Cassandre Lambert – L’Antidote mortel ***

Didier Jeunesse – 2021 – 544 pages

*

L’Antidote mortel est un roman choral dense, où 3 personnages prennent la parole à tour de rôle au fil des chapitres.

Whisper, une princesse qui aura bientôt 18 ans et que personne n’est autorisé à voir. Enfermée au château, elle ne voit que son père le tyran – et son obsession morbide de la cacher aux yeux du monde – et sa gouvernante qui lui apprend à se comporter comme une princesse. Sa mère est mourante… Depuis le jour de sa naissance. Lorsque son père lui annonce qu’il compte la marier de force le jour de ses 18 ans, Whisper s’enfuit.

Eden, une orpheline hantée par son passé et qui ne vit que pour accomplir sa vengeance

Jadis, un jeune paysan au physique singulier qui a un don incroyable… Il parvient à s’attirer la sympathie des animaux, à entrer en communion/communication avec eux. Sa tante lui confie une fiole mystérieuse qu’il est censé apporter en personne à la reine pour la guérir de ses maux…

Ces 3 personnages partent en quête de quelque chose, ils quittent la vie qu’ils ont toujours connu. Et ils ont chacun un secret

Un roman décapant, au rythme intense – un roman d’aventure et d’initiation qui se dévore. Les personnages sont attachants ; l’écriture est fluide et l’intrigue rondement menée. La lecture devient vite addictive ! Merci à Mes première 68 de m’avoir fait découvrir cette jolie pépite qui flirte avec le surnaturel, je serais sinon passée à côté.

Marie Reppelin – La Carte des confins ***

Pocket Jeunesse – 2021 – 456 pages

*

Blake est un pirate célèbre, tout jeune capitaine de L’Avalon… Il est à la recherche d’un compas marin magique qui lui permettrait de trouver la mystérieuse carte des Confins qui, une fois en sa possession, lui donnera accès à un monde fabuleux.

Lorsque nous faisons connaissance avec le pirate fougueux, il a rendez-vous avec un receleur qui doit lui vendre le fameux compas… Un receleur qui se trouve être une surprenante jeune femme à la chevelure flamboyante et au caractère bien trempé, avec laquelle il n’est pas si simple de négocier…

La rencontre entre Blake et Callie marque le début de ce roman très prometteur! Encore une fois, Mes Premières 68 me fait sortir de ma zone de confort avec ce roman mêlant piraterie, magie et aventure.

La Carte des Confins est un roman à deux voix ; les chapitres alternent les voix de Callie et de Blake. L’écriture est fluide et l’intrigue terriblement prenante! Les rebondissements sont nombreux, les dialogues savoureux, et l’humour souvent au rendez-vous. Je me suis rapidement attachée aux deux personnages principaux et je me suis régalée avec ce roman d’aventure.

Aurélie Massé – Cette nuit-là ***

Editions Slalom – 2021 – 384 pages

*

Le roman d’Aurélie Massé est ma première lecture dans le cadre de la 3e édition de Mes Premières 68 ! Cette nuit-là est un roman choral qui m’a littéralement scotchée. En l’espace de quelques pages, j’ai été happée par les voix de ces adolescents qui se succèdent. Chacun a son petit secret inavouable. La belle et gracieuse Agathe, qui glisse un soupçon de vodka dans sa bouteille d’eau, pour se sentir vivante ; Jav et sa malice inaltérable, Eden aux cheveux incandescents et son mal-être, Alex le studieux, Sarah et son obsession de la maigreur… Dans six mois, ils ont le bac ; après, chacun empruntera une direction différente. Le temps d’une nuit, tout leur petit monde vole en éclats. Tout commence par la vitre étoilée, la neige, le sang sur les mains…

Cette nuit-là est une lecture qui lacère le coeur, qui noue le ventre, à coup de chapitres courts et incisifs – l’écriture, tour à tour tranchante et sensuelle, convoque les cinq sens. En une nuit, le peu d’enfance et d’innocence qui restait en eux se fait la malle. A lire !

Éléonore Devillepoix – La Ville sans vent **

Hachette – 2020 – 448 pages

*

Hyperborée, la cité des mages. La ville sans vent, où l’on peut pratiquer la magie, où l’on peut se déplacer à dos de tortues géantes. Hyperborée, qui s’étend sur sept niveaux. Au septième niveau se trouvent les mages…

Sortant victorieux de sa soutenance pour devenir mage, Lastyanax vient de perdre son ex-mentor, vraisemblablement assassiné en pleine rue. Il a toutes ses chances pour le remplacer en tant que ministre. Quant à Arka, elle débarque à Hyperborée à la recherche de son père, qu’elle n’a jamais connu, dont elle sait seulement qu’il est mage. Le chemin des deux héros va se croiser, pour le meilleur et pour le pire. Lastyanax enquêtant sur le meurtrier de son mentor et Arka sur l’identité de son père.

