Antonio Da Silva – ABC … ***

Editions du Rouergue – 2020 – 176 pages

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Depuis l’âge de six ans, Jomo est fou de basket. Onze ans après son premier panier, il est recruté par un dénicheur de jeunes talents pour intégrer un club en France, celui de Tony Parker. Le coeur lourd, il quitte son quartier pauvre de Bamako pour la première fois, transporté par le rêve de devenir joueur professionnel.

« J’ai eu la nostalgie de ma vie d’avant, avant même de la quitter. »

Mais en arrivant à Lyon il se heurte à l’animosité de certains, la moquerie d’autres… Un monde nouveau s’offre à lui. Il va apprendre à lire et rencontrer des personnes hautes en couleur dont une qui va particulièrement faire battre son coeur… Rosa-rose comme il l’appelle. Rosa-rose qui va lui lire des livres et lui donner le goût des mots autant que de l’amour.

Un roman touchant aux singuliers personnages ; Rosa-rose qui se joue des apparences, aussi fragile que coriace – son père dont l’absence est béante. Jomo ce géant dégingandé au grand coeur, qui apprend à écrire et lire. Un roman dans lequel il n’est pas seulement question de basket. Où l’amour est pur comme celui des premières fois. C’est tendre et impitoyable ; drôle et tragique.

Laetitia Colombani – Le cerf-volant ***

Grasset – juin 2021 – 208 pages

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Brisée par la perte de son amour, Léna quitte son appartement vide et s’envole pour l’Inde – aller simple. Le besoin de sortir de sa vie, de fuir les souvenirs est irrépressible.

Un matin, elle se rend à plage pour nager, manque de se noyer. Elle sera sauvée par une enfant ; l’enfant au cerf-volant. La petite fille court chercher de l’aide.

En cherchant à la remercier, Léna découvre que l’enfant travaille dans un restaurant et ne sait ni lire, ni écrite. Elle ne parle pas non plus. Elle découvre aussi une brigade toute particulière – qui lutte pour sauver les femmes des violeurs et agresseurs. Leurs membres, formées au self defense et arts martiaux, patrouillent dans les rues et interviennent en cas d’agression.

Léna prend conscience de la misère abyssale, la malédiction de naître fille, les enfants esclaves…

Avec leur soutien, Léna se lance dans un projet fou : fonder une école pour que les enfants d’Intouchables puissent apprendre à lire et à écrire et espérer se libérer de leurs chaînes.

Le cerf-volant est un roman profondément lumineux, qui m’a émue. Il s’en dégage beaucoup d’émotions. L’écriture de Laetitia Colombani m’a transportée dans cette Inde aussi dépaysante qu’impitoyable.