Ramadier & Bourgeau – Le Livre amoureux ****

IMG_2785

Éditeur : l’école des loisirs – Date de parution : septembre 2017

*

C’est l’histoire d’un livre amoureux… Mais amoureux de qui ? De toi ! Hé oui, rien que ça… La mise en scène de ce livre est à la fois tendre et drôle : c’est une petite souris rose qui recueille les émotions et confidences d’un livre tour à tour morose, timide, rougissant…

J’ai trouvé cet album jeunesse original et craquant ! Le visage du livre change d’expression au fil des pages et des émotions qui le traverse. Un album qui invite le mini lecteur à le toucher, lui faire un câlin, un dessin, et à interagir avec lui.

Un vrai plaisir de lecture, que ce soit pour bébé ou maman !

***

IMG_2855

IMG_2856

Merci aux éditions de l’école des loisirs pour cette jolie découverte plein de mignonitude ❤

 

Publicités

Anna Brones – Lagom, vivre mieux avec moins ***

9782100770199-001-X

Éditeur : Dunod – Date de parution : septembre 2017 – 221 pages

*

Le lagom est un concept suédois qui signifie le juste milieu. C’est une philosophie de vie qui nous incite à vivre avec juste ce qu’il faut, juste ce dont nous avons besoin. Entre les hivers interminables où l’obscurité domine, et les étés où le soleil semble ne jamais vouloir se coucher, les Suédois ont trouvé un équilibre dans le lagom. Vivre lagom c’est aspirer à une vie plus équilibrée et durable, fondée sur les plaisirs simples.

« C’est un équilibre que l’on trouve dans la vie de tous les jours, dans la recherche du bien commun plutôt que de l’intérêt de chacun ».

IMG_2865

Un bouquin très agréable à lire, agrémenté de belles photos évocatrices à travers lequel Anna Brones nous offre un message écologique, humain et plein d’espoir. Bien documenté et complet, cet ouvrage se veut accessible et réaliste, nous offrant une foule de conseils pour vivre lagom – un art de vivre à la portée de tous, que chacun peut mettre en pratique au travail, chez soi, dans l’agencement de son intérieur, dans sa façon de cuisiner, et dans le regard qu’il porte sur son quotidien. Les recettes pour cuisiner lagom m’ont particulièrement ravie, elles donnent l’eau à la bouche et semblent relativement simples à réaliser…

IMG_2863

Une lecture que je ne peux que vous recommander…!

Anne-Laure Bondoux – Tant que nous sommes vivants ****

71JEV7wuUvL

Éditeur : Gallimard Jeunesse – Date de parution : 2014 – 297 pages

*

« Tu crois qu’il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue ? »

L’ombre et la lumière, le bruit et le silence. L’un révèle l’autre… Bo et Hama se rencontrent à l’Usine où ils travaillent tous deux à la fabrication de machines de guerre. Hama travaille la nuit quand Bo travaille le jour. Bo se lève à l’aube quand Hama se lève au crépuscule. À la relève du matin, ils échangent leurs postes ; ils se tombent dans les bras puis tombent amoureux. Ils ne se retrouvent que le dimanche pour vivre pleinement leur amour. « Ils vivaient à l’envers l’un de l’autre, pendant que l’Usine fonctionnait sans interruption, avalant des tonnes de métal… »

Certaines nuits, le sommeil se fait désirer pour Bo qui se dirige alors vers Le Castor Blagueur, le cabaret de Titine-Grosses-Pattes où les spectacles et tours de magie s’enchaînent. Un matin, Bo n’entend pas son réveil. Un matin, l’Usine vole en éclats.

Dès les premières pages, j’ai su que je tenais une pépite entre mes mains… La langue poétique d’Anne-Laure Bondoux m’a tout de suite hypnotisée.

Quel talent de conteuse ! Sous sa plume, tout un monde prend vie : La Tsarine, le vieux Melkior et ses prédictions, le théâtre d’ombres, ces petits êtres au teint d’endive cuite portant des noms de nombres, qui vivent dans le Bas… L’écriture de Bondoux est soyeuse et poétique, en quelques mots nous basculons dans un monde unique. Un roman inoubliable sur l’amour et la perte.

***

« Bo avait vu le jour dans une région sauvage, hérissée de forêts. Un pays d’herbes noires que le vent rabat sur la prairie. Où les fleuves servent de routes. Où les lacs suivent en tremblant la course des nuages. Une terre tatouée par les sabots des troupeaux, figée sous la glace de l’hiver et que chaque printemps éventre en milliers de ruisseaux. »

« Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps bénis où nous étions les maîtres de notre destin. Puis, sans que nous sachions pourquoi, tout cela nous avait échappé, et seule l’Usine était restée. »

« Vers quoi allions-nous ? Je n’en avais qu’une idée vague. Vers nous-mêmes, probablement, comme tous les voyageurs. (…) Devant nous s’étendait la steppe, inexplorée, sauvage. Mais nous étions deux enfants blessés et amoureux : rien ne pouvait nous résister. »

Rupi Kaur – Lait et miel ****

2017-07-21_144527

Editeur : Charleston – Date de parution : septembre 2017 – 192 pages

*

IMG_2237

Lait et miel est un très bel objet littéraire, qui prend la forme de confessions poétiques ; il est en effet composé de courts poèmes en prose. À travers quatre chapitres, Rupi Kaur évoque l’amour, la perte, les abus sexuels, la féminité. Elle dénonce, elle défend – la place de la femme dans la société – elle console… Ses mots sont un baume pour les maux des femmes au XXIème siècle.

