Shiga Izumi – Quand le ciel pleut d’indifférence ***

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Éditions Picquier – mars 2019 – 125 pages

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Deux semaines après la catastrophe de Fukushima, un homme se promène dans sa ville natale, située à quelques kilomètres du lieu du drame. Les rues sont absolument désertes. Lui, a choisi de rester. Il se retrouve devant la porte d’une maison et ses souvenirs resurgissent, sans crier gare. La catastrophe a déjà eu lieu pour lui, c’était il y a trente ans, l’été de ses onze ans.

Il se souvient de Misuzu, une camarade d’école nouvellement arrivée de Tokyo. Il se souvient des grenouilles, qu’il a exterminées par dizaines. Et de ce paon, sublime emblème de son passé. Cet oiseau divin qui empêche le mal en absorbant le venin.

Pourquoi cet homme n’a-t-il pas fui comme les autres habitants ? Que cherche-t-il dans ces rues désertées aux effluves radioactives qui ne sont plus peuplées que par les fantômes du passé ?

Il plane une ambiance de fin du monde, le narrateur déambule dans une ville post-apocalyptique ; si Fukushima n’avait pas vraiment eu lieu, on se serait cru dans un roman de science-fiction.

Passé et présent cohabitent et se confondent dans ce singulier roman. L’homme erre de rues en rues et le passé surgit au coin d’un immeuble, au détour d’une rizière. « La mémoire n’était pas dans ma tête, elle était au bord de la route, elle était au détour d’une rue. »

Un beau roman japonais sur la mémoire, la culpabilité, la responsabilité. Le paon se matérialise comme métaphore de l’énergie nucléaire. Dans son esprit s’établit le parallèle entre l’accident d’il y a trente ans et celui de Fukushima, interrogeant la responsabilité humaine – le paon, cet oiseau censé être divin, qu’il a nourri jusqu’au drame… Et le nucléaire, censé être l’énergie de l’avenir, porté aux nues, qui n’a apporté que destruction« Nous avons détruit notre avenir au nom de cette illusion ».

Sophie Divry – Trois fois la fin du monde **

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Éditeur : Notabilia – Date de parution : août 2018 – 240 pages

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Joseph Kamal se retrouve en prison après un braquage qui tourne mal ; son frère y trouve la mort. Inculpé pour complicité, il est incarcéré à la prison de F. Exiguïté de la cellule, puanteurs des couloirs, violences quotidiennes… C’est un véritable enfer. Gardes et détenus rivalisent de violences et d’humiliations. L’explosion d’une centrale nucléaire va le libérer de ce cauchemar.

Le jeune homme, transfiguré par la prison, trouve refuge dans une cabane au fond des bois, seul au milieu de l’immensité végétale. En pleine zone contaminée. Après la violence de l’enfermement, Joseph découvre l’intensité de la solitude et trouve réconfort et affection auprès d’un mouton et d’un chat.

Le silence de cette nature dépeuplée, de nouveau rendue à la sauvagerie, dépourvue de toute présence humaine, a quelque chose de fascinant. Ces maisons abandonnées telles quelles. Joseph tente de s’oublier dans la nature et l’accomplissement de ses tâches, jour après jour. Il tente de maintenir à distance l’angoisse. Mais la solitude va peu à peu le submerger, jusqu’à la folie… 

Un roman qui avait tout pour me plaire : une fin du monde, une immersion en pleine nature… Et ce Robinson Crusoé d’un nouveau genre m’intriguait. Mais je n’ai pas accroché plus que cela. J’ai cherché en vain l’émotion et suis restée bien hermétique à la poésie que l’on m’avait tant vantée.