Jim Harrison – La fille du fermier ***

product_9782070468409_195x320

Éditeur : Folio – Date de parution : novembre 2017 – 129 pages

*

La fille du fermier c’est Sarah, la fille de Peps et Franck – ils vivent dans le fin fond du Montana. Un père taciturne et une mère évangéliste qui, lorsque Sarah a quatorze ans, fuit avec le premier homme venu. Poursuivant des études par correspondance, Sarah rêve de Montgomery Clift, et de quitter sa vie pour le grand Ouest ou New York. Elle dévore les bouquins que lui prête en cachette Terry, son ami au pied bot ; Willa Cather, la poésie de Withman, Dreiser… Grâce à la lecture, elle découvre la vie, s’enrichit et apprend tout ce qui se passe en dehors de ce coin paumé où elle habite. Elle passe son temps avec sa chienne Vagabonde, son cheval Lad et Old Tim, son seul ami.

Quand l’irréparable se produit, Sarah se métamorphose ; éprise de vengeance, oscillant entre fureur et dépression, la jeune femme demande réparation… Un beau récit, âpre et vivant, servi par une écriture juste et émouvante.

***

« Elle se rappela alors un rêve troublant de la nuit précédente et se dit tout à trac qu’elle devait faire grandir sa vie pour que son traumatisme devienne de plus en plus petit. »

Bilan livresque de l’année 2017

bilan

Je n’en reviens toujours pas de devoir écrire ce bilan… Déjà ! Cette année 2017 a filé à une allure folle. Une année tellement riche. Tellement de changements. Même si l’arrivée d’un petit bout de chou a quelque peu changé mes habitudes – pour ne pas dire révolutionné ma vie de bout en bout – mon amour des livres et ma consommation littéraire n’ont – presque – pas changé. Juste avant la naissance, j’ai lu à un rythme assez soutenu – merci gros bidon et petit congé mat’ – et après j’ai dévoré les bouquins à une allure plus modérée. Je commence aussi à connaître le bonheur de faire découvrir les livres à ma fille, qu’ils soient en carton ou en tissus – en papier il vaut mieux éviter de la laisser seule avec, même si elle adore piquer mon livre quand elle me voit lire à côté d’elle. Bref, 2018 me réserve encore de beaux horizons littéraires, je l’espère…!

***

135 livres lus cette année, dont 21 bandes dessinées & albums.

Parmi mes lectures, voici celles qui m’ont particulièrement marquée :

° Littérature étrangère °

station-eleven   les-etoiles-s-eteignent-a-l-aube-500x750    image

*

° Littérature jeunesse °

4128QHPT0SL._SX312_BO1,204,203,200_   71JEV7wuUvL   004905919

*

° Littérature française °

manuelecritureetsurvie1-173x300   OVousSoeursHumainesMelanieChapuis   linea-nigra-947963

*

° Romans graphiques °

apocalypse-selon-magda 9782923841328 Une_soeur

*

° Poésie °

Milk-and-honey

*

° Ovni °

Capture

*

° Pavés chéris °

004830080   71KxUUB-qnL   product_9782070446056_195x320

***

Je vous souhaite à tous une très belle année 2018, de belles et enrichissantes lectures, des découvertes culturelles, des pépites et des étoiles dans les yeux.

 

Anne-Laure Bondoux – L’aube sera grandiose ***

bondouxanne-laure-l-aubeseragrandiose-9782070665433_0

Éditeur : Gallimard Jeunesse – Date de parution : octobre 2017 – 297 pages

*

Vendredi, 22:00. Nine se retrouve contre son gré dans la voiture de sa mère, qui file à toute allure. Elle était censée aller au bal du lycée et sa mère l’a embarquée avec elle, sans préavis. 500 kilomètres plus tard, mère et fille se retrouvent devant une cabane au bord d’un lac, en pleine forêt. La nuit est noire et profonde. Aucun réseau. Titiana a une histoire à raconter à sa fille – une histoire qui prend racine dans son enfance, en juillet 1970. Des personnages inoubliables émergent peu à peu des mots de la mère : Octo, Orion, Rose-Aimée, sa folie et ses amours.

