Coups de coeur littéraires – 2019

La fin de l’année approche… C’est l’heure des bilans. Dans mon petit carnet, je retrouve le titre de plus de 130 livres. Parmi eux, de très belles découvertes, et des coups de coeur.

De la littérature jeunesse, l’Amérique, toujours, les Amérindiens, un père sans enfant et des enfants sans parents, des histoires de deuil, quelque soi l’âge que l’on a, que l’on soit enfant, époux, père ou femme, un combat contre la maladie, les premiers émois adolescents, des personnages fascinants, adolescents ou trentenaires, des femmes fortes, qui se mettent à peupler ma mémoire, pour une durée indéterminée… Mon paysage littéraire en 2019 était étonnement riche et j’ai dévoré de jolies pépites.

Voici les 15 pépites qui m’ont marquée :

(Tous ne figurent pas sur la photo, certains ont été empruntés en bibliothèque ou prêtés)

Et vous, quels livres ont marqué votre paysage littéraire en 2019 ?

❤ ❤ ❤

Dans la bibliothèque de Kamilichat : TOP lectures 2018

Petite nouveauté cette année pour mon bilan… Je consacre une chronique entière aux lectures préférées de Kamilia en 2018 : autrement dit, je vous présente les livres qu’on lui a lu le plus souvent cette année…! Voici donc les 24 livres qui arrivent en tête de lecture chez nous.

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  • Parmi ses lectures fétiches, on retrouve les aventures de l’indétrônable Petit Ours Brun : les livres sonores ont sa préférence, ainsi que les imagiers représentant l’univers et les objets familiers de Petit Ours Brun (par contre, ils pourraient faire des livres plus solide, l’imagier de la maison commence à partir en lambeaux…)
  • On retrouve également toutes les aventures de Petit Lapin de Jörg Mülhe, qu’on A-D-O-R-E ! A chaque épisode, il s’agit d’accompagner Petit Lapin dans son activité : le mettre au bain, le préparer pour le coucher et lui soigner sa blessure. Kamilia connaît maintenant les gestes par cœur ! Elle fait plein de bisous au livre, souffle, tapote, caresse et compatis…
  • Chapacha, de Anaïs Massini. Un livre poétique, tout en jeux de mots, en sonorités…
  • Pip et Prune, de Axel Scheffler. « La Petite flaque » est la première aventure que nous découvrons ; les dessins sont adorables ils fourmillent de détails et on s’arrête un moment sur chaque double page.

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  • Fantou à la ferme, de Sophie Motte. Un collector, retrouvé dans mes propres livres d’enfant et que Chaton aime beaucoup : plein d’animaux à nommer et pointer du doigts, douceur des dessins et forcément, un chat.
  • A ce soir, de Jeanne Ashbé. L’auteure nous décrit, page après page, le quotidien de deux bébés à la crèche, le temps d’une journée. C’est devenu un classique, c’est LE favori de tous les temps, dont elle ne se lassera jamais. Et j’en suis aussi complètement amoureuse, il est empli de douceur, que ce soit dans le trait de crayon, les couleurs ou les mots. Chaque paragraphe est composé de rimes. Un vrai plaisir.
  • Emile a la grosse patate, de Vincent Cuvellier. Un album qui nous fait mourir de rire. La tronche d’Emile vaut son pesant de cacahuètes. Je craquerai certainement pour les autres tomes!
  • Regarde dans la nuit, de Catherine Graindorge & Regarde dans la neige, de Emiri Hayashi. Une série d’albums à tomber! Dans chacun des albums on suit un petit chat ou un petit lapin, doux au toucher, à travers le paysage. Certaines images sont argentées, en surimpression. De vrais bijoux visuels.
  • L’imagier Montessori de Balthazar. Un imagier incontournable, qui fait défiler les objets du quotidien, de la maison à l’univers tout entier.
  • Mon amour, de Astrid Desbordes et Pauline Martin. Un message bienveillant et universel. Page après page, la maman d’Archibald lui explique l’amour qu’elle ressent pour lui ; un amour infini. Pour le lire, Kamilia me le tend en disant « Monamou »
  • Les Bêtes en couleurs, de Rod Campbell. Exemplaire trouvé en vide-grenier. On lui lit depuis ses 6 mois ; elle adore toucher les petites bêtes, qu’elles soient velues comme la grosse araignée, brillantes ou rugueuses.

