Anne-Laure Bondoux – Valentine ou la belle saison ***

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Fleuve éditions – 2018 – 408 pages

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Valentine a 48 ans, elle est divorcée depuis une dizaine d’années, a deux enfants qui vivent leur vie loin d’elle et n’a pour seul travail la rédaction d’un guide pour ados. Sur un coup de tête, après une promenade dans les rues de Paris et deux martinis, elle décide de s’installer quelques temps chez sa mère Monette et son chat Léon, dans les collines de sa Corrèze natale.

La seule chose dont Valentine est certaine, c’est d’être arrivé au terme de la première moitié de sa vie. Mais que faire de la seconde moitié ? En attendant, elle reste avec sa mère, le chat, les arbres, la boue des chemins sous les semelles, l’air piquant et le feu de bois, les parties de scrabble. Sans oublier quelques verres de Suze, pour se remonter.

En faisant un brin de ménage, elle retombe sur la boîte à chapeaux dans laquelle Monette conservait les photos de classe des enfants. Valentine constate avec effroi que sur beaucoup de photos une silhouette est entièrement recouverte au marquer noir…

Et puis un matin, son frère débarque avec son vélo, ses états d’âme et une révélation pour le moins bouleversante.

Je prends plaisir à retrouver l’écriture vive et alerte de Anne-Laure Bondoux. Je me suis attachée immédiatement à ces deux personnages féminins drôles et touchants : Valentine et Monette, et j’ai dégusté chaque page de ce roman aux allures de polars, lumineux et optimiste envers et contre tout, qui nous invite à percer le mystère d’un secret de famille à plusieurs tiroirs… D’une écriture teintée d’un humour comme je les aime – tendre et malicieux – l’auteure se joue de la réalité ; cette réalité que les personnages ont du mal à accepter.

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« A 50 ans, je me dis qu’on n’est parfois rien de plus qu’un petit garçon dans un costume de grande personne. »

Anne-Laure Bondoux – L’aube sera grandiose ***

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Éditeur : Gallimard Jeunesse – Date de parution : octobre 2017 – 297 pages

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Vendredi, 22:00. Nine se retrouve contre son gré dans la voiture de sa mère, qui file à toute allure. Elle était censée aller au bal du lycée et sa mère l’a embarquée avec elle, sans préavis. 500 kilomètres plus tard, mère et fille se retrouvent devant une cabane au bord d’un lac, en pleine forêt. La nuit est noire et profonde. Aucun réseau. Titiana a une histoire à raconter à sa fille – une histoire qui prend racine dans son enfance, en juillet 1970. Des personnages inoubliables émergent peu à peu des mots de la mère : Octo, Orion, Rose-Aimée, sa folie et ses amours.

Le roman se construit page après page sur une alternance du présent – la nuit qui s’écoule heure après heure – et du passé – l’enfance de la mère. Le temps d’une nuit blanche, Titiana révèle son passé à sa fille. Les heures s’égrènent au rythme des souvenirs et les certitudes de Nine à propos de sa mère s’évanouissent les unes après les autres. Son écrivain de mère, surnommée la Fée du Suspense, lui raconte sa propre histoire.

Un beau roman jeunesse que j’ai dévoré, un vrai page turner au suspense savamment cuisiné… Les mots d’Anne-Laure Bondoux sont un vrai plaisir ; ils sont cette fois-ci ponctués par les dessins de Coline Peyrony. Un roman que l’on prend plaisir à lire, mais qui m’a laissée légèrement sur ma faim.

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« Comme le bruit du moteur se rapproche, Nine fait pivoter son corps vers le lac. Non. Elle n’est pas prête à affronter en chair et en os les personnages qui ont peuplé sa nuit. »