Le roman se construit page après page sur une alternance du présent – la nuit qui s’écoule heure après heure – et du passé – l’enfance de la mère. Le temps d’une nuit blanche, Titiana révèle son passé à sa fille. Les heures s’égrènent au rythme des souvenirs et les certitudes de Nine à propos de sa mère s’évanouissent les unes après les autres. Son écrivain de mère, surnommée la Fée du Suspense, lui raconte sa propre histoire.

Un beau roman jeunesse que j’ai dévoré, un vrai page turner au suspense savamment cuisiné… Les mots d’Anne-Laure Bondoux sont un vrai plaisir ; ils sont cette fois-ci ponctués par les dessins de Coline Peyrony. Un roman que l’on prend plaisir à lire, mais qui m’a laissée légèrement sur ma faim.

***

« Comme le bruit du moteur se rapproche, Nine fait pivoter son corps vers le lac. Non. Elle n’est pas prête à affronter en chair et en os les personnages qui ont peuplé sa nuit. »

Tag – Les Associations littéraires

tagassolitte

Oh, comme cela faisait longtemps que je n’avais pas fait de tag ! Ce n’est pas faute d’avoir été taguée plusieurs fois… Merci à Lilylit pour cette jolie nomination, j’ai trouvé ce tag composé d’associations littéraires assez poétique, alors je m’y suis mise de bon coeur.

*

  • Un livre qui te rappelles un moment triste

La Petite lumière de Antonio Moresco… commencé au moment des attentats du 13 novembre, j’avais eu beaucoup de mal à me plonger dans ce roman et à en apprécier la lecture.

la_petite_lumiere

*

  • Un livre qui te rappelles un moment joyeux 

Je remplacerais « moment joyeux » par « moment heureux » et je citerais La Voleuse de livres, de Markus Zusak, que j’ai lu pendant mes vacances en Égypte au printemps 2016… vacances paradisiaques et magiques que j’associe à cette lecture, que je dégustais sur la plage, après avoir passé une journée à arpenter Le Caire, émerveillée devant les pyramides.

la-voleuse-de-livres-758981

*

  • Un livre qui te ramène en adolescence

Je pense immédiatement au Journal intime de Georgia Nicolson, de Louise Rennison. Je dévorais les tomes les uns à la suite des autres en me poilant comme une baleine. Je les ai toujours dans ma bibliothèque et je les relirais bien pour faire un petit voyage spatio-temporel.

51AyBbcb2IL._SX322_BO1,204,203,200_

*

  • Un livre qui te fait penser à un de tes (anciens) profs

Le Petit Prince, de Saint-Exupéry. Etudié en licence de lettres, dans le cadre d’un travail à rendre pour un cours fascinant sur la littérature de jeunesse – analyse textes et images. La prof était géniale, j’avais appris tellement de choses pendant ce semestre de cours !

41zmScEUDML._SX210_

*

  • Un livre qui te fait penser à une personne disparue…

Je sèche un peu…

*

  • Un livre que tu associes à quelqu’un… qui ne l’a pas lu !  

Nous sommes tous des féministes, de Chimamanda Ngozi Adichie. Que j’associe à mon petit mari… Cela fait des lustres que je lui en parle, que je le laisse traîner sur la table basse du salon pour qu’il s’y plonge enfin, car il apprendrait pas mal de choses en le lisant !!!

A46458_Nous_sommes_tous_des_feministes.indd

*

  • Un livre qui t’évoque une saison 

Été de Mons Kallentoft. Un tueur en série qui sévit dans la petite ville de Linkoping, écrasée par la canicule… Une lecture très prenante, au suspens terrible.

CVT_Ete_1396

*

  • Un livre qui t’évoque une couleur

Le Cœur cousu, de Carole Martinez, que j’associe à la couleur rouge… certainement en raison de la couverture de la version poche. Un roman coup de cœur qui m’avait littéralement happée !

81COdPkP-nL

*

  • Un livre qui t’évoque une denrée

Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, de Kerry Hudson. Tout est dans le titre ! Un joli coup de coeur pour ce roman.

tony-hogan

*

  • Un livre que tu associes à un animal              

Je pense immédiatement au Vieil homme et la mer, de Hemingway. Un roman terrible et beau, que je relirai certainement. Un roman que j’associe à ce poisson immense, ce combat entre l’homme et l’animal, à l’élément marin en général.

