Véronique Ovaldé – Personne n’a peur des gens qui sourient ***

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Flammarion – février 2019 – 270 pages

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En une heure, Gloria boucle ses valises et dit adieu à sa maison, sans un seul regard en arrière. Elle file récupérer ses filles à l’école, Stella et Loulou, pour les embarquer sans préavis pour un long voyage. Mère et filles quittent la douceur du Sud et les rives de la Méditerranée pour le Nord et la maison alsacienne de la grand-mère acariâtre de Gloria, maison de son enfance, en pleine forêt de Kayserheim. Mais pourquoi une fuite aussi soudaine ?

Les chapitres alternent le présent et le passé de Gloria, nous permettant de comprendre petit à petit le sens de cette fuite… L’enfance de Gloria se déploie sous nos yeux ; la gamine abandonnée à l’âge de sept ans par sa mère qui se carapate avec son dentiste. Puis la jeune fille confiée à Tonton Gio à la mort de son père, son héritage restant bloqué jusqu’à ses dix-huit ans. Sa rencontre avec l’avocat de la famille, Santini. Une succession d’événement qui aboutissent à la nuit où Samuel, son mari et le père de ses enfants, trouve la mort… Quel lien entre tous ces faits ?

Avec plaisir, j’ai retrouvé l’univers de Véronique Ovaldé ; sa plume fantaisiste, son humour fin et ses expressions imagées uniques en leur genre« Il passait son temps à dessiner des huit langoureux autour des mollets de Loulou en ronronnant comme un frigo qui va rendre l’âme. » Ajouter à cela une ambiance de thriller et un soupçon de surnaturel savamment distillé.

J’ai aimé ce personnage féminin en fuite, ce personnage de mère femme-enfant qui est prête à tout pour sauver ses enfants. Un roman qui nous fait réfléchir sur la maternité : jusqu’où peut-on aller pour protéger ses enfants ? De quoi une mère est-elle capable ?

Un roman sous tension, beau et impétueux, tempétueux, qui nous délivre un magnifique portrait de femme et de mère, à la fois touchant et inquiétant.

Merci encore à Lilylit pour le prêt ❤

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« Chaque matin Gloria se disait, Aujourd’hui je ne me mettrai pas en colère. Et chaque jour elle échouait. Que fait-on d’une colère que l’on garde toujours en soi ? Devient-elle une vilaine tumeur ? Un mélanome sur la peau du bras ? Une petite boule de cheveux au fond de l’utérus ? »

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