Mathieu Menegaux – Disparaître ***

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Grasset – 8 janvier 2020 – 216 pages

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Une jeune femme se jette par la fenêtre de son appartement parisien du quartier des Abbesses.

Un sportif matinal découvre le cadavre d’un homme, rejeté par les vagues, à Nice. Ce pourrait être un noyé comme les autres, sauf qu’il n’a aucun poil sur le corps et que l’extrémité de ses dix doigts a été brûlée. Son séjour prolongé en mer l’a bien entendu défiguré. Grondin, le flic chargé d’enquêter, se retrouve face à un énigmatique cadavre. « Qu’est ce qui peut bien pousser quelqu’un à souhaiter disparaître de la surface de la terre? » Cet homme qui apparemment a tout fait pour disparaître l’obsède.

Étienne Sorbier est le grand patron français de Richter & Co, une banque multinationale. Les employés de son entreprise sont poussés à se dépasser toujours plus, supportant jour après jour un rythme infernal et des horaires de travail inimaginables ; tous obsédés par une quête d’excellence qui justifie les exigences les plus déraisonnables.

Quel lien uni ces différentes intrigues ? Aucune date ne nous est donnée, juste quelques indices géographiques : Paris, Nice. C’est la canicule.

Mathieu Menegaux nous livre une fois encore un roman terriblement prenant et efficace, porté par une écriture chirurgicale et incisive, dans lequel il questionne la disparition et ce désir impérieux de disparaître mais aussi l’impossibilité d’un amour. La construction narrative, toujours très habile, nous tient en haleine, du premier au dernier mot, même si le dénouement se laisse entrapercevoir avant la fin.

Que restera-t-il de nous après notre mort ? Les mots de la fin me laissent pantoise – l’estomac noué, les larmes aux yeux.