Catherine Poulain – Le coeur blanc **

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Editions de l’Olivier – 2018 – 256 pages

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Le coeur blanc, c’est celui de Rosalinde, jeune femme allemande qui échoue dans un village en Provence. Rosalinde est une saisonnière, une solitaire, une nomade. Elle s’achète un vieux combi Volkswagen et s’y installe, au bord d’une rivière. Elle cueille les asperges, les olives. Plante de la lavande. Seule femme parmi les hommes. Tous ces hommes qui semblent en avoir après elle, qui se disent fous d’elle, de son corps et de sa crinière rousse ; le Parisien, le Gitan, Acacio le poète libertaire au sang chaud, Paupières de Plomb, Delaroche, cet homme presque encore gamin tout maigre, engoncé dans ses vieilles nippes, qui pleure et prétend l’aimer depuis toujours.

C’est toujours louche une femme seule, que vient-elle chercher, pourquoi est-elle ici ?

Dans cet étrange roman, les rêves sont en italiques et les dialogues se fondent dans la narration. Certains passages sont des morceaux de poésie. Sublimes. Et puis soudain, la voix de Mounia, son Je, qui s’immisce dans la narration. Qui trouble. Mounia qui vit dans un petit cabanon de bois, qui attend Thomas. Toujours. Et qui va être, elle aussi, fascinée par Rosa.

Un roman comme un curieux conte moderne, un conte déchu, où les noms de lieux résonnent entre enchantement et désenchantement ; Le Pont des Mensonges, Le bar d’En Haut, Le Pic de l’Homme Fou, Le plateau des Loups…

Un roman surprenant et brutal – d’une brutalité inattendue. Âpre et animal où la beauté de la nature – la sérénité d’une rivière – contraste avec la brutalité des hommes, leur fureur, leur bêtise et leur animosité. Je n’ai hélas pas ressenti la même émotion qui m’avait saisie à la lecture du Grand Marin et si la narration m’a trop souvent perdue, je n’ai surtout pas compris le message qui nous était vraiment délivré.

***

« Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d’une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu’elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l’écrase – sur son coeur blanc, sa tête rousse de gibier des bois. Oh que tout éclate enfin pour que tout s’arrête. Oui que tout s’arrête. »

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