Claire Fuller – Un mariage anglais ***

9782253237600-001-T

Le Livre de Poche – 2019 – 432 pages

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Londres, fin des années 70. Ingrid tombe amoureuse de Gil, son professeur d’écriture à l’université. Après 15 ans et 2 enfants, Ingrid disparaît sans laisser de traces, sinon une série de lettres cachées une à une dans la collection de livres de son mari.

Depuis toujours, Gil n’est pas tant fasciné par l’auteur que par le lecteur, la vie du lecteur. « Un livre ne prend vie que lorsqu’il entre en interaction avec un lecteur. » Il collectionne les traces de vie du lecteur dans les livres qu’il achète d’occasion, se passionne pour les notes griffonnées dans la marge, les papiers et tickets glissés entre les pages…

Les premières lettres débutent un mois avant la disparition d’Ingrid et racontent leur rencontre, l’histoire de leur couple se dessine et la vérité émerge peu à peu. Le vernis s’écaille, les mensonges et les trahisons sont mis en lumière.

Le roman alterne le présent – dix ans après la disparition d’Ingrid, lorsque Gil fait une chute dans les rochers après avoir cru apercevoir sa femme – et le passé grâce aux lettres.

Une lecture hypnotique, à la prose efficace et évocatrice, dont on a du mal à se défaire et qui nous délivre sans fard l’histoire du lent naufrage d’un couple, décrivant et analysant avec acuité et finesse la complexité des émotions et la façon dont une femme se retrouve emprisonnée dans sa vie de mère et d’épouse. Un mariage anglais est un roman fascinant dont j’ai beaucoup aimé la construction narrative.

Au fil des pages, si on comprend les raisons qui poussent Ingrid à disparaître, le mystère ne fait que s’épaissir malgré tout. Ingrid s’est-elle noyée ? Ou bien s’est-elle enfuie délibérément, quittant cette vie de famille oppressante et ce mari toujours absent ?

Rita Falk – Très vite ou jamais ***

9782210962736-g

Éditeur : Magnard Jeunesse – avril 2016 – 224 pages

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Lorsque l’on tombe dans le coma, soit l’on en sort très vite, soit jamais… Ce sont les mots que Jan entend, lorsque Nils, son ami d’enfance, se retrouve dans le coma à la suite d’un accident de moto à l’âge de vingt-et-un ans – à cet âge-là, on est censé avoir la vie devant soi… Alors, chaque jour, Jan se rend au chevet de son ami et lui parle. Il va également se mettre à lui écrire des lettres, qu’il projette de lui faire lire à son réveil.

Dans ses lettres, Jan raconte son quotidien au Nid de coucous, l’hôpital psychiatre dans lequel il travaille, sa petite routine, la vie qui continue. Les mots de Jan sont teintés d’une bonne dose d’auto-dérision et d’humour, sans pour autant nuire à l’émotion du lecteur. On se prend peu à peu d’affection pour ce personnage qui garde espoir malgré tout et qui reste fidèle à son ami, alors même que ses proches semblent se déchirer et venir de moins en moins. Un roman jeunesse écrit avec simplicité dont la fin est prévisible, mais qui m’a faire sourire et m’a touché. *Mention spéciale pour le personnage de Sœur Barbara, extra !

Merci à Claire, du blog La tête en Claire, pour m’avoir fait découvrir ce roman !