Firouz Nadji-Ghazvini – Les anges ne reviendront pas ***

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Éditeur : Denoël – Date de parution : 2005 – 117 pages

4ème de couverture : « Téhéran, quelques mois avant la révolution islamique. Un climat de terreur sourde règne sur la ville. Entre les soubresauts de la Savak, la police politique du shah, et les premières exactions des mollahs, chaque jour apporte son lot d’attentats inexpliqués. Quatre étudiants amoureux de Tchekhov expriment leur angoisse et leur nostalgie par la voix de Kamran, le narrateur, hypersensible aux transformations souterraines du Téhéran doré de sa jeunesse… »

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Téhéran, au début de la révolution islamique. Kamran, Niloufar, Mithra et Nader sont quatre étudiants épris de théâtre et de littérature, spectateurs impuissants face à la tragédie qui a lieu sous leurs yeux. Un récit sombre porté par une écriture  lumineuse et poétique. Réalité et rêveries du narrateur s’entrecroisent avec mélancolie.

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« – Pourquoi êtes-vous tous si convaincus de ce goût universel des hommes pour la barbarie ? »

« Il dit que c’est avec l’idée de la vérité que le monde prend vie, que c’est en supprimant tout ce qui la contredit qu’on existe. On parle de crime. Mais c’est avec le crime que le monde naît. Tenter de l’empêcher est vain. »

« Je suis venu sur la plage pour regarder s’échouer les vagues et récupérer le poisson échappé de mes rêves. Je suis là pour écrire une lettre, la déchirer et la confier aux flots. Il paraît que la nature ne se répète jamais. Pourtant, en cet instant, il me semble que tout se répète uniformément. Comme les oiseaux, j’ai envie de crier ma peur du couchant. J’attends l’obscurité et le bleu paisible de la nuit. Je regarde les mouettes tournoyer encore et encore par-dessus les vagues. Je me dis qu’il faut goûter les plaisirs les plus infimes puisqu’il n’y en aura pas d’autres. »

Catherine O’Flynn – Ce qui était perdu ***

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Éditeur : Actes Sud – Date de parution : mars 2015 – 340 pages

4ème de couverture : « 1984. Kate Meaney est une petite fille hors du commun. Au lieu de fréquenter des enfants de son âge, elle joue les apprenties détectives avec sa peluche dans les rues de Birmingham et les allées de Green Oaks, le tout nouveau centre commercial. Le reste du temps, elle s’amuse avec Adrian, son seul ami – un jeune homme attachant qui travaille dans un magasin du quartier –, à scruter les clients et imaginer leurs troubles secrets. Jusqu’au jour où elle disparaît…
2003. Depuis des années, Kurt, agent de sécurité, contemple les masses somnambuliques venues tromper leur solitude dans l’immense piège de verre du centre commercial. Une nuit, il aperçoit l’image furtive d’une petite fille sur un écran de contrôle. Lisa, employée chez un disquaire, trouve quant à elle une peluche dans un couloir de service. Ensemble, ils se lancent à la recherche de la fi llette. Dans les entrailles labyrinthiques de Green Oaks, ils vont tenter de retrouver ce qui était perdu : l’enfance, l’innocence, l’envie de vivre. »

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Kate Meaney n’est pas une petite fille comme les autres, elle n’aime pas traîner avec les gens de son âge. Elle passe ses journées à enquêter, son singe Mickey au fond de son sacoche et son carnet de notes à la main, elle suit de possibles suspects dans les dédales du tout nouveau centre commercial Green Oaks et passe des heures à élaborer des scénarios, son livre Comment devenir détective à portée de main. Un jour, elle disparaît.

Près de 20 ans plus tard, les destins de Kurt, agent de la sécurité et Lisa, disquaire dans ce même centre commercial vont se croiser, en cherchant à découvrir ce qu’est devenue cette enfant, apparue une nuit sur les caméras de surveillance.

J’ai toujours beaucoup apprécié les ouvrages d’Actes Sud et ce roman ne déroge pas à la règle. Les personnages sont attachants, l’atmosphère empreinte de surnaturel est d’emblée séduisante et nous fait plonger tête la première dans l’intrigue. Au-delà de la disparition de la fillette, c’est aussi l’histoire des marques laissées par le passé, de l’empoisonnement consumériste, et de la volonté de s’en libérer.

