Bérengère Cournut – Née contente à Oraibi ****

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Le Tripode – 2016 – 304 pages

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Mon premier roman de l’autrice, découvert dans le cadre du challenge #LEteIndienEnLecture lancé par Aurore @papiercrepon sur Instagram.

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Née contente – alias Tayatitaawa – est une jeune amérindienne qui doit son prénom au rire qu’elle a fait retentir à sa naissance, lorsqu’on l’a présentée au soleil. Elle vit sur les terres arides de l’Arizona et appartient au peuple hopi, et plus particulièrement au clan du Papillon.

Tayatitaawa nous raconte son quotidien et celui de son peuple, rythmé par les cérémonies, les rites, les prières, la danse des esprits ; elle nous partage ses balades avec son père qui lui apprend tout de la nature, ensemble ils observent les aigles, les faucons, les serpents.

A travers ce singulier roman initiatique, Bérengère Cournut nous offre un fascinant voyage au cœur de la culture hopie ; nous découvrons son histoire, ses racines, ses légendes… Grand-Mère Araignée, le voyage de Tayatitaawa dans son paysage intérieur, les traversées des canyons arides et caniculaires, la Maison des morts, les Deux-Cœurs, les hommes et femmes-médecines… Un voyage sublimé par les photographies disponibles en fin d’ouvrage.

Je suis tombée complètement sous le charme de cette lecture immersive qui nous dépayse complètement. L’héroïne est touchante dans son apprentissage de la vie, je me suis prise d’affection pour elle. J’ai lu les derniers mots de son récit presque à regret, me sentant tout à coup orpheline de ce monde dans lequel l’autrice nous a immergé pendant quelques trois-cent pages.

Coup de cœur  ❤

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Comme à chacun de mes retours, mon coeur se remplissait de joie à la vue du relief particulier de la Troisième Mesa. A mesure que je m’approchais de notre village, l’horizon reprenait sa forme « exacte », celle que j’avais toujours connue, comme pour me dire : « Tu es d’ici, et de nulle part ailleurs. »

Eric Pessan & Patricia Cartereau – La Hante ***

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Éditeur : L’Atelier contemporain – Date de parution : 2015 – 145 pages

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La Hante est un recueil de textes sur le thème la chasse et l’imaginaire qui se déploie dans son sillage, les fantasmes qui lui sont associés – cette magie du sauvage. Eric Pessan puise son inspiration dans les récits mythologiques, Ovide, les contes et légendes et traduit à merveille l’univers bestial, la forêt, ses mystères et sa sauvagerie.

La forêt nous apparaît d’ailleurs comme un personnage à part entière. L’instant d’avant enchanteresse, l’instant suivant dangereuse. Elle demeure insaisissable.

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Dans ces récits, on croise un homme qui se réveille dans la peau d’un gibier – « Tu t’es endormi homme, tu t’es réveillé gibier. » – un autre qui craque en pleine forêt. Il y a ceux qui se perdent dans cette forêt devenue comme « une langue étrangère » ou « une longue phrase qu’ils ne savent pas lire. » Et cette enfance qui transgresse les règles ; car la chasse c’est ce domaine réservé aux adultes, qui intrigue les enfants et les pousse à la transgression.

L’auteur explore le point de vue humain, mais aussi animal ; nous nous retrouvons ainsi dans la peau et la tête d’un sanglier ; sentant son cœur battre, le sang pulser dans ses veines.

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Un recueil de textes plus ou moins brefs servis par une plume à la fois poétique et sensuelle où le sauvage et la liberté l’emportent toujours. Les illustrations à l’encre de Patricia Cartereau viennent épouser et sublimer les mots d’Eric Pessan. Dégageant quelque chose de magnétique, elles suggèrent la métamorphose et donnent naissance au surnaturel.

Lu dans le cadre d’une masse critique Babelio.

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