812O4tmbonL

*

  • Un livre que tu associes à une chanson (ou un album)

J’écoute souvent de la musique quand je lis, mais il n’y a pas une chanson ou un album en particulier qui m’a marqué à un moment donné pour telle ou telle lecture.

*

  • Un livre que tu associes à un réalisateur qui pourrait l’adapter

Je sèche aussi !

*

  • Un livre que tu associes à… un livre d’un autre auteur !

Don Quichotte de Cervantès, que j’associe à Si par une nuit d’hiver un voyageur d’Italo Calvino, tout simplement parce que j’avais eu un cours de littérature comparée à la fac avec ces deux œuvres et que j’avais adoré…

product_9782070149582_180x0

 

Et pour le plaisir, je vais taguer… Mes échappées livresques, Topobiblioteca & Le Petit Pingouin Vert 😉

Elena Ferrante – Poupée volée **

Poupee-volee

Éditeur : Folio – Date de parution : septembre 2017 – 208 pages

*

Leda quitte la ville pour passer des vacances en bord de mer. Se rendant chaque jour à la plage, elle observe les familles, les querelles et les discussions animées des uns et des autres. Nina et sa fille Lena captent particulièrement son attention. L’enfant passe son temps à jouer avec sa poupée, dont elle ne se sépare jamais.

Observer cette mère et sa fille, leur relation, renvoie Leda à son propre passé, sa propre relation à ses filles, à la façon d’un jeu de miroirs.

Un jour, Leda s’empare de la poupée de l’enfant, sans vraiment savoir pourquoi. Un geste insensé qu’elle ne s’explique pas, comme beaucoup de choses dans sa vie – ses accès de folie, de fureur, son comportement envers ses deux filles.

Un intriguant portrait de femme qui oscille entre raison et folie. Elena Ferrante analyse toujours avec brio la psychologie féminine, les relations entre une mère et sa fille, la maternité qui peut être vécue de façon très complexe. Il m’a cependant manqué un je ne sais quoi pour garder en mémoire ce roman sur le long terme.

[Tout-petits] Sélection de livres pour Noël

Noël approchant à grands pas – hé oui c’est déjà dimanche soir – je vous propose une petite sélection livresque dans le ton… 3 bouquins qui ont du succès auprès de mon petit baby de neuf mois, qui va fêter son tout premier Noël.

*

Bonjour-Pere-Noel

Dans Bonjour Père Noël, nous faisons la connaissance d’un drôle de Père Noël qui n’a aucun des cadeaux commandés par les enfants à qui il rend visite… et qui va devoir improviser pour satisfaire chacun ! La première fois que j’ai lu cet album à Kamilichat, j’ai beaucoup ri. Les fois suivantes également. La chute finale est tordante. Un album rempli d’humour, aux dessins adorables, qui fera rire autant – voire plus – les parents que les enfants.

*

joyeux noel lou

Je crois que Joyeux Noël, Lou ! est un de mes albums préférés : il est juste magnifique ! En grand format cartonné, il possède à chaque page des petits rabats à soulever et des languettes à faire coulisser pour découvrir ce qui se cache dans chaque pièce de cette maison qui se prépare à fêter Noël. Il y a la porte du frigo à ouvrir dans la cuisine, la robe de soirée de Maman qui se cache derrière une serviette dans la salle de bain… Les bougies à allumer et les veilleuse à éteindre. Cet album est tout simplement magique ! Il regorge de détails qui sont autant de trésors à découvrir et re-découvrir… J’ai complètement craqué et Kamilichat adore, elle se jette à chaque fois sur les rabats, tape des mains sur les pages et m’arrache littéralement l’album des mains.

*

005122552

Pour célébrer Noël, rien de mieux que ce petit imagier aux couleurs vives et brillantes. Une jolie histoire qui met en scène les lutins et la préparation des cadeaux dans l’atelier du Père Noël. Page après page, une petite voix cherche à savoir l’origine de ce chant que l’on entend… Mais qui chante donc ? Est-ce toi petit oiseau ? Est-ce toi petit loup ? Chaque page regorge de petits détails à croquer, de reflets argentés. Un imagier de Noël à mettre entre toutes les petites mains, facile à manipuler, à attraper et à feuilleter… Et, en ce qui nous concerne, il fait à chaque fois briller les petites mirettes de Kamilichat.