Fiona McFarlane – L’invité du soir ***

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Éditeur : Points – Date de parution :juin 2015 – 304 pages

4ème de couverture : « Une australienne dévorée par un tigre dans sa propre maison. » Voilà qui serait extravagant, se dit Ruth. L’âge venant, ses pensées ne sont plus très claires, seulement la vieille dame en est persuadée : la nuit, un tigre rôde dans son salon. Est-elle en train de perdre la tête ? Ou est-ce une manigance de Frida, l’aide-ménagère depuis peu à son service ?

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Ruth a 75 ans. Elle est veuve et vit avec ses chats dans une maison isolée au bord de la mer, en Australie. Une nuit, elle se réveille et croit percevoir la présence d’un tigre dans son salon : « Ruth s’est réveillée à quatre heures du matin et son cerveau endormi lui a murmuré : « Tigre » ».

Et nous embarquons pour une lecture pour le moins surréaliste… C’est un roman tout en surprises : à la fois cruel et tendre, l’intrigue se donne des airs de thriller : qui est cette femme aide-ménagère qui se dit envoyée par le gouvernement et qui se présente un soir à la porte de Ruth ? et cette présence fauve dans son salon, en pleine nuit ?

Le mystère plane et le fil du récit se déroule tandis que la mémoire et les souvenirs de Ruth vont et viennent, son enfance aux Fidji, ses émois adolescents pour Richard…. Sa perception de la réalité rythme la narration : entre rêve, souvenirs du passé, divagation et pertes de mémoire passagères.

Ce joli roman australien nous laisse avec le cœur serré et une impression douce-amère.

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« La banquette arrière était désormais pleine d’avocats, mais l’ananas était assis tout seul devant ; Ruth a failli lui passer la ceinture de sécurité. Quand elle s’est éloignée, l’adolescent, libéré, lui a fait au revoir de la main. L’ananas oscillait un peu dans les virages, il avait quelque chose qui donnait à Ruth envie de partir en vacances – ses mouvements ronds, sa lourde odeur dorée et son absurde coiffure de piquants verts. Qui lui donnait envie de poursuivre plus loin sans s’arrêter, pour ne jamais revenir. Mais, s’est-elle alors demandé, comment peut-on prendre des vacances quand on est déjà en vacances ? Et à l’instant même où elle posait cette question, elle est arrivée chez elle. »

Jack Kerouac – Sur la route ****

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Éditeur : Folio – Date de parution : 2012 – 624 pages.

 

4ème de couverture : « Avec l’arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu’on pourrait appeler ma vie sur la route. Neal, c’est le type idéal, pour la route, parce que lui, il y est né, sur la route…  » Neal Cassady, chauffard génial, prophète gigolo à la bisexualité triomphale, pique-assiette inspiré et vagabond mystique, est assurément la plus grande rencontre de Jack Kerouac, avec Allen Ginsberg et William Burroughs, autres compagnons d’équipées qui apparaissent ici sous leurs vrais noms. La virée, dans sa bande originale : un long ruban de papier, analogue à celui de la route, sur lequel l’auteur a crépité son texte sans s’arrêter, page unique, paragraphe unique. Aujourd’hui, voici qu’on peut lire ces chants de l’innocence et de l’expérience à la fois, dans leurs accents libertaires et leur lyrisme vibrant ; aujourd’hui on peut entendre dans ses pulsations d’origine le verbe de Kerouac, avec ses syncopes et ses envolées, long comme une phrase de sax ténor dans le noir. Telle est la route, fête mobile, traversées incessantes de la nuit américaine, célébration de l’éphémère. »

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Road-trip à travers les Etats-Unis, emblème de la Beat Generation, ce roman est une ode au voyage, à la poésie de l’instantané et à l’humeur vagabonde. La version issue du rouleau original donne à lire une prose sans point, le texte se déroulant à toute allure, on ne lâche pas le livre jusqu’à la fin…