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Livres chaton-2018

  • Mon rayon de soleil. Un album sur une journée d’été dont les pages sont à tourner en tirant sur les languettes de ruban.
  • Petit Pois, de Davide Cali. Tellement de mignonitude pour cet album qui nous raconte l’histoire de Petit Pois, un tout petit bonhomme qui est né trop petit
  • Mon imagier-jeu des couleurs. Grand grand plaisir de pointer du doigt et de nommer couleur après couleur, tous ces objets et animaux.
  • Oh! C’est cassé, de Jeanne Ashbé. Une aventure, tout en bienveillance, de Lou et Mouf.
  • Tout le monde dort ? de Audrey Poussier. J’en avais fait une chronique, juste là.
  • Bonne nuit ! De la collection Kididoc. Un livre à rabats qui nous parle beaucoup.
  • Délivrez-moi ! de Alex Sanders. Un livre tout cartonné qui a beaucoup de succès et qui la fait glousser du début à la fin, surtout quand le « clac » retentit !
  • Mes comptines du monde. Livre sonore de chez Gallimard, notre collection préférée. Les sons de ce livre ont rythmé notre voyage à Istanbul. On ne pouvait plus s’ôter de la tête les paroles de comptines grecque, russe, mexicaine…

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Bon, j’espère ne pas vous avoir perdus avec cette liste longue comme le bras !!! Il semblerait que ma fille soit déjà accro aux livres et à la lecture. Je suis tellement heureuse de lui avoir transmis ce merveilleux virus.

Et vous, que lisent vos bouts de choux ?

 

 

Elizabeth Brundage – Dans les angles morts ****

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Éditeur : La Table Ronde – Date de parution : janvier 2018 – 528 pages

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1979. En rentrant chez lui un soir de tempête de neige, George Clare retrouve sa femme Catherine assassinée dans leur chambre, encore en chemise de nuit. Leur fille Franny, qui n’a que trois ans, est restée seule dans sa chambre toute la journée. Pour le shérif Lawton, le mari a tout du coupable idéal…

Cette vieille ferme, entourée de champs à perte de vue, ils l’ont eu pour une bouchée de pain, huit mois plus tôt lors d’une vente aux enchères. Ce que le mari a caché à sa femme, c’est que la ferme fut le théâtre du suicide d’un couple de fermiers criblé de dettes ; les parents des frères Hale, Eddy, Wade et Cole. Ils se sont suicidés dans la chambre où George et Catherine dorment. Cette même chambre où la jeune femme sera retrouvée assassinée à coup de hache.

Elizabeth Brundage déroule les quelques mois qui précèdent la mort de Catherine ; la rencontre, le mariage, l’arrivée de la famille à Chosen suite à la prise de poste de George à l’université. La façon dont Catherine s’est tout de suite sentie épiée dans cette ferme, ne s’y sentant pas à sa place. Les courants d’air froid dans certaines pièces – comme si des fantômes hantaient les lieux. Le caractère singulier de George, qui nous est dévoilé à travers les gens qui le côtoient. On en apprend davantage aussi sur l’histoire des frères Hale.

Dans les angles morts est une belle surprise. Un roman profondément beau et complexe, aux allures trompeuses de thriller. En effet, il s’agit davantage d’un roman psychologique aux accents surnaturels, dont l’écriture poétique et ciselée m’a émue et transportée. J’ai aimé ces deux histoires familiales qui se lient l’une à l’autre à travers leurs fantômes ; et notamment l’histoire de ces deux femmes qui rêvaient d’une autre vie, l’une d’air et l’autre de chair.

Au fil des chapitres, l’auteure fait défiler les personnages pour nous permettre de comprendre ce qui s’est passé. Une lecture lente et dense, qui prend son temps pour se dévoiler – on retient son souffle jusqu’aux derniers mots, jusqu’aux derniers instants. Un livre puissant sur les amours contrariées, la culpabilité et le mensonge, aux personnages tantôt attachants tantôt repoussants, dont la psychologie demeure très travaillée.

Un coup de ❤

Découvrez les avis de Jostein & Céline.

