Hélène Duvar – Mon Eden **

mon éden

Le Muscadier – juin 2019 – 216 pages

*

Erwan ne parvient pas à se remettre du suicide de sa sœur jumelle, Eden. Depuis sa mort, il n’a plus goût à rien, reste vautré chez lui, ne répond plus à ses amis. Et surtout, il ne comprend pas pourquoi elle a fait ça ; il cherche à comprendre le geste d’Eden, et ça le rend lentement fou. Et puis, un soir, il tombe sur le journal intime que sa sœur tenait. Lui qui pensait la connaître, il a soudain l’impression de lire les mots d’une étrangère. Et qui se cache sous l’initiale D ? Qui a brisé le cœur de sa sœur ? Erwan va passer par toutes les étapes du deuil jusqu’au moment où il sera prêt à accepter la réalité.

La narration est entrecoupée de pages du journal intime d’Eden et d’articles issus de sites Internet sur le suicide, la gémellité.

L’écriture d’Hélène Duvar ne m’a pas franchement transcendée, je l’ai trouvée assez enfantine et plaintive… Et pour mon plus grand désarroi je suis demeurée hermétique aux émotions pourtant intenses qui traversent Erwan. J’ai eu beau chercher, les mots ne m’ont transmis aucune émotion… c’est peut-être le côté très bavard de ce roman qui m’a dérangée ; bref, cette lecture ne m’a pas convaincue.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres lectures à me conseiller sur le sujet ?

***

« Eden. J’ai perdu mon ombre, mon double. J’ai perdu mon autre moi, mon reflet, mon miroir. »

***

mespremires68

Sasha Marianna Salzmann – Hors de soi **

9782246815341-001-t

Grasset – janvier 2019 – 400 pages

*

Alissa alias Ali se retrouve à Istanbul, à la recherche de son frère jumeau Anton, disparu depuis plusieurs mois ; le seul signe de vie qu’il a donné est une carte postale en provenance de cette ville.

Ali squatte chez l’oncle Cemal et arpente les ruelles de Sultanhamet, à la recherche de ce frère disparu. Lorsqu’elle se regarde dans un miroir, elle a l’impression de voir ce frère jumeau avec lequel elle avait une relation très fusionnelle. La jeune femme semble également à la recherche d’elle-même, de son identité sexuelle.

Certains chapitres nous font remonter le temps. On suit la famille Tchepanov quittant Moscou pour Berlin.

J’ai eu un peu de mal à accrocher au début de ce roman ; l’auteure passe d’un personnage à un autre sans prévenir et sans expliciter tout de suite les liens qui les unissent à Alissa… C’est en relisant la liste des personnages en début de roman que je comprends qu’il s’agit du passé des arrières-grands-parents et des grands-parents des jumeaux. De leur enfance à leur maturité, tout est raconté plus ou moins dans les détails. Trop de détails qui alourdissent la lecture…

Hors de soi est un roman qui m’a totalement déroutée et laissée sur le bas coté… Je me suis perdue dans les méandres du passé de cette famille d’immigrés russes, mais j’ai cependant pris plaisir à déambuler dans les rues stambouliotes avec Ali.

Sophie Adriansen – Lise et les hirondelles ***

9782092576069

Nathan – 2018 – 176 pages

*

En cet été 1942 à Paris, Lise Bimbam est une jeune adolescente de treize ans. Cela fait deux ans déjà que les Allemands occupent la capitale. Sur sa robe-chemise, l’étoile jaune s’épanouit parmi les fleurs du tissu. Dessus est inscrit « JUIF » comme un avertissement, un blâme. Ses parents ont été contraints de fermer leur atelier de couture. Les juifs ne peuvent plus tenir de commerce. Depuis que deux officiers allemands l’ont repéré, la jeune fille se cache dans la buanderie de leurs voisins, les Juillard. Peu de temps après, ses parents et ses frères se font arrêter.

Moi qui ne suis habituellement pas férue de romans qui se déroulent pendant la Seconde Guerre mondiale, j’ai tout de suite accroché avec ce roman, lu avec plaisir et émotions.

Lise est une héroïne attachante, au caractère affirmé. Une adolescente éprise de lecture – elle lit et relit Les Misérables – et plutôt mâture pour son âge – bien obligée de grandir avant l’heure. Sans nouvelles de ses parents, elle continue d’espérer« Si je cesse d’espérer, je cesse de vivre. » Les hirondelles ne cessent de la fasciner. « C’est un miracle de la nature qu’avec de si maigres réserves, un oiseau de vingt grammes puisse parcourir une si longue distance, traverser tant de pays, voler ainsi au-dessus de la mer et du désert. Un miracle, et un exemple dont je dois m’inspirer. » 

Lise et les hirondelles est un roman très juste, qui file la métaphore de l’hirondelle et où aucun mot n’est de trop ; une écriture sensible et forte ; l’émotion finit par me gagner, les yeux par me piquer. Sophie Adriansen aborde les thèmes de la guerre, l’occupation et la déportation avec justesse dans ce roman très accessible pour les plus jeunes et qui leur parlera certainement beaucoup.

***

« Comme les oiseaux, nous avons des racines. Et si les racines partent en fumée? Rien ne nous empêche de continuer à les faire pousser – mais à l’intérieur. »