Carys Davies – West ***

Seuil – 2019 – 192 pages

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Pennsylvanie, XIXe siècle. John Cyrus Bellman est un jeune veuf inconsolé qui vit avec sa fille de dix ans, Bess, dans leur petite ferme. A la lecture de la gazette locale, une lueur de vie se met à briller à nouveau dans ses prunelles ; un article mentionne la découverte dans le Kentucky d’ossements gigantesques appartenant à une créature inconnue.

Cette nouvelle pour le moins étrange et farfelue va le faire sortir de son désœuvrement mélancolique. Et lui donner envie de tout quitter pour partir en direction de l’Ouest.

À cet époque, l’Ouest américain demeure en grande partie inexploré. Seuls quelques rares aventuriers ont osé partir à sa conquête. C’est dans ces régions que les Indiens ont été sommés de s’exiler, afin de laisser leurs terres et possessions aux colons.

Bellman se lance dans l’aventure, bien décidé à atteindre puis franchir les Rocheuses, à découvrir si d’autres monstres de cette ampleurs sont encore vivants. Sans l’ombre d’une hésitation, il abandonne sa fille – Bess, cette gamine curieuse, solitaire et grave, qui a grandi dans l’ombre de l’absence maternelle. Qui s’ennuie et passe de longues heures dans la nature, désœuvrée. Qui attend les lettres de son père. Qui ne désire que passer son temps à consulter des cartes et des livres à la bibliothèque pour suivre le parcours de son père.

Bellman abandonne sa fille à Tante Julie, la sœur de Bellman, si revêche. Sans savoir quand est-ce qu’il la retrouvera, sans se rendre compte, surtout, que le monstre n’est pas si loin de chez lui.

On suit le périple de Bellman, son arrivée à Saint-Louis puis les kilomètres dans les forêts, les plaines, les traversées des rivières, les rencontres avec les Indiens. Personne ne le prend au sérieux avec cette histoire de créatures immenses. Mais il continue d’y croire, il s’y accroche coûte que coûte.

West est un court roman absolument fascinant, qui résonne longtemps en nous – à la façon d’une sombre légende.