Gary D. Schmidt – Jusqu’ici, tout va bien ****

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Éditeur : école des loisirs – Date de parution : octobre 2017 – 365 pages

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Attention : ne vous fiez surtout pas à la couverture que je trouve assez mal choisie, vous passeriez à côté d’un GRAND roman.

Nous sommes en 1968. La guerre du Vietnam fait des ravages et débat ; l’Homme n’a pas encore marché sur la Lune. Doug est un petit adolescent maigrichon, qui idôlatre Joe Pepitone, son joueur préféré de baseball – son idôle inaccessible. Il vient d’arriver à Marysville, une petite bourgade au nord de l’État de New York. Issu d’une famille très modeste, sa vie n’est pas facile tous les jours, entre un père violent, un frère qui passe son temps à le frapper et lui voler ses affaires, et un autre qui est parti au Vietnam. Il pourrait se laisser gagner par l’abattement, mais c’est sans compter les rencontres qu’il va faire…

Celle de Lil Spicer devant la bibliothèque, qui n’ouvre que le samedi. Bibliothèque dans laquelle il découvre un immense livre, contenant des peintures d’oiseaux réalisées par Audubon… Il se retrouve fasciné devant la sterne arctique.

…. Celle de M. Powell, le directeur de la bilbiothèque, qui va révéler jour après jour le talent de Doug pour le dessin. Chaque samedi, l’adolescent se précipite à la bibliothèque ; il découvre peu à peu la disparition des oiseaux ; face à cette collection qui s’éparpille entre les mains des collectionneurs, Doug se fait la promesse de retrouver chaque planche.

…… Celle de Mme Windermere, la dramaturge dans sa robe d’opéra qui fait furieusement crépiter sa machine à écrire lorsque le dieu de la Créativité a replié ses ailes à côté d’elle.

…….. Celle de Jane Eyre.

Doug est un gamin attachant, qui va nous interpeller tout le long du roman. « Vous vous souvenez quand je vous ai dit que, quand tout va assez bien, cela signifie en général qu’un truc nul va arriver ? C’est vrai. Demandez au goéland marin. » J’ai aimé ce gamin, cette voix à la fois naïve et butée, insolente et revancharde – qui parfois m’a fait penser au ton du héros de Salinger, dans L’Attrape-coeur. Ce genre de personnage qu’on ne peut oublier.

Gary D. Schmidt a une écriture tout simplement géniale et nous révèle une intelligence et un génie narratifs. Doug est un personnage qui marque les esprits par son humour, son impertinence, et comme le dit si bien la 4ème de couverture « sa furieuse envie d’en découdre avec la vie ».

Jusqu’ici tout va bien est une lecture qui m’a émue, profondément, et fait rire, énormément – je me suis surprise à glousser à certains passages. Une lecture qui révolte également. Je ne m’étais pas pris d’affection pour un personnage comme ça depuis un moment… Véridique. Ce bouquin, donc chaque chapitre est orné d’un oiseau, est une PEPITE, un concentré d’émotions. Je ne sais pas vous, mais on se sent bien après avoir lu un tel roman.

Coup de  ❤

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« Vous savez, quand on pleure, quelque chose reste dans l’air. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut voir, ou humer, ou sentir. Ou dessiner. Mais c’est là. C’est comme le hurlement du goéland marin, qui crie dans l’espace vide et immaculé qui l’entoure. Vous ne pouvez pas l’entendre quand vous regardez ma peinture. Mais cela ne veut pas dire que cela n’existe pas. »

Raphaële Moussafir – Du vent dans mes mollets ****

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Éditeur : Intervista – Date de parution : 2006 – 111 pages

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Rachel est une petite fille de neuf ans qui dort toute habillée avec son cartable sur le dos et ses affaires de gym. Alors sa mère l’envoie chez une psychologue, Mme Trebla, pour en parler et savoir pourquoi elle fait ça. Chaque chapitre est une nouvelle séance avec Mme Trebla. Rachel y raconte son quotidien : Hortense sa meilleure amie un peu peste, avec laquelle elle discute politique et rigole en appelant au téléphone Madame Courtecuisses ; sa mémé qui dort dans sa chambre ; sa maman qui pleure pour un rien et a tout le temps peur pour elle.

On découvre une voix d’enfant singulière au caractère bien trempé, une voix très mature pour son âge. Rachel n’a pas sa langue dans sa poche, elle a énormément de répartie. Les séances chez Mme Trebla s’égrènent les unes après les autres et on en apprend davantage sur cette enfant follement attachante et drôle.

