Christelle Dabos – Les Disparus du Clairdelune ***

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Éditeur : Folio – Date de parution : mars 2018 – 704 pages

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Nous retrouvons la jeune et maladroite Ophélie. Avec son écharpe têtue qui ne veut plus lâcher sa jambe… et sa petite voix frêle. Fiancée de Thorn, ce grand échalas qui ne souhaite l’épouser que pour s’approprier son don de liseuse. Au début de ce deuxième tome, Ophélie rencontre enfin l’esprit de famille – Farouk pose ses yeux bleus presque blancs sur la jeune fille et la nomme vice-conteuse…

Son mariage avec Thorn approche à grands pas et des nobles se mettent à disparaître à la cour… Pour plus de sûreté, Ophélie est envoyée aux Sables-d’Opale pour se reposer et attendre l’échéance du mariage. Elle y reçoit sa deuxième lettre de menace, anonyme. Pourquoi son union avec Thorn est-elle autant crainte? Aux côtés d’Archibald, l’ambassadeur de la Citacielle, Ophélie va mener l’enquête

Un deuxième tome tout aussi addictif que le premier et qui, malgré ses presque 700 pages, se dévore avec délectation ! Je suis toujours aussi impressionnée par l’imagination incroyable de Christelle Dabos. Mais les derniers mots me laissent sur ma faim… il va falloir que je me procure rapidement le troisième tome afin de poursuivre les aventures de ces personnages toujours plus attachants… (même le ténébreux Thorn devient attachant et sympathique à mes yeux).

C.S. Lewis – Les Chroniques de Narnia – Tome 1 : Le Neveu du Magicien ***

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Éditeur : Folio Junior – Date de parution : 2005 – 210 pages

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J’avais laissé quelque peu en plan ma participation au challenge des 100 livres ces derniers temps…! Mais je me reprends, avec le premier tome des Chroniques de Narnia… Qui date de 1955, c’est drôle, j’imaginais cette saga beaucoup plus récente !

Polly Plummer trouve que la vie est bien morne et grise à Londres, et elle a tendance à s’ennuyer ferme. Mais un jour, elle fait la connaissance de son nouveau voisin Digory, qui vit avec sa mère gravement malade chez un vieil oncle au comportement très étrange et au regard inquiétant. Cherchant à percer le mystère d’une maison vide, en passant par un tunnel dans les combles, les deux enfants se retrouvent dans le cabinet de travail interdit de l’oncle Andrew… Il va leur faire essayer à chacun une bague magique qui les enverra dans un autre monde

Comme avant de plonger dans l’univers de La Passe-Miroir, j’avoue avoir eu quelques réticences bien vite été balayées ! Guidée par la voix d’un narrateur qui aime souvent s’adresser au lecteur et prendre certaines libertés dans la narration des événements, j’ai découvert la plume de C.S. Lewis et je me suis laissée emporter.

Polly et Digory – enfants un peu trop ordinaires auxquels je n’ai pas réussi à m’attacher – vont faire des rencontres tout à fait extra-ordinaires : la Reine Jadis, le Lion Aslan qui chante et fait naître, par son chant, une nature luxuriante et des étoiles dans le ciel… Qui donne vie à tout un monde, où les animaux sont doués de paroles…

Un monde empreint de magie, et d’inventions, de créatures issues d’un imaginaire délicieusement débridé – sur la terre de Narnia, les enfants plantent un caramel dans la terre et pendant la nuit il pousse un arbre à caramels… Un monde qui m’a rappelé l’univers des contes – avec des notions de transgressions, de conditions à respecter et de missions à réaliser, comme sous la forme d’un apprentissage, d’un cheminement. Les héros ont des missions à accomplir et un destin à choisir.

Un roman intelligent qui, s’il semble léger au début, met cependant en relief un certain nombre de réflexions sur les êtres humains, la terre et leur destinle mal… C’est un roman jeunesse qui est loin d’être ordinaire et vide de sens – l’intrigue est riche d’interprétations, de références symboliques et religieuses, notamment à travers le discours et les mises en garde du Lion.

C’est un récit qui m’a fascinée et émue tout à la fois. L’auteur déploie une poésie de l’imaginaire terriblement séduisante et je me suis laissée envoûter par la voix du narrateur. Une lecture que j’ai terminée avec le sourire aux lèvres et l’envie de découvrir les autres tomes…!

