranlable en la Chaarchie ; ce subtile mélange entre l’art, la politique, la poésie et les sciences qui permettrait de gouverner.

Voyageur se met en route vers la région parisienne, faisant une première halte au Stade de France où il rencontre les Stadistes. Parmi eux, Blady, une jeune femme qui va l’épauler dans sa mission.

Sous la plume de William Mallowney, nous découvrons un Paris post-apocalyptique envahi par des cannibales et des Poètes qui s’affrontent à coup de joutes versifiées. Chaque chapitre s’ouvre sur un poème. L’auteur nous abreuve d’une foule de détails grâce à une imagination débordante et une plume créative qui nous embarque dans un univers un peu fou.

Une histoire dense qui, malgré certaines longueurs, me ferre peu à peu… Si je demeure un peu perdue par moment par l’intrigue et les nombreux personnages, je finis par me prendre au jeu et par m’attacher à Voyageur. Un des messages véhiculés par ce roman m’a touchée : l’art comme moyen de rêver au milieu de l’effondrement général et du chaos. « Nous recherchons le beau au milieu du chaos »

Un roman nourri de références littéraires, historiques et scientifiques – de la SF érudite – où l’humour s’avance à la fois masqué et démasqué. On sent le plaisir qu’a eu l’auteur en écrivant son roman et on ne peut que rester admiratif devant tant d’imagination.

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« Détachés de l’aspect purement matériel de la survie, ils redécouvraient l’art, s’en servaient comme ciment social, comme dose prophylactique de beauté contre la noirceur de la réalité. (…) L’utopie qu’ils avaient créée devait apporter du beau dans chaque acte de l’existence. »

« Combien de coups de tête, de coups de dés

Me reste-t-il encore à choisir ?

Sauvez une vie ou un souvenir ?

Risquer encore ma tête pour une idée »

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Lucie Land – La débrouillardise ***

9782246813972-001-T

Éditeur : Grasset – Date de parution : février 2018 – 342 pages

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La voix qui s’élève de ces pages appartient à Katarina, une jeune Rom de dix-sept ans. Virée de son lycée, elle passe ses journées à errer dans Paris. Chaque nuit, elle retrouve son père et ses musiciens de frères qui vivent dans un campement.

Katarina est une adolescente au cœur vagabond, elle aime battre le pavé, faire de nouvelles rencontres et dévorer des romans – elle en a toujours un dans son sac. Sa voix est magnétique, incisive. Le texte est rythmé par des phrases courtes, il épouse la cadence des pas de Katarina qui battent le pavé. Une adolescente qui ne tient pas en place, toujours en mouvement« Le mouvement est ma maison. »

Une adolescente déterminée en quête de liberté, qui ne s’embarrasse de rien, vit comme elle l’entend. Et ce regard qu’elle porte sur le monde et sur sa condition, à la fois candide et désabusé, m’a beaucoup plu. Certaines phrases sont des morceaux de poésie – elles m’émeuvent. « Longtemps mon dernier sursaut avant le sommeil était de donner une couleur à ma journée. »

La débrouillardise est un roman lumineux, qui nous fait voyager dans les rues de Paris, mais aussi celles de Marseille, où Katarina fera une rencontre décisive… C’est une voix qui résonnera longtemps en moi, une fois la dernière page tournée, et qui va me manquer.

Cathy Ytak – D’un trait de fusain ****

d-un-trait-de-fusain

Éditeur : Talents Hauts – Date de parution : septembre 2017 – 253 pages

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Nous sommes en janvier 1992Monelle, Marie-Ange, Julien et Sami sont dans le même lycée, ils suivent les mêmes cours de dessins pour lesquels des hommes et des femmes posent, nus. C’est comme ça que le petit groupe fait la connaissance d’un de ces modèles grandeur nature : Joos. Un jeune homme drôle et pétillant, qui ne laisse personne indifférent, surtout Marie-Ange. Marie-Ange qui déteste son prénom, qui dessine des autoportraits au fusain, devant sa glace, nue, sans concession. Dont les parents sont hyper conformistes, étroits d’esprit et réac’. Elle compte les jours jusqu’à ses dix-huit ans pour pouvoir enfin les quitter.

Les quatre adolescents sont inséparables. Au printemps, ils décident de partir à Saint Malo, le temps d’un week-end. Des amours naissent, Monelle et Julien. Sami et Joos, qui les a rejoint. Joos dont Marie-Ange tombe aussi amoureuse… Un amour qu’elle doit réprimer.

