Audrey Poussier – Tout le monde dort ? ***

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Éditeur : école des loisirs – mai 2018

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Au moment de se coucher, Antoine ne peut s’empêcher de poser une foule de questions à sa maman, comme pour retarder l’heure de s’endormir et d’éteindre la lumière… Il se demande si tout le monde dort : « Même le soleil ? Même la Lune ? » Hé oui, on apprend que même le soleil et la Lune vont se coucher et dorment, comme tout le monde ; le soleil a même un super pyjama noir et rond qu’il enfile à la fin de la journée ! Et la Lune possède une jolie couverture noire dont elle se couvre et se découvre au fil des nuits…

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Tout le monde dort ? est un très bel album remplit de poésie, d’humour et de douceur, à lire avec son petit bout de chou pour le rituel du soir. Franchement, je ne me lasse pas de cet album, c’est la mignonitude incarnée, il fourmille de petits détails à croquer ! Et en plus, Antoine a une magnifique veilleuse en forme de chat ; alors à chaque page que l’on tourne, Kamilichat crie « Chat », toute contente.

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Joann Sfar – Aspirine **

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Éditeur : Rue de Sèvres – Date de parution : juin 2018 – 130 pages

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Aspirine est un vampire coincé depuis 300 ans dans le corps d’une adolescente. Depuis trois siècles, Aspirine traîne sa crise d’adolescence et son physique ingrat derrière elle comme des boulets… Elle envie sa sœur qui a toujours eu vingt-trois ans et se venge en égorgeant tous ses amants. Puis, elle fait la connaissance d’Idgor en cours de philosophie, après avoir été tentée de vider de son sang leur professeur.

Aspirine est cruelle, haineuse et grossière et son passe-temps favori est de mordre les gens qu’elle croise. C’est donc un personnage qui n’est vraiment pas attachant. Quant à Idgor, il est sans contours, un peu fade et amorphe, sans couleurs face à la chevelure flamboyante de l’adolescente vampiresque. Toujours en quête de magie à apporter à sa vie infusée aux jeux de rôle, Idgor est tout de suite fou d’Aspirine. Il devient son serviteur, pour ne pas avouer qu’il est son seul ami… ensemble ils cherchent une solution à la rage qui anime la jeune fille trois fois centenaire.

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Ce roman graphique de Joann Sfar m’intriguait beaucoup. J’ai découvert l’auteur avec l’œuvre réalisée en collaboration avec Véronique Ovaldé – qui m’avait conquise – et son adaptation du Petit Prince – qui m’avait touchée. Mais avec Aspirine, j’ai été plutôt déçue : au fil des pages, un ennui grandissant m’a assailli et le langage très vulgaire et grossier d’Aspirine m’a profondément agacée. C’est une BD qui a beaucoup de potentiel mais qui, à mon sens, manque cruellement de poésie.

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Marie-Christophe Ruata-Arn – Sept roses rouges pour Rachel **

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Éditeur : La Joie de Lire – Date de parution : 2018 – 272 pages

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Elena est en route avec sa mère pour Cigliano, petit village italien écrasé par la chaleur estivale. La jeune fille est furieuse car elle devait passer la soirée avec son amoureux musicien et ses amies Prune et Sarah. Mais elle a loupé son bac, elle n’a donc pas son mot à dire… En août, il fait une chaleur à crever dans la plaine du Pô et il n’y a aucun réseau. Mère et fille font le voyage afin de signer le contrat de vente de la maison de la grand-mère, la nonna Rachel. Des histoires un peu folles s’échangent dans le village à propos de cette vieille bicoque perdue au milieu des rizières où Elena a passé tous ses vacances d’été lorsqu’elle était enfant. Selon certains, les semaines précédant sa mort, la nonna aurait été vue en train de parler et de danser seule au milieu de son salon, en pleine nuit. Comme personne n’a envie d’entrer dans cette maison qui semble bruissante d’esprits, c’est Elena qui va s’y coller, afin de se racheter une conduite auprès de ses parents.