*

Je vous souhaite à tous de très belles fêtes de Noël !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laetitia Colombani – La Tresse ****

41trI3P4aAL._SX195_

Editeur : Grasset – Date de parution : mai 2017 – 224 pages

*

Ce roman tisse entre eux le destin de trois femmes issue de trois régions du monde aux antipodes les unes des autres.

En Inde, dans le village de Badlapur, Smita est une Dalit, une Intouchable. « Hors caste, hors système, hors tout. Une espèce à part, jugée trop impure pour se mêler aux autres, un rebut indigne qu’on prend soin d’écarter ». Comme sa mère avant elle, Smita est scavenger, elle doit ramasser les excréments des Jatts. Chaque matin, c’est le même rituel. Elle rêve que sa fille ne connaisse pas le même destin et puisse un jour aller à l’école.

…..En Sicile, à Palerme, Giulia travaille dans l’atelier de son père, spécialisé dans la fabrication de postiches et perruques avec de vrais cheveux. Lorsque son père se retrouve entre la vie et la mort après un accident de la route, Giulia découvre que l’entreprise familiale est ruinée.

…….Au Canada, à Montréal, Sarah a la quarantaine, c’est une avocate réputée. Mère de famille, elle élève seule ses trois enfants. Sa vie est milimétrée et chronométrée, aucune place n’est laissée à l’improvisation, son temps est minutieusement orchestré. Surmenée par son travail, elle voit rarement ses enfants et la culpabilité lui pèse. Jusqu’à l’annonce de sa maladie.

Ces trois femmes vont voir leur vie se transformer. Elles vont devoir quitter ce qu’elles ont connu, faire le deuil de ce qu’elles avaient, de ce qu’elles étaient. De leur passé, de leurs héritages.

Ce sont également trois féminités en prise avec le machisme, les violences faites aux femmes, que ce soit dans l’Inde des castes, dans une entreprise où sévit la discrimination ou au sein du cercle familial qui exige des sacrifices…

Au fil des mots et des chapitres, la romancière tisse des liens entre ces trois femmes, les relie les unes aux autres. J’ai aimé la façon dont la tresse est utilisée comme une métaphore de l’écriture. Les cheveux, ce symbole de la féminité ; il y a ceux que l’on donne en offrande, ceux que l’on perd à cause du cancer, ceux que l’on tisse dans un atelier sicilien…

Un très beau roman, à la fois simple et poétique, élégant et émouvant.

Découvrez les avis de My pretty books, Johanna, Bric à Book, et beaucoup d’autres.

***

« J’aime ces heures solitaires, ces heures où mes mains dansent. C’est un étrange ballet que celui de mes doigts. Ils écrivent une histoire de tresse et d’entrelacs. Cette histoire est la mienne. Pourtant elle ne m’appartient pas. »

 

Timothée de Fombelle – Neverland ****

fombelle-neverland

Éditeur : L’iconoclaste – Date de parution : septembre 2017 – 128 pages

*

« Je suis parti un matin d’hiver en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. Je voulais la mettre à la lumière, la regarder, pouvoir en faire le tour. Je l’avais toujours sentie battre en moi, elle ne m’avait jamais quitté. »

Pour une fois, Timothée de Fombelle ne nous livre par un roman jeunesse ; il choisit d’écrire sur l’enfance. Cette enfance que l’on retrouve dans ses romans, il nous la conte avec poésie et talent, comme à son habitude.

Le romancier cherche à savoir comment, un jour, il est passé de l’enfance à l’âge adulte ; cela semble s’être fait sans qu’il s’en rende compte. C’est un voyage pour lequel on n’est jamais préparé. « Alors on fait semblant. Cela commence toujours ainsi. On fait semblant d’être grand. Et dans le meilleur des cas, je crois, on fera semblant toute sa vie. » Alors, un matin, il décide de partir en chasse de cette enfance. En chasse de l’enfant, ce personnage singulier, qu’il était. Il se retrouve en pleine nuit devant la maison de ses grands-parents, plongée dans l’obscurité, à la recherche d’un poème perdu depuis trente ans.

