Hélène Duvar – Mon Eden **

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Le Muscadier – juin 2019 – 216 pages

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Erwan ne parvient pas à se remettre du suicide de sa sœur jumelle, Eden. Depuis sa mort, il n’a plus goût à rien, reste vautré chez lui, ne répond plus à ses amis. Et surtout, il ne comprend pas pourquoi elle a fait ça ; il cherche à comprendre le geste d’Eden, et ça le rend lentement fou. Et puis, un soir, il tombe sur le journal intime que sa sœur tenait. Lui qui pensait la connaître, il a soudain l’impression de lire les mots d’une étrangère. Et qui se cache sous l’initiale D ? Qui a brisé le cœur de sa sœur ? Erwan va passer par toutes les étapes du deuil jusqu’au moment où il sera prêt à accepter la réalité.

La narration est entrecoupée de pages du journal intime d’Eden et d’articles issus de sites Internet sur le suicide, la gémellité.

L’écriture d’Hélène Duvar ne m’a pas franchement transcendée, je l’ai trouvée assez enfantine et plaintive… Et pour mon plus grand désarroi je suis demeurée hermétique aux émotions pourtant intenses qui traversent Erwan. J’ai eu beau chercher, les mots ne m’ont transmis aucune émotion… c’est peut-être le côté très bavard de ce roman qui m’a dérangée ; bref, cette lecture ne m’a pas convaincue.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres lectures à me conseiller sur le sujet ?

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« Eden. J’ai perdu mon ombre, mon double. J’ai perdu mon autre moi, mon reflet, mon miroir. »

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Nikki Gemmell – La Mariée mise à nu ***

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Le Livre de Poche – 2008 – 384 pages

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Une femme disparaît et c’est un membre de sa famille qui tombe sur son journal intime, le manuscrit sur lequel la jeune femme travaillait avant de mourir. Ces écrits, on a failli les effacer. Et puis finalement, on se ravise.

Dans ce journal, la jeune femme trentenaire raconte son mariage au quotidien, avec Cole. A travers 138 leçons/chapitres, elle y révèle le moindre de ses fantasmes et ses frustrations ; elle y analyse l’amour et le désir sous toutes leurs coutures, faisant voler en éclats son image d’épouse parfaitement heureuse, irréprochable.

Un journal écrit à la deuxième personne du pluriel – un « vous » qui cherche forcément à nous interpeller, à nous déranger et qui nous oblige à nous mettre à sa place, à se projeter en elle. Sans aucune censure, c’est l’intimité d’une femme, ses pensées les plus secrètes qui nous sont dévoilées – elle se met à nu. L’écriture est pour elle comme un miroir dans lequel elle se regarde, sans fard, sans artifice. « Personne n’a la moindre idée de ce qui bouillonne en vous, une vie secrète. »

Pour reprendre les mots de Vita Sackville-West, cette femme est comme un iceberg ; son mari et ses amis n’ont accès qu’à la partie émergée, ils n’ont pas la moindre idée de l’immensité qui se trouve immergée sous l’eau.

Un roman troublant et dérangeant, éminemment intelligent.

Une vraie claque.

Ari Folman & David Polonsky – Le Journal d’Anne Frank ****

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Éditeur : Calmann Levy – Date de parution : octobre 2017 – 162 pages

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Ce roman graphique est une adaptation du Journal d’Anne Frank de grande qualité. Quelques libertés sont prises dans la transformation du texte en image ; des morceaux entiers du journal sont retranscrits aux côtés de bulles de bande dessinée.

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Si j’ai lu le journal quand j’étais au collège – j’avais l’âge d’Anne Frank – je me suis rendue compte au cours de ma lecture de la BD que j’avais oublié des passages entiers… J’ai également pris conscience de la force et de la poésie qui se dégagent des mots et des réflexions d’Anne. Pour son âge, la jeune fille fait preuve d’une étonnante maturité et d’une incroyable lucidité sur sa condition.

Les dessins m’ont tout de suite plu, ils retranscrivent tellement bien l’humour et l’émotion dont fait preuve l’adolescente, nous offrant une belle mise en lumière du tempérament d’Anne – cet âge adolescent où l’on se sent en rébellion contre le monde entier. Ces envies d’être ailleurs, et cette rage envers les autres, la vie. Et pourtant, Anne doit attendre que le monde extérieur retrouve la raison, se taire toute la journée et rester cloîtrée dans l’Annexe, tout en cohabitant avec des inconnus.

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C’est un très bel hommage au texte original grâce auquel je redécouvre une Anne Frank féministe, révoltée contre l’injustice, en quête d’indépendance & d’émancipation, qui n’a pas sa langue dans sa poche. Un roman graphique sublime, qui a su m’émouvoir tout autant que me faire rire.

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