Un joli roman surnaturel, d’une surprenante poésie que j’ai trouvé charmant et déroutant. J’ai aimé cette histoire d’amour et de fantôme. Alors oui, la fin est attendue et facile, peut-être trop convenue, mais le côté insolite de ce roman m’a séduite.

Roman lu dans le cadre de l’opération masse critique Babelio

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Petite sélection estivale de romans

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C’est l’heure du bilan et du traditionnel inventaire au CDI… Les grandes vacances pointent bientôt le bout de leur nez ! Alors je vous propose une sélection de romans – en poche comme en broché – adultes et jeunesse – et de BD, à glisser dans vos valises, à lire cet été, sur la plage, allongé mollement dans un transat, sur votre serviette de bain, au bord de la piscine, ou en rentrant d’une randonnée sportive. Et si vous ne partez pas, ouvrir un de ces bouquins sera pour vous l’occasion de vous évader. Cliquez sur les couvertures pour accéder à ma chronique.

 

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Sélection brochés

 

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Sélection poches

 

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Sélection BD & albums

 

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Sélection jeunesse

 

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Et vous, qu’avez-vous prévu d’emporter comme lectures pour les vacances ?

Marie-Aude Murail – Sauveur & Fils saisons 2 & 3 ***

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Éditeur : école des loisirs – Date de parution : 2016

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C’est avec délice que j’ai entamé la 2ème saison de Sauveur & Fils et retrouvé les personnages du numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans. Sauveur Saint-Yves – psychologue antillais quarantenaire, 1,90 mètres pour 80 kilos – et ses patients, tous plus attachants et touchants les uns que les autres. Sauveur et sa nouvelle vie amoureuse avec Louise…

On retrouve Ella qui désire se faire appeler Elliot et veut devenir écrivain ; à cet effet elle potasse Jack London. Sauveur semble être son seul soutien, son oreille attentive. Blandine dont la sœur a fait une tentative de suicide et qui se fait des shoot au sucre en avalant des kilos de bonbons. Samuel qui ne se lave plus et s’étonne de collectionner les râteaux avec les filles – ne serait-ce pas le seul moyen qu’il a trouvé pour maintenir à distance une mère invasive et étouffante ? Pénélope Motin : jeune mythomane ou jeune femme indéchiffrable ? Et monsieur Jovanovic, ce petit vieux qui vit dans la rue, belle énigme qui vient frapper à la porte de Louise, puis à celle de Sauveur.

Dans la foulée j’ai lu la saison 3. Non, je ne l’ai pas lue : je l’ai dévorée. De nouveaux patients viennent consulter notre psychologue préféré. Parmi eux, monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus l’espionnent à l’aide d’une caméra de vidéo-surveillance cachée dans son plafond. Gervaise Germain qui ne parvient pas à prononcer de mot commençant par « mal » de peur que le mauvais œil ne s’abatte sur elle. La petite Maïlys qui, du haut de ses quatre ans, se tape la tête contre les murs et dont les parents sont complètement accros à leurs smartphones. Quant à Ella, elle se retrouve cyberharcelée par une bande de gamine de son collège.

L’humour est toujours au rendez-vous ; ce n’est pas seulement drôle, tendre et émouvant, c’est également terriblement vrai et juste. Marie-Aude Murail a un vrai talent pour évoquer l’adolescence et ses maux. Deux nouvelles saisons pour deux lectures réjouissantes : un vrai baume au cœur. C’est une de mes sagas jeunesse préférées – avec les Quatre sœurs, de Malika Ferdjoukh.

 

Paulette Jiles – Des nouvelles du monde ****

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Collection Quai Voltaire – La Table Ronde – mai 2018 – 240 pages

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Hiver 1970, Texas. Le capitaine Kidd voyage en solitaire de ville en ville pour lire à voix haute les actualités – de préférence des nouvelles lointaines du monde – devant des assemblées dans des églises et salles de réunion.