Les 200 premières pages, je suis un peu dubitative, je m’ennuie, lis un peu en diagonale. Il faut dire que la fantasy n’est pas mon genre littéraire de prédilection. Mais je finis par m’attacher à ces deux personnages un peu vilains canards ; l’humour me plaît et l’intrigue se révèle prenante. Une lecture surprenante qui m’a fait sortir de ma zone de confort et qui plaira certainement à tous les amateurs du genre.

Pierre-François Kettler – Je suis innocent ***

61WmhAQn0SL

Talents Hauts – mars 2020 – 256 pages

*

Jean a sept ans et le coeur innocent. En rwandais, il se nomme Munyangoma, « celui qui frappe du tambour ». Ce jour de janvier 1994, c’est son anniversaire, il joue avec sa sœur Agathe dans les marais – elle lui révèle ses secrets.

Au fil des chapitres, Jean prend la parole et nous raconte son histoire. Celle de son pays – celle du jour où les hommes sont devenus fous. Ses mots claquent dans l’obscurité, résonnent avec pureté, clarté. Ils révèlent toute l’innocence et la candeur d’un enfant qui s’apprête à découvrir l’horreur d’un génocide.

Les accords d’Arusha, la France… Jean perçoit le chaos et la tension dans les voix des adultes, lorsqu’ils prononcent ces mots. On peint des croix blanches dans la nuit sur les portes de certaines familles. « Inyenzi! » La chasse aux Tutsis est lancée…

Et puis, il y a ce matin d’avril 1994. Où des coups retentissent à la porte de leur maison. Où sa mère lui ordonne de rester caché. Où sa famille disparaît ; Jean ne comprend pas sur le moment qu’ils ont tous été assassinés. Sa maison est pillée. Et cette phrase qui va revenir désormais comme un refrain « Il faut que je vive ! » – en souvenir des derniers mots de sa mère.

« Un mamba me sauve la vie. Je suis un enfant. Je ne comprends rien à la vie. Je suis vivant. »

Je suis innocent, c’est le regard d’un enfant sur le génocide des Tutsis qui a meurtri le Rwanda. Un regard qui comprend sans comprendre. L’enfance ne peut pas accepter ce qu’il se passe ; alors Jean trouve des métaphores pour digérer le réel ; ces corps ensanglantés, privés de leurs membres sont comme des poissons, des sacs, baignant dans le jus de maracujas… Et dans ses rêves, son frère Aristophane apparaît et l’aide à survivre.

Je suis innocent est un récit poignant, terrifiant – l’innocence incarnée se retrouve dépouillée par la pire des abominations. Un roman que je lis en apnée, séduite par l’écriture dépouillée, empreinte de poésie et de candeur malgré l’horreur.

« Je suis un enfant. Je suis fou. Je ne suis pas fou. Je suis vivant. »

Estelle-Sarah Bulle – Les fantômes d’Issa ***

9782211305440

L’école des loisirs – janvier 2020 – 128 pages

*

Issa a 12 ans, la peau chocolat, de longues tresses jusqu’aux fesses, quelques poignées d’amour et un secret qui l’étouffe et la fait cauchemarder depuis quatre ans. Pour tenter de s’en libérer, l’adolescente décide d’écrire un journal ; être enfin honnête avec elle-même et raconter par le début l’histoire de ce sombre secret, qu’elle n’ose révéler à personne, et surtout pas à ses parents.

Issa a la chance d’avoir une véritable amie depuis quelques mois, Charline, qui est tout son contraire ; elle a un an de plus et c’est la fille la plus libre, la plus « capée » qu’elle connaisse. Elle fume comme un pompier et se fiche des apparences. Quant à Issa, son style girly masque un grand manque de confiance en elle et une timidité. Les autres ne s’approchent pas trop d’elle.

Voici un petit roman que j’ai dévoré le temps d’une après-midi volée. Une écriture concise et limpide et une héroïne tourmentée et solitaire, qui devient vite attachante. Un très joli roman jeunesse, une intrigue toute simple mais efficace qui m’a captivée et chamboulée.

***

C’est avec Les Fantômes d’Issa que je termine l’aventure de Mes Premières 68 ! Une belle aventure qui m’a offert la lecture de jolies pépites… Cliquez sur les liens ci-dessous pour retrouver l’ensemble de mes chroniques.

 

mespremires68