Ce court roman m’a fait glousser tout comme il a fini par m’émouvoir et me faire monter les larmes aux yeux… A la fois léger et dur, drôle et touchant, il distille une grande justesse à travers la voix de Rachel en abordant un sujet difficile comme la mort. Une voix d’enfant qui m’a marquée et que je ne suis pas prête d’oublier… Un roman que je recommande à tous, adolescents comme adultes.

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« J’ai remarqué que quand on est triste ou qu’il y a une mauvaise nouvelle, la vie autour ne change pas. Comme le jour où mamie est morte, j’étais dehors, il y avait du vent, et quand on m’a dit que mamie était morte, il a quand même continué à y avoir du vent dans mes mollets. Quand on est triste, les objets ne sont pas tristes, ils font comme si de rien n’était, et ça, ça me rend encore plus triste.

Anne-Laure Bondoux – Le Temps des miracles ****

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Éditeur : Bayard jeunesse – Date de parution : 2009 – 254 pages

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Dès les premiers mots, les premières pages, j’ai aimé ce roman. Koumaïl, un enfant qui vient du Caucase, débarque en France à l’âge de douze ans, terré au fond d’un camion, après un sacré périple. Nous remontons le fil de ses souvenirs, et on le retrouve en 1992, alors qu’il habite avec Gloria un l’Immeuble, qui n’abrite que des réfugiés. Dans le secret de leurs chuchotements, Gloria l’appelle Monsieur Blaise. Selon la légende qu’elle lui raconte avant de dormir, elle l’aurait recueilli dans les bras de sa mère mourante, Jeanne Fortune, une Française. Koumaïl s’appellerait donc Blaise Fortune, serait citoyen français et pour cela, il rêve d’aller en France, afin de reconstituer son passé…

J’ai aimé suivre Koumaïl, avec sa voix teintée de naïveté, sa voix d’enfant qui reste chargée d’espoir et de candeur. On ne peut que s’attacher à ce petit bonhomme, réfugié, sans maison, sans attache si ce n’est Gloria Bohème, qui lui raconte des histoires, qui détient même l’histoire de son enfance – le Terrible Accident – et de sa mère. Ensemble ils tentent de ne pas « attraper un désespoir ». Sur leur route, ils rencontrent de belles personnes : Stambek, qui a perdu son intelligence, Fatima qui depuis la mort de son père n’a jamais rouvert les yeux, la belle Nour, mais aussi Boucle d’Oreille… Koumaïl ne se lasse jamais des récits de Gloria sur ses frères partis à la guerre, sur son père, le vieux Vassili, qui possédait le plus beau verger de tout le Caucase.

De Soukhoumi à Souma-Soula, traversant la Russie, la Moldavie, la Roumanie… Koumaïl et Gloria entament un périple fait de rencontres et de pertes, d’abandons ; ils passent leur temps à fuir la milice, obligés d’abandonner leurs compagnons de fortune, portant le deuil à chaque fois.

Un roman criant de vérité, bouleversant, qui m’a émue aux larmes. Cette lecture ne fait que confirmer le talent d’Anne-Laure Bondoux, que j’ai découverte grâce à son roman à quatre mains – avec Jean-Claude Mourlevat – Et je danse aussi. J’ai aimé cette écriture qui fait preuve d’une grande pudeur des sentiments. C’est donc pour moi un joli coup de cœur… ❤

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« C’est comme ça que mon enfance s’est achevée : brusquement, au bord de l’autoroute A4, quand j’ai compris que Gloria avait disparu et que j’allais devoir me débrouiller sans elle dans le pays des droits de l’homme et de Charles Baudelaire. »

« Voilà : j’ai dix ans, le cœur pulvérisé, les pieds en sang, l’estomac creux, et une fois de plus je pars vers l’inconnu avec Gloria et notre barda, sur des routes interminables. Nous sommes désormais des réfugiés sans refuge, et je crois bien que j’ai attrapé un désespoir. »

« Je les écoute, assis par terre, immobile comme un caillou. Cette musique me donne envie de vivre et de mourir en même temps. On dirait qu’elle tire mon coeur hors de ma poitrine, comme un hameçon de canne à pêche. »