J’aurais adoré lire ce bouquin à l’époque où j’ai écrit mon mémoire sur l’enfance dans l’oeuvre de Sylvie Germain ; dévoré le temps d’une après-midi, ce texte nous offre de magnifiques citations sur ce paradis perdu. Timothée de Fombelle trouve les mots justes pour évoquer l’enfance et l’imaginaire, « cette énergie renouvelable à l’infini ».

La réflexion de l’auteur prend des allures de conte ; il y mêle son propre passé : la saveur de ses vacances, ses grands-parents – figures totem de l’enfance par excellence – ces conteurs et consolateurs, leurs tiroirs remplis de trésors. L’écriture résonne de fragrances, de sons, de couleurs… une écriture sensorielle qui m’a encore une fois séduite.

***

« Mais au début, il n’y a que la sensation. Le monde vient cogner contre lui et l’enfant le laisse entrer. »

« Je retrouvais cette douleur plus aiguë, incompréhensible, venue d’avant l’humanité, d’avant l’enfance. Moi qui me baignais dans des souvenirs de liberté, je me rappelais soudain ma peau d’enfant qui craquait sous l’envie d’exister. »

Sophie Adriansen – Linea Nigra ****

linea-nigra-947963

Éditeur : Fleuve – Date de parution : septembre 2017 – 493 pages

*

Je vous présente aujourd’hui un curieux objet littéraire : à la fois roman, enquête et essai sur la maternité, la grossesse et la condition féminine, la façon dont une femme devient une mère. Tous les changements intérieurs et extérieurs qu’une femme va connaître à partir du moment où elle apprend qu’elle est enceinte. Ce livre est aussi une belle histoire d’amour, celle de Stéphanie et de Luc, qui se rencontrent un soir. Puis, quelques mois plus tard, décident de devenir parents.

Je ne sais pas si c’est un livre qu’il faut avoir lu avant d’accoucher. En tous cas, neuf mois après avoir rencontré ma fille, il m’a profondément émue. Sophie Adriansen trouve les mots justes pour décrire cet état dans lequel on est lorsqu’on devient mère, jour après jour. Ce deuil de la femme que l’on était avant l’accouchement. Tout ce qui peut se passer dans notre petite tête et dans notre corps, irrémédiablement changé par un tel événement.

Ce livre est un trésor dans lequel je me suis plongée, dans lequel je me suis reconnue et qui m’a bouleversée. J’ai compatis, souris, pleuré – mes propres souvenirs ont refait surface… Un roman écrit avec sensibilité et justesse, qui nous livre une histoire d’amour, de naissance, une histoire de femme(s).

La grossesse vécue, mois après mois. Puis l’accouchement, la mise au monde d’un enfant, cette épreuve que vivent les femmes et que ne connaîtront jamais les hommes ; le fossé immense creusé entre eux. Donner la vie, rien que ça.

Au fil des pages, nous découvrons des anecdotes à propos de la maternité, de l’accouchement, la césarienne, l’allaitement, les conséquences physiologiques et psychologiques chez la femme. Des réflexions sur la pma, l’adoption, et les limites de ce droit à l’enfant, ce désir d’enfant. Le ton est parfois caustique, révolté – quand il s’agit de dénoncer les pratiques médicales abusives. Un livre féministe et militant, aux témoignages multiples – kaléidoscope féminin qui offre une palette de mots et de regards sur la maternité.

***

« J’ignorais que le bonheur pouvait être aussi violent. Qu’il pouvait cogner aussi fort. Qu’il pouvait faire aussi mal. Je n’étais pas préparée. »

« Je partage à jamais un secret avec mon bébé, le secret de sa vie in utero, le secret de la façon dont mon corps l’a bercé, l’a porté, l’a fait grandir. Chacun a offert un cadeau à l’autre, qui n’avait rien demandé. Moi celui de le faire naître. Lui celui de me transformer. A jamais. Le secret qu’à un moment donné de l’existence, lui et moi avons fusionné. »

« Désormais je ne suis plus dans l’attente de quoi que ce soit, il me faut vivre. Embrasser la vie. La prendre à bras-le-corps. Y plonger, tout entière, en cessant de retenir mon souffle. »