Nathalie Bernard & Frédéric Portalet – D.O.G ***

Editions Thierry Magnier – 2020 – 320 pages

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Valérie Lavigne est lieutenant-détective au SPVM, la police de Montréal ; elle dirige la section des disparitions de mineurs et enquête actuellement sur deux disparitions d’adolescents. Un soir, son patron l’appelle et lui demande de venir immédiatement ; une affaire vieille quelques dizaines d’années refait surface et touche la détective de plein fouet…

Parallèlement, Alicia Lavoie, quatorze ans, disparaît dans une partie désaffectée du RESO, la fameuse ville souterraine de Montréal… Juste avant, l’adolescente aurait joué au fameux jeu en ligne à la mode : Days of Grace. Un jeu vidéo qui rend accro les adolescents en leur soumettant des défis de plus en plus dangereux.

Dès les premières pages, la tension est palpable et l’intrigue est habilement construite ; parallèlement à l’enquête du détective Lavigne nous vivons l’enlèvement d’Alicia heure après heure. Et puis il y a cette mystérieuse ado, dont la voix est retranscrite en italique. Dont la mère n’est jamais là et qui semble livrée à elle-même. Qui peut-elle bien être ?

D.O.G est un véritable page turner – on ne peut s’empêcher de tourner les pages à toute allure, pour découvrir la suite. Angoisse et suspense sont de mise. Les chapitres sont courts et bien écrits, ils se dévorent et le récit devient vite addictif. Une réussite !

Sandrine Collette – Des noeuds d’acier **

9782253176015-001-T

Le Livre de Poche – 2014 – 264 pages

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L’Affaire Théo Béranger a défrayé la chronique au cours de l’été 2002. Théo n’avait rien d’un ange. Un homme qui avait la violence chevillée au corps. Qui juste avant les faits, venait de sortir de prison pour avoir massacré son frère.

La narratrice, dont on ne connaît pas l’identité nous livre le journal de Théo, qu’elle a eu entre les mains. L’homme y raconte sa fuite dans un petit village de campagne, ses longues balades dans la nature, conseillée par sa logeuse Mme Mignon. L’éclat dans ses yeux ce matin là quand elle lui recommande d’emprunter ce petit sentier pour accéder à une vue incroyable… Et puis la façon dont il tombe sur une vieille bâtisse éloignée de tout et sur deux vieillards. La façon dont il se retrouve assommé et enchaîné dans leur cave.

Un roman glauque qui me pétrifie de plus en plus au fur et à mesure que j’avance dans ma lecture. Arrivé au milieu, j’hésite même à abandonner. C’est lent et sordide à souhait et le sentiment de malaise qui s’installe en moi s’épaissit. Je n’ai qu’une envie, finir cette lecture au plus vite. La tension grimpe dans les dernières pages. L’angoisse aussi. Un captivity thriller très bien ficelé et efficace, à lire quand on a le moral !

Nathalie Bernard – Sept jours pour survivre ***

Sept-jours-pour-survivre

Thierry Magnier – 2017 – 272 pages

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A Montréal, Nita Rivière se fait enlever le jour de son 13ème anniversaire, alors qu’elle chemine vers son collège. La jeune amérindienne se réveille quelques heures plus tard dans une cabane perdue au coeur de la forêt canadienne enneigée… Seule face à son agresseur au regard empreint de folie.

Nous suivons en alternance l’enquête qui s’ouvre sur l’enlèvement de l’adolescente, menée par les agents Gautier Saint-James et Valérie Lavigne. Au début, les enquêteurs pensent à une fugue ; Nita en a tout à fait le profil : son père est en prison, elle s’habille de façon gothique, est accro à une célèbre série de zombies et adore photographier les édifices et lieux désaffectés, les plaques d’égouts.

7 chapitres comme 7 leçons de survie – leçons qui vont aider l’adolescente à garder espoir et à se battre au sein de cette nature dépeuplée et hostile pendant 7 jours. Forcément je pense à mes précédentes lectures, Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Terres fauvesLe thème de la nature et de la survie ne cesse de m’attirer dans ses filets ces derniers temps.

Très vite l’intrigue m’a captivée. Sept jours pour survivre est un thriller jeunesse d’une qualité rare, impossible à lâcher, dont le rythme est soutenu – on tourne les pages en frissonnant, la boule au ventre. C’est angoissant, haletant et très bien écrit. Sur fond de thriller, Nathalie Bernard évoque la problématique des disparitions de jeunes filles amérindiennes qui demeurent inexpliquées au Canada et dont les enquêtes sont trop souvent négligées et demeurent sans suite.