Jim & Mig – Un petit livre oublié sur un banc ****

Capture

Éditeur : Grand Angle – Date de parution : mars 2014

*

Camélia trouve un livre sur un banc. Intriguée, la jeune femme lit les premières lignes puis le rapporte chez elle. Si elle le trouve ennuyeux au début, elle finit par le dévorer. Elle le lit, puis le relit. Remarque des mots qui sont entourés en rouge et découvre que, mis bout à bout, ils forment une phrase… Commence alors une drôle de quête – enquête – pour la jeune femme, qui se saisit de ce prétexte pour s’extraire d’une vie de couple peu épanouissante et d’un quotidien qui ne l’excite plus, dans lequel elle a l’impression de s’enliser – en couple depuis douze ans, son mec passe sa vie sur les écrans – que ce soit la télévision, ou son téléphone dernier cri.

Un-petit-livre-oubli-sur-un-banc-2-1024x467

Les deux tomes de ce roman graphique très addictif se dévorent à toute allure ! Le scénario nous tient en haleine, à la façon d’un savoureux polar. On découvre une histoire pétillante et intelligente, au suspense savamment travaillé et au charme fou.

Un vrai plaisir de lecture qui nous offre une réflexion sur le couple et l’amour mais aussi sur la lecture et la littérature et leur nécessité à l’ère du numérique et des écrans.

PlancheS_42277

Marie-Aude Murail – Sauveur & fils ***

sauveur-et-fils

Éditeur : L’école des loisirs – Date de parution : avril 2016 – 300 pages

*

Un roman terriblement attachant, tout de suite. Sauveur Saint-Yves est psychologue, il tient un cabinet dans sa propre maison, séparant vie privée et vie publique d’une simple porte. Il vit avec son fils unique, Lazare. Quelle ironie pour un psychologue de s’appeler Sauveur ! C’est un grand noir baraqué – 1m90 pour 80 kilos de muscles, avec une voix grave et chaude. Lorsque son fils Lazare rentre de l’école, il prend l’habitude de se poster derrière la porte entrouverte, caché par un rideau. Il écoute les conversations qui se déroulent entre son père et ses patients dans cet espace feutré. Il y a Gabin, dont la mère a des bouffées délirantes, Ella qui souffre de phobie scolaire, madame Huguenot qui raconte sa vie mortellement ennuyeuse, Margaux qui se scarifie…

C’est un roman qui m’a fait sourire, et qui m’a beaucoup émue… Les mots de Marie-Aude Murail déroulent une ribambelle d’émotions au fil des pages. C’est une belle lecture, humaine. Et l’auteure parvient peu à peu à orchestrer une atmosphère mystérieuse autour de Sauveur et de ses origines familiales. On s’attache immédiatement à Lazare, ce petit métis au nom de gare, qui n’a que huit ans et qui, pourtant, comprend beaucoup plus de choses que les adultes… Et on éprouve tant d’empathie pour Sauveur, ce psychologue au passé douloureux, qui, jour après jour, écoute ses patients et aimerait pouvoir les sauver, les délivrer. En fait, chaque personnage secondaire a de l’épaisseur psychologique et de l’importance dans le récit. A la fin, je n’ai qu’une hâte : dévorer la saison 2 !!

Un grand merci aux éditions de L’école des loisirs, qui m’a permis de découvrir ce très beau roman. Il plaira assurément à mes collégiens, qui étaient déjà très intrigués par la couverture…

***

« On ne sauve pas les gens d’eux-mêmes, Lazare. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s’il le veut, s’il le peut. »

« Est-ce que les secrets qui vous entourent de leurs nuées vous empêchent de vivre, de grandir, d’aimer ? C’était la question qu’il se posait à propos de chacun de ses patients, Ella, Margaux, Blandine, Cyrille, Lucile, Marion, Elodie, Gabin. Ont-ils, avons-nous, besoin de tout savoir ? »