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« C’est une histoire qui s’est passée il y a très longtemps, à l’époque où votre grand-père était un petit garçon. Une histoire très importante car c’est elle qui permet de comprendre comment les échanges entre notre monde et le pays de Narnia ont commencé. »

« Vous savez ce que c’est quand vous commencez à croire à ce que vous espérez du fond du cœur, vous luttez contre cet espoir, car ce serait trop beau pour être vrai ; vous avez déjà été si souvent déçu… »

« Le Lion ouvrit la gueule mais nul son n’en sortit ; il exhala un long souffle tiède qui fit vaciller les bêtes comme le vent fait frissonner une rangée d’arbres. Beaucoup plus haut, au-delà du voile de ciel bleu qui les cachait, les étoiles recommencèrent à chanter, un chant épuré, froid, aride. »

Livre lu dans le cadre du Challenge des 100 livres !

8 / 71

Les 100 livres

Christelle Dabos – La Passe-miroir, Livre 1 : Les Fiancés de l’hiver ***

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Éditeur : Gallimard Jeunesse – Date de parution : 2013 – 517 pages

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Les Fiancés de l’hiver est le premier tome d’une saga littéraire on ne peut plus prometteuse… Mais j’avais un peu d’appréhension en débutant ma lecture car j’ai tendance à me méfier des bouquins qui provoquent autant d’engouement. De plus, ce n’est pas mon genre littéraire de prédilection !

Dans ce premier opus, on fait la connaissance d’Ophélie alors qu’elle traverse un miroir pour se rendre dans la maison des Archives familiales où travaille son oncle, l’archiviste animiste… Ophélie est une jeune fille aux cheveux en bataille, qui possède une petite voix fluette, une écharpe vivante et sommeillante autour du cou, des habits de grand-mère et des lunettes qui changent de couleur selon son humeur. Elle a le don de traverser les miroirs mais elle fait preuve d’une maladresse maladive. Elle travaille au musée d’histoire primitive et sait lire les objets avec ses mains : c’est une liseuse. Dès qu’elle pose les doigts sur un objet, Ophélie peut lire son histoire.

Dans le monde de Christelle Dabos, la terre s’est désagrégée en plusieurs arches. On voyage de l’une à l’autre en ballon dirigeable. Ophélie et sa famille vivent sur l’arche Anima, où les bâtiments sont capables de se mettre en colère et où les objets ont tous une histoire à raconter. Les écharpes tentent de vous étrangler et les objets cicatrisent tout seuls…

Après avoir refusé plusieurs prétendants, Ophélie se voit fiancée avec Thorn, un homme bourru, mutique et énigmatique, qui ressemble à un ours avec sa fourrure blanche sur les épaules ; un homme du Pôle. Sa vie va prendre une tournure différente, car elle doit partir vivre avec lui, à la Citacielle, un monde qu’elle découvrira sans pitié, mesquin, sur lequel règnent les illusions les plus folles et où il faut faire attention à qui l’on offre sa confiance. Un monde dans lequel elle devra cacher sa véritable identité, sans savoir pourquoi…

Je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de découvrir ce monde riche et foisonnant… Qui fut une étonnante et belle découverte pour moi.

Peu à peu je me suis laissée emporter et charmer par cet univers de folie douce… Les personnages ont pris vie sous mes yeux : Berenilde la tante acariâtre et amoureuse, Thorn l’énigmatique fiancé, Renard le valet dévoué… Je me suis particulièrement attachée à l’héroïne, avec son fort caractère et sa perception sensible du monde. L’écriture de Christelle Dabos m’a complètement ferrée, elle a quelque chose d’incroyablement addictif. L’auteure déploie une imagination folle, c’est un vrai délice. On tourne les pages à toute allure pour en savoir plus, et connaître la suite. J’ai littéralement dévoré ce joli pavé ! Un roman jeunesse de grande qualité.

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« On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère. Le bâtiment des Archives familiales, par exemple, était continuellement de mauvaise humeur. »

« Ophélie regarda en contrebas et aperçut l’ombre des remparts, des arcades et des tours. C’était vertigineux. Il y avait même une aire de dirigeables ! Elle essuya du gant la buée qu’elle avait déposée. Alors qu’elle saisissait un morceau de nuit à travers les dentelles de givre et les stalactites, elle retint sa respiration. D’étranges tourbillons laissaient des traînées de couleur au milieu des étoiles. C’était cela, une aurore boréale ? »

« Mais son regard, lui, ne redeviendrait jamais comme avant. A force de voir des illusions, il avait perdu les siennes et c’était très bien comme ça. Quand les illusions disparaissent, seule demeure la vérité. »