Après une de ses lectures à Wichita Falls, le capitaine est chargé de ramener Johanna Leonberger à sa famille, près de San Antonio. Il fait la connaissance de cette enfant de dix ans, chétive et farouche, aux cheveux couleur caramel et aux étranges yeux bleus, vêtue comme une Indienne. Enlevée par des indiens Kiowas à l’âge de six ans, la fillette au regard de poupée de porcelaine se prend pour une indienne ; elle a appris leurs façons d’être, de vivre et leur langage… Le vieil homme et l’enfant vont apprendre à se connaître et à s’apprivoiser tout au long de leur périple qui sera semé d’embûches…

Un roman sublime qui nous propulse dans le temps ; nous parcourons avec Cho-Ena et Kepten les plaines plus ou moins sauvages du Texas à la fin du XIXème siècle, en proie aux conflits avec les tribus indiennes. Un western au rythme palpitant et aux personnages forts et attachants. Coup de ❤ !

Frédéric Rébéna – Bonjour tristesse ***

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Éditeur : Rue de Sèvres – Date de parution : avril 2018 – 96 pages

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1954. Cécile passe l’été de ses dix-sept ans dans une villa en bord de mer, avec son père Raymond, en pleine crise de la quarantaine, et sa toute jeune conquête amoureuse, Elsa. Cécile et son père ont une relation fusionnelle, faite de plaisirs et d’insouciance. Cécile connaît ses premières étreintes avec Cyril et se met à l’écriture d’un roman au fil du temps qui passe. L’arrivée d’Anne« L’orgueilleuse, l’indifférente Anne Larsen » – une vieille amie de la famille, va perturber l’équilibre de ses vacances. Pourquoi vient-elle ?

Cécile est une adolescente en butte avec le monde, au caractère cruel ; mal dans sa peau, elle n’a pas sa langue – fourchue – dans sa poche. Anne est une femme stricte et moralisatrice, qui aime la culture, les bonnes manières et l’intelligence… Dès son arrivée, un subtil affrontement commence entre les trois femmes. Elsa est vite évincée. Quant à Cécile, elle craint de perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi que leurs libertés. Cécile se plonge dans l’écriture et réfléchit à un moyen d’écarter la présence menaçante d’Anne ; la fin de son roman, elle la connaît déjà.

J’ai lu le roman de Sagan il y a quelques années et je dois avouer que je ne m’en souviens qu’à moitié… L’adaptation graphique de Frédéric Rébéna est un très bel objet graphique que j’ai lu d’une traite, le temps d’une soirée. Les premières bulles annoncent d’emblée la fin, tragique. La beauté des illustrations épouse la froideur et la distance du texte ; peu à peu, nous ressentons un effet de malaise. Le contraste entre le cadre idyllique – un ciel dans le bleu duquel on a envie de se noyer – et le venin qui coule dans les veines de ces femmes est saisissant. Il me reste à relire le roman de Sagan pour comparer mes deux lectures…!

 

Diane Ducret – La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose ***

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Éditeur : Flammarion – Date de parution : février 2018 – 273 pages

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Enaid se fait larguer au téléphone dans le taxi qui l’emmène à Gdansk, Pologne. Pour couronner le tout, Léna, sa mère biologique qu’elle n’a jamais revu depuis l’enfance, lui annonce qu’elle a un cancer en phase terminale.

À trente-trois ans, la jeune femme n’a jamais pu se défaire d’une indéfinissable sensation de manque ; depuis l’enfance elle sent que quelqu’un ou quelque chose lui manque. Et selon la loi d’Enaid, le pire lui arrive toujours. « Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera encore plus mal qu’on aurait humainement pu le prévoir. » C’est une loi de Murphy puissance dix.

Ces deux mauvaises nouvelles permettent à la jeune femme de faire un bond en arrière dans ses souvenirs et d’évoquer son enfance et son adolescence, de Paris à Biarritz, en passant par Rome, Le Caire et San Diego, Enaid l’enfant surdouée cherche à combler ce manque en elle.

Elle se souvient de Léna, éternel oiseau de nuit, qui l’a enlevée à l’âge de six ans à la sortie de l’école pour l’embarquer dans sa vie, lui faisant croire à un voyage en Amérique.

