Séverine Vidal & Manu Causse – Nos coeurs tordus ***

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Bayard Jeunesse – 2017 – 223 pages

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Vlad a les genoux qui se cognent et les mouvements désordonnés d’un drôle de pantin désarticulé. Il est handicapé de naissance. Sur son passage, les élèves chuchotent « le tordu ». Il ne sort jamais sans Monique, sa canne – il en a plusieurs, selon les humeurs.

Une classe ULIS vient d’ouvrir au collège. Vlad y fait donc son entrée, aux côtés d’autres Ulissiens… Il y a Dylan, adolescent trisomique. Mathilde, qui est en fauteuil roulant : deux jambes inutiles et une haine qu’elle cultive envers le monde entier. Elle tombe amoureuse de Vlad. Mais le beau gosse aux jambes tordues et à l’humour ravageur est tombé sous le charme de Lou, une jolie blonde. Qui sort avec Morgan.

Chez les non-Ulissiens, il y a Saïd, redoublant, qui se lie d’amitié dès les premières heures avec Vlad. Une de ces amitiés improbables. Saïd qui pâtit de son image d’éternel élève perturbateur. En mars, il aura seize ans et il quittera le collège pour goûter à la liberté ; il a hâte. En attendant, il en pince pour Théa, la sœur jumelle de Charlie.

Tout ce joli petit monde sympathise et se réunit pour tourner un petit film de 3 minutes sous la direction de Vlad et son téléphone, afin de participer à un concours. À la clé, un voyage pour deux à New York…

Mois après mois, l’année scolaire défile et les personnages prennent la parole, à tour de rôle.

Nos cœurs tordus est un roman d’une fraîcheur incroyable ; il aborde le thème du handicap avec légèreté et humour. A mes yeux, il n’a qu’un seul défaut : il est trop court ; certains personnages sont à peine esquissés, survolés, trop peu développés. Une histoire authentique et une bande d’adolescents tordus et cassés auxquels on s’attache de façon indéfectible et que l’on quitte à regrets.

En guise de conclusionUne mention spéciale pour le personnage de Papy Marcel, le grand-père de Vlad qui m’a touchée. Il n’a jamais fait allusion au handicap de son petit-fils, a toujours fait comme s’il n’existait pas. « Tu vois, j’avais raison. Ton handicap n’est rien, comparé à ce que tu vaud. Rien. Alors je le traite comme il le mérite. Je fais comme s’il n’était pas là. »