« Une vie d’adulte avant l’âge, peut-être, qui oscille sans cesse entre la fête et le désespoir. » – Et puis au retour des vacances d’été, Marie-Ange devient Mary. Et elle apprend que Joos est séropositif. C’est le choc. Et l’incompréhension. Mary décide de s’engager aux côtés d’autres jeunes, au sein d’Act Up. Elle descend dans la rue.

Un roman fougueux et percutant, qui m’a noué la gorge et fait battre le coeur. J’ai aimé cette héroïne qui se lance dans le militantisme – une lutte contre les préjugés d’une époque – avec la rage et l’envie d’en découdre avec la maladie qui s’est attaquée à ses amis, s’immiscant sans ménagement dans leur amitié.

Une lecture émouvante que je n’oublierai pas de sitôt ; à l’image de cette scène en plein Paris où cinquante personnes s’allongent dans la rue, comme mortes, pour dénoncer l’indifférence des autres au mépris des uns.

 

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« Mary pense que tout ce qui vient de se passer n’est pas vrai. Elle a eu une hallucination. Parce que ce genre de chose, ça n’arrive pas à des gens comme eux, Sami ou Joos. Ils sont trop jeunes, trop ordinaires, trop… quelconques., Ce genre de chose, ça ne peut arriver qu’à des… dépravés. La pensée est si forte qu’elle la fait sursauter. »

« S’habituer… S’habituer à passer du rire aux larmes en quelques secondes. De la plaisanterie la moins fine à la peur la plus forte. Avec la mort infiltrée. Mais sérieusement, quand on a dix-sept ou dix-huit ans, ça veut dire quoi, mourir, si on n’a rien vécu ? »

Julien Delmaire – Minuit, Montmartre **

9782246813156-001-T

Éditeur : Grasset – Date de parution : septembre 2017 – 224 pages

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Ce nouveau roman de Julien Delmaire nous plonge dans le Montmartre du début du XXème siècle, à l’aube de la guerre ; à cette époque, César Van Hove, l’allumeur de réverbères, a encore du travail, mais plus pour longtemps. Théophile Alexandre Steinlen, le dessinateur du Chat noir, est désormais un vieil homme qui ne peint plus que des chats dans son petit atelier de la rue Caulaincourt.

Vaillant, son petit félin souple et intelligent, aime flâner dans les ruelles de la Butte ; un matin il remarque une jeune africaine – avec ces cicatrices comme des coups de canifs sur les joues – qui erre dans les rues. Quelques jours plus tard, Masseïda frappe à la porte de l’atelier du peintre. La jeune femme devient son modèle ; ensemble ils ressuscitent l’ardeur créatrice du peintre vieillissant.

Les mots de l’auteur dansent, sensuels et poétiques. La plume de Julien Delmaire magnifie la langue française ; il parvient à ressusciter les couleurs et l’atmosphère de l’époque. J’ai pris plaisir à faire ce voyage dans le temps, à déambuler dans ce Paris ancien ; ce Montmartre des peintres et des buveurs d’absinthe.

Découvrez l’avis de Mokamilla.

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« Son corps chanta les mornes, les fruits que déchiraient les dents d’un négrillon, cette ville que la cendre avait couverte de solitude, la torréfaction des heures, les marchés de viandes lasses, de viandes outragées. La cale, les chaînes, la mer qui supplie, ahane, la mer qui rugit et bave sa vaillance.. »

Sarah Maeght – C’est où, le nord ? **

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Éditeur : Albin Michel – Date de parution : avril 2016 – 282 pages

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Ella a vingt-quatre ans, elle est prof de français dans un collège privé catholique à Paris. Elle habite avec Victor, son amour de jeunesse. Quand il trouve un emploi dans le Nord, il la laisse en plan du jour au lendemain. Ella se retrouve toute seule dans un grand appartement avec Klaus, son poisson rouge. Heureusement, son amie Lou est là pour lui changer les idées, elles sortent à droite à gauche. Au collège, elle découvre des santons décapités dans son casier ; qui peut bien les lui déposer ?

Certes, l’écriture est légère, vivifiante, et l’auteure a un certain talent dans la description et la mise en scène des atmosphères – les scènes qui se déroulent en classes sont cocasses. On sent qu’elle a une écriture qui lui est propre, pleine d’humour et malicieuse.

La quatrième de couverture était bien – trop – séduisante… Si c’est un roman très plaisant qui se lit vite, je l’ai cependant trouvé inconsistant et brouillon à de nombreuses reprises. L’histoire se perd un peu, comme son héroïne. Quant à l’intrigue qui se déroule au collège, cette histoire de santons massacrés, elle n’offre pas le suspense attendu et est donc bien superflue. En définitive, l’histoire ne m’a pas vraiment convaincue, les personnages non plus…

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?