Luis Miguel Rivas – Le Mort était trop grand **

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Grasset – avril 2019 – 432 pages

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Villeradieuse est une petite ville de Colombie contaminée jusqu’à la moelle par la mafia ; le terrible don Efrem règne sur la région. Chepe s’est fait assassiné il y a deux mois, dans des circonstances obscures. Un soir, alors que son ami Miguel prend un verre dans un bar, il croise un homme qui porte les bottes que Chepe avait aux pieds lorsqu’il est mort. Il en est certain, ce sont les mêmes. L’homme lui avoue qu’elles appartiennent en effet à Chepe… Mais il ne l’a pas tué ! Il les a achetées à un homme qui revend les vêtements des morts, grâce à un trafic entretenu avec les morgues…

Pour gagner du temps, les deux jeunes se rendent directement à la morgue acheter des vêtements. Miguel se retrouve avec une tenue de marque complète ; celle que portait Martel lorsqu’il est assassiné. Petit problème : il s’agit du pire ennemi de don Efrem. Miguel se retrouve poursuivit par deux hommes de main particulièrement abrutis qui pensent avoir affaire au revenant de Martel… Don Efrem est bien trop occupé à tout mettre en oeuvre pour séduire la sublime Lorena pour s’occuper de ces histoires…

Un roman tragi-comique, cocasse à souhait, mettant en scène des personnages tous plus ridicules les uns que les autres. Une comédie bien menée, que j’ai trouvée plaisante à lire – certains passages m’ont fait glousser – mais que j’oublierai certainement vite, n’étant pas une adepte de ce genre de romans.

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« Vers 5h du mat, je commence à avoir sommeil, logique, j’ai pas pris de coke. J’aime bien la coke, mais ça me détraque. Le lendemain je me réveille avec une culpabilité monstrueuse, comme si javais buté un curé et quatre bonnes sœurs. »

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Camille Anseaume – Ta façon d’être au monde ***

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Pocket – 2017 – 168 pages

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« Tu vis comme tu respires, sans t’en apercevoir. »

L’une est une enfant discrète, sans cesse inquiète, angoissée par la fin de toute chose, obsédée par l’organisation du temps et le rangement. Maladroite et rêveuse, elle a besoin de contempler le malheur des autres pour se rassurer sur son propre bonheur.

L’autre est un rayon de soleil, son sourire est lumineux, sa vie de famille enivrante et joyeuse.

L’une est légère et insouciante, l’autre semble porter le poids du monde sur les épaules…

Elles se rencontrent à l’âge de dix ans et ne se quittent plus ; pour elles c’est une évidence : elles sont sœurs. Ou demi-sœurs. Elles le clament à qui veut l’entendre.

Au début, aucun prénom ne nous est donné, leur identité demeure dans l’anonymat. Il y a juste le « elle » et le « tu » pour les identifier, toi et la petite fille puis la jeune fille… jusqu’au drame.

Elles partagent tout, de l’école au lycée, en passant par leurs années collège, leurs étés à Ker Timéoscor… Leurs premières fois – premières cigarettes, premiers baisers… Après le drame, elles partagent la mort, le chagrin, sans fin.

Une lecture âpre qui se lit d’une traite. Une écriture incisive, implacable. L’inéluctable se dessine au fil des pages… Camille Anseaume a l’art d’écrire entre les lignes, entre les mots. La vérité s’immisce de façon sournoise entre les lignes, entre les deux jeunes femmes. Les mots de la fin me sont restés en travers de la gorge ; j’étais sonnée en refermant ce bref roman.

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« Quelque chose en elle lui murmure que c’est beau l’enfance, et que ça meurt aussi. Elle essaye d’immortaliser la scène, avant d’y revenir. Trop tard, elle en a déjà fait un souvenir. »

Nastasia Rugani – Milly Vodović ****

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Editions Memo – Collection Grande Polynie – 2018 – 224 pages

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Aujourd’hui, Milly a eu la rage au ventre. En voyant Swan Cooper tirer des balles de revolver à deux pas de son grand frère Almaz, son sang n’a fait qu’un tour. Dans un élan bestial, elle s’est jetée sur Swan Cooper avec l’intention de lui régler son compte. Le lascar se retrouve le bras et le nez cassés, salement amoché.