Elle se souvient d’Yvette, sa mère adoptive, qui a pour unique obsession de faire en sorte qu’Enaid ne devienne pas une traînée comme Léna. A l’adolescence, elle se rend compte que ses parents adoptifs sont vraiment vieux. En fait, Yvette et André sont ses grands-parents. Et ils ne rient jamais.

Ce bouquin à la couverture ornée d’un flamant rose est une très belle surprise ! Avec un ton délibérément mordant et tordant, Enaid se livre sur sa vie, le manque de sa mère, ses échecs. Un beau roman initiatique à l’humour décapant – laissant aussi la place à l’émotion – qui met en lumière une relation mère-fille caractérisée par l’absence.

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« Vient ensuite la déferlante de lieux communs, à commencer par le : « C’est pas toi, c’est moi. »  J’imagine Hitler disant aux Juifs de Varsovie : « C’est pas vous, c’est moi. » Ou l’ours sur la banquise en train de chiqueter un phoque : « C’est pas toi, c’est moi. »

« Je ne sais pas comment ils vivent, ceux qui n’ont pas songé à mourir au moins une fois, ceux qui n’ont pas pleuré jusqu’à leur bile, ceux qui sont tout de suite heureux. »

« Toutes les fois où je me suis ramassée m’ont laissé la pire cicatrice qui soit, la peur. Celle d’aimer, qu’on ne m’aime pas, d’être seule, de tomber, d’être loin de chez moi. Vivre me fait mal aux coutures à peine cicatrisées, ça me tire trop fort. Je suis un Frankenstein aux cent bouts rapiécés. »

 

Chroniques oubliées #2

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Les chroniques oubliées sont consacrées aux romans pour lesquels on manque de temps ou pour lesquels on a du mal à trouver les mots pour en parler… mais que l’on ne veut malgré tout – et surtout – pas oublier.

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Hélène a dix-huit ans lorsqu’elle débarque à Paris dans l’espoir de devenir célèbre d’une manière ou d’une autre. Elle loge chez sa cousine qui ne se contente pas de lui faire découvrir les quartiers célèbres… La cocaïne puis la MDMA alias Marie, deviennent les compagne de ses nuits« Je danse sans bouger. Je suis l’ivresse en personne. » Écumant les boîtes de nuit et les after, la jeune fille perd pied avec la réalité. « Suis-je la seule à ressentir ce que je ressens? » Un texte âpre et acide, servi par une plume poétique, qui donne peu à peu la nausée« Ce qui brille le plus en mes nuits de cristal n’est pas la lumière de la scène, mais la peau moite des âmes poudreuses, qui scintille. »

Folio – 2017 – 96 pages

 

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Baddawi, c’est le camp de réfugiés où se retrouve la famille d’Ahmed, à Tripoli au Liban. Après la Nakba, en 1948, les Palestiniens sont chassés de chez eux et ne peuvent revenir. Dans cette BD biographique, la dessinatrice raconte l’enfance et l’adolescence de son père, sous forme d’anecdotes – parfois cocasses – nous dépeignant le quotidien d’un enfant réfugié palestinien en temps de guerre. L’histoire personnelle s’imbrique dans l’Histoire du conflit. Un roman graphique engagé qui nous offre un témoignage émouvant.

Seinkis – 2018 – 120 pages

 

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Nous retrouvons Lena et Lila, à la fin des années 60. Elles ont vingt-cinq, puis trente ans. Lena vient d’écrire un roman et s’installe à Florence, découvre le mariage, la maternité et réfléchit à l’écriture d’un deuxième livre… Quant à Lila, elle travaille toujours dans son usine mais compte retourner vivre dans le quartier de leur enfance à Naples. J’ai trouvé ce 3ème tome beaucoup plus sombre que les précédents. Il nous dépeint les luttes & agressions entres fascistes et communistes. Elena découvre le féminisme et la maternité, la vie conjugale qui ne l’épanouit guère. Une plume toujours aussi addictive, voire davantage pour décrire avec brio une amitié toujours aussi tumultueuse et ambivalente. ❤

Folio – janvier 2018 – 544 pages