Véronique Olmi – Cet été-là ***

9782246770114FS

Éditeur : Grasset – Date de parution : 2010 – 281 pages

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On s’y croirait, sur cette plage de Normandie où se sont réunis trois couples d’amis pour fêter, comme chaque année, le 14 juillet. Delphine et Denis, qui comptent se croiser le moins possible. Marie, Nicolas et ses vieux démons. Lola et Samuel, son petit jeunot.

Une bande de quarantenaires qui vivent plus ou moins bien leur âge, entre la femme infidèle, la comédienne en mal de carrière, et la femme qui ne sort qu’avec des hommes trop jeunes pour elle…

Tout ce petit monde va être chamboulé par Dimitri, un adolescent très étrange qui s’immisce dans le groupe et semble tourner autour de Jeanne, la fille de Delphine. Il semble mentir sur beaucoup de choses. Est-il maladroit ou sournois ? « Ce visage ingrat autour duquel la lumière tremblait, et ces yeux noirs, comme deux incrustations brutales »

De cet adolescent à l’étrange laideur, qui a l’air perdu, chacun s’en fait une image différente… « Il portait le visage des enfants abandonnés et des inconnus dangereux, des voleurs d’adolescentes, et des grands frères offensifs. Il était ce que l’on craignait de lui et ce qu’on n’en pouvait définir, et ainsi imaginé et incompris, il prenait toute la place. » Les vieux démons de chacun resurgissent, accompagnés des remords et des rancunes. 

Une certaine attente s’installe, une tension latente, un abcès qui ne demande qu’à être crevé… Les tensions s’exacerbent entre certains personnages et les dialogues oscillent entre tendre moquerie et agressions mesquines. Par contraste avec les petits conflits humains, il y a l’élément marin, son appel, son rythme. La mer comme une présence à la fois réconfortante et implacable, cruelle.

Un roman très juste, des personnages touchants dans leurs imperfections. L’écriture de Véronique Olmi décrit avec justesse et précision les émotions et sensations. Une lecture forte qui n’a qu’un seul défaut : la couverture qui ne reflète pas du tout la profondeur de ce roman…

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« Et alors elles l’entendirent. Le rythme puissant de la mer qui revenait, qui remontait les kilomètres en charriant son monde, s’accordant à la lune et aux lois de la terre, imperturbable et ponctuelle. »

« Il savait que la vie est pleine de derniers soirs, d’amours qui meurent, d’enfants qui grandissent tout seuls, et qu’aucun peintre jamais n’a pu capter l’exacte lumière d’un ciel orange. »

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