Olivier Liron – Einstein, le sexe et moi ***

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Alma – septembre 2018 – 200 pages

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« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. » C’est par ces premiers mots que nous entrons dans le roman d’Olivier Liron ; roman éminemment autobiographique dans lequel l’auteur nous livre sa propre histoire.

Nous sommes en 2012, sur le plateau de France 3. Olivier Liron est occupé à décrocher la victoire face aux autres candidats de Questions pour un super champion. Pendant que la partie fait rage, le jeune homme est submergé par ses souvenirs : son enfance qui se heurte à la violence du monde et cette envie qu’il a eu pendant toute son adolescence de « déchiqueter tout le monde avec les dents ».

Le temps de ce jeu télévisé, Olivier nous livre ses pensées les plus enfouies, ses rêves et cauchemars. Etant autiste Asperger, certains codes sociaux lui échappent complètement ; ainsi il ne comprend ni le sarcasme, ni l’ironie. Olivier préfère la solitude à la compagnie, a des difficultés à se lier avec les autres autant qu’à suivre plusieurs conversations à la fois. Il entretient une fascination pour les dates et les chiffres ; pour s’endormir il a besoin de faire le produit de 247 846 fois 91. « Bienvenue dans mon monde. »

Participer à l’émission de Julien Lepers est sa façon à lui de maintenir la tête hors de l’eau. De survivre. Survivre à sa propre prison intérieure. Pour s’entraîner, il se jette à corps perdu dans les révisions et le savoir qu’il ingurgite sans aucune limite.« Pour moi, c’est Julien Lepers ou la mort. »

Quand on entend trop parler d’un livre, on court le risque d’être déçu… Contre toute attente, le roman d’Olivier Liron – primé par la blogosphère littéraire grâce au Grand Prix des blogueurs – a su me toucher autant que me faire rire. L’humour comme une ponctuation et puis, au détour d’une page, l’émotion qui me prend à la gorge.

***

« Je me suis rempli la tête d’informations pour peupler ma solitude. Pour oublier l’essentiel, pour dompter l’absence et le chagrin. Comme si apprendre des milliers d’informations sans queue ni tête, peupler la mémoire était un réflexe de survie. »

« Quand on ne peut pas parler, on construit des forteresses. Ma forteresse à moi est faite de solitude et de colère. Ma forteresse à moi est faite de poésie et de silence. Ma forteresse à moi est faite d’un long hurlement. Ma forteresse à moi est imprenable. Et j’en suis le prisonnier. »

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