Deux personnages troublants se rencontrent alors :

Milly, cette gamine ensauvagée, de seulement douze ans. Elle a l’amour des forêts et des bêtes chevillé au corps. « Elle est petite et mince mais son instinct est une forêt. » L’adolescence bouillonne en elle. « Au creux de ses entrailles, on s’agite. » Une couronne en papier sur la tête, la « Reine des casses-pieds » flotte dans un pull et des bottes trop grandes pour elle.

Et Swan Cooper, cet adolescent à la personnalité très ambivalente, hanté par son écrivaine de mère et la maladie qui la ronge petit à petit. Pour elle, il est capable du meilleur comme du pire ; il fait les meilleurs beignets de fleurs d’orage.

Après cet épisode très humiliant, Almaz est monstrueusement vexé et il n’adresse plus la parole à Milly. « Tu n’es plus ma sœur, déclare-t-il avec un calme inquiétant. »

Et puis d’étranges phénomènes font leur apparition à Birdtown, petite ville où certains ne digèrent pas la présence des étrangers – la famille de Milly est originaire de Bosnie… Des coccinelles envahissent brusquement la ville et un Mange-cœurs se met à errer dans les bois.

Milly Vodović est un roman d’une grande complexité et d’une grande beauté qui m’a laissée sans voix. Les mots de Nastiasia Rugani sont d’une telle poésie ; ils font naître des images à la fois neuves et anciennes.

Milly Vodović, c’est le récit complexe et enivrant d’une enfant qui ne veut pas grandir ; « Pour Milly, grandir est une abomination. Quitter l’enfance est impensable parce que c’est le lieu de tous les bonheurs : la liberté d’être qui l’on souhaite, de rêver fort et fou, de parler aux animaux, et d’être asexué. » [Nastasia Rugani]

Un récit beau et douloureux, aux accents prononcés de réalisme magique où la fiction et la réalité s’entremêlent et se confondent. ❤

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« Le vieil homme serre les dents et lui accorde un sourire, malgré la Bosnie qui s’étend sur lui comme un linceul. »

« Deux ombres maladroites, deux promesses de bonheur cramponnées l’une à l’autre dans la nuit argentée. »

« Comment font les gens pour porter tous ces gouffres en eux sans jamais devenir fou? »

Craquage en librairie #3

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Le premier parce que je suis une inconditionnelle de Delphine de Vigan, que je ne suis pas sortie indemne de ma lecture de Rien ne s’oppose à la nuit et que je ne pouvais tout simplement pas passer à côté de celui-là.

Le deuxième pour assouvir mon envie de classique et de frissons. Ensuite, il ne restera plus qu’à voir le célèbre film d’Hitchcock.

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Y’a pas à dire, acheter un livre ou deux, ça réconforte énormément. Du coup, je fais grimper ma PAL à 72 livres… Mais j’ai tout l’hiver pour l’écouler, tout va bien.

Bonnes lectures à tous!

Craquage en librairie #2

Oui, j’ai encore craqué… Un peu plus sévèrement que la dernière fois. Mais j’ai toujours une bonne raison et une excuse valable pour m’autoriser ces craquages. En plus, sur mes quatre nouveaux-arrivés, 3 sont en poche, ça reste raisonnable.

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tartes aux pommes      le rire    un ciel rouge    LaSolutionEsquimauAW

Au programme : de la littérature française, des tartes aux pommes, de l’insolite, une atmosphère à la Fahrenheit 451, de la littérature irlandaise, une chasse à l’homme et un roman de la rentrée littéraire tout droit venu du Brésil… de belles promesses pour de belles lectures à venir… je l’espère!