Gaëlle Nohant – L’Ancre des rêves ***

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Éditeur : Le Livre de poche – Date de parution : 2017 – 336 pages

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Benoît, Lunaire, Guinoux et Samson. Quatre frères dont la mère – Enogat – leur a toujours interdit de s’approcher de la mer et qui, chaque nuit, font un cauchemar, toujours le même. Chaque frère se débat avec les tentacules de son propre cauchemar dès lors qu’il ferme les yeux pour la nuit.

Lunaire a le sentiment étrange que les personnages de son rêve existent ou ont existé… Pour en avoir le cœur net, l’adolescent va mener son enquête dans le plus grand secret et faire la connaissance d’Ardélia, une vieille femme qui va lui livrer son passé… Un passé empreint de bateaux, de marées, de marins qui partent et se font avaler par les océans.

Cette lecture nous transporte dans des contrées marines fascinantes ; elle me rappelle par moments l’ambiance du Grand Marin de Catherine Poulain. Il se dégage de ce roman une magie certaine, un charme magnétique et une ambiance qui nous fait frissonner.

Un roman somptueux qui dresse le portrait d’une famille singulière et nous raconte son histoire, hantée par les tragédies du passéUne famille pleine de fantômes. Gaëlle Nohant, dont je découvre pour la première fois la plume, nous parle de ces secrets enfouis qui défigurent une famille sur plusieurs générations, leur empreinte silencieusement violente sur l’enfance. « Les blessures et les tragédies pouvaient-elles se transmettre d’une branche à l’autre de l’arbre généalogique, à travers les rêves ? »

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« Peut-être les rêves ressemblaient-ils à ces pelotes de réjections que les oiseaux de proie abandonnent dans leur nid en s’envolant, quelque chose que la nuit recrachait pour qu’on soit plus léger au lever du jour. »

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Patrick Ness – Quelques minutes après minuit ***

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Éditeur : Folio Junior – Date de parution : 2014 – 192 pages

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Depuis que sa mère est tombée malade, Conor  O’Malley se met à faire un cauchemar terrifiant chaque nuit, toujours le même, dont il n’ose parler à personne… Et quelques minutes après minuit, un monstre l’appelle par son prénom et surgit à la fenêtre de sa chambre, comme pour l’engloutir… Ce monstre a l’apparence d’un arbre immense, aux branches qui craquent. Il ressemble comme deux gouttes d’eau à l’if de son jardin. Rêve ou réalité ? Quoi qu’il en soit, chaque matin, Conor découvre sur le plancher quelques branches, quelques baies et des aiguilles qui crissent sous ses pieds.

Cet arbre, doué de parole, annonce à l’adolescent qu’il a trois histoires à lui raconter et que la quatrième, ce sera à Conor de la raconter le temps venu. La quatrième histoire sera la vérité. Ces histoires sont comme des messages que l’arbre délivre à un moment donné.

Je n’en dirai pas plus sur ce roman, qui m’a beaucoup émue. L’écriture est simple et n’a « l’air de rien » au début. Et pourtant elle nous délivre peu à peu une histoire puissante, qui s’imprime dans notre esprit pour ne plus en sortir.

C’est donc un joli roman jeunesse, qui ne m’a pas laissée indifférente, où le surnaturel est étroitement lié au réel, où les histoires sont des créatures sauvages, auxquelles on ne peut se fier. Un récit très fort qui met en lumière le caractère contradictoire de la nature humaine, et qui pose des mots sur la solitude et la maladie.

Mon seul regret : ne pas l’avoir lu dans sa version grand format… Je n’ai pas eu droit aux sublimes illustrations en noir et blanc qui, je pense, auraient beaucoup ajouté au charme de ce roman. *Bouquin emprunté au CDI du collège*

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« Je suis cette terre sauvage venue te chercher, Conor O’Malley »

« Les histoires sont les choses les plus sauvages de toutes, gronda-t-il. Les histoires chassent et griffent et mordent. »

« On écrit pas sa vie avec des mots. On l’écrit avec des actes. Ce que tu penses n’est pas important. C’est ce que tu fais qui compte. »