IMG_2236

Un beau recueil poétique et intime où la poésie s’écoule sans point ni majuscule. Rupi Kaur nous livre des bribes de pensées sur son enfance et les abus de ce père intrusif et violent. Une enfance qui aura un impact sur sa vie amoureuse. Certains passages sonnent comme des aphorismes, des conseils, des morceaux d’espoir.

La voix qui s’élève de ces pages est à la fois rauque de douleur et douce d’espoir. Les mots de la poétesse distillent une petite musique entêtante, qui me donne envie de lire à voix haute certains passages… Parfois, quelques mots suffisent à provoquer l’émotion du lecteur. Les dessins qui ponctuent les textes épousent harmonieusement les mots.

IMG_2238         IMG_2243

En somme, Lait et miel est un petit bijou littéraire sur la souffrance mais aussi la guérison ; ce recueil a su conquérir mon petit cœur, grâce à des mots justes, aux résonances universelles – qui ont su faire écho en moi.

Un livre que je vais laisser à mon chevet, pour de multiples relectures !  ❤

***

IMG_2247

 

Mélanie Chappuis – Ô vous, sœurs humaines ****

OVousSoeursHumainesMelanieChapuis

Éditeur : Slatkine & Cie – Date de parution : août 2017 – 128 pages

*

Dans ce recueil de textes, Mélanie Chappuis explore la féminité sous toutes ses facettes. En six chapitres, des rivalités aux vanités, en passant par les complicités, les solidarités, les dualités et les fidélités… la romancière nous offre des instantanés de femmes, à travers les époques et les pays – une féminité qui transcende le temps et l’espace – de l’Amérique latine au Moyen-Orient, en passant par la France – mais aussi les cultures et les générations.

Texte après texte, les relations entre femmes sont savamment étudiées, esquissées en quelques mots – des mots toujours justes. L’auteure a un talent fou pour faire mouche en quelques mots et faire naître l’émotion. Certaines scènes m’ont émue par leur humanité, d’autres m’ont saisie par leur cruauté et leur violence. D’autres encore m’ont révoltée ou serrée le cœur. Autant dire que cette lecture m’a fait passer par une palette d’émotions.  

Sous la plume de Mélanie Chappuis, la vérité se révèle sans fard, mise à nue. Un recueil de voix féminines et féministes où des mères, des filles, des épouses, des maîtresses, des amies prennent la parole et se révèlent.

Un livre essentiel, qui vient compléter ma lecture récente du livre de Chimamanda Ngozi Adichie, Nous sommes tous des féministes.

Merci aux éditions Slatkine & Cie pour ce coup de cœur !  ❤

 

Valentina D’Urbano – Acquanera ***

Acquanera

Éditeur : Points – Date de parution : février 2017 – 405 pages

*

 

Après dix années d’absence, Fortuna revient à Roccachiara, petit village perdu dans les montagnes. Elle avait pourtant juré ne plus jamais y mettre les pieds. Mais des ossements ont été retrouvés dans les bois ; peut-être s’agit-il de ceux de Luce, son amie d’enfance qui a disparu le jour de ses vingt et un ans.

Valentina d’Urbano met en scène trois générations de femmes, Elsa, Onda, Fortuna. « Je suis née dans une famille étrange, une famille de femmes. » Elsa, la grand-mère, avait la réputation d’être une sorcière – elle faisait des rêves prémonitoires, annonçant les catastrophes et les morts. Quant à sa mère Onda, née le jour où le lac s’est déversé dans la vallée, elle a le don de voir les morts – les disparus viennent la visiter et lui parler. Cette figure odieuse de mère qui n’a jamais voulu l’être m’a secouée – haïr à ce point son propre enfant. Et Fortuna, élevée par sa grand-mère, à qui l’on souhaite de n’avoir aucun don. En Luce elle trouvera une alliée précieuse.

Ce roman m’a rappelé l’univers de Véronique Ovaldé – ces générations de femmes qui accouchent de filles – mais également Le Cœur des louves. C’est une belle lecture, dont l’atmosphère surnaturelle et mystique m’a beaucoup plu. Mais une lecture également terrible sur l’amour, la filiation & la mort. La plume de Valentina d’Urbano donne vie à des personnalités fortes et flamboyantes.

***

« Maintenant tu auras, toi aussi, quelqu’un. Quelqu’un qui te restera, que tu porteras pour toujours en toi, y compris quand je ne serai plus là. Ton enfant te rappelleras qui tu es. »

« A qui ressemblais-je ? Qui étais-je ? On n’est jamais ce que l’on prétend être. »

« L’amour d’un enfant est le sentiment le plus obstiné qui soit. Il dure une éternité, il va à l’encontre de tout. Il est bête et incorruptible. »

Benedict Wells – La Fin de la solitude ***

eLa-fin-de-la-solitude

Éditeur : Slatkine & Cie – Date de parution : août 2017 – 285 pages

*

Après un accident de moto, Jules se réveille allongé dans un lit d’hôpital. Comment s’est-il retrouvé là ? Dans son esprit brumeux, les souvenirs refont surface. Son enfance, ses vacances en France dans les années 80… Alors qu’il n’est encore qu’un enfant, ses parents meurent dans un accident de voiture. Avec son frère Marty et sa sœur Liz, ils se retrouvent orphelins. Recueillie par leur tante, la fratrie poursuit sa scolarité dans un internat.

Chaque enfant va réagir différemment au drame. Marty s’enferme dans sa solitude et son mutisme, avec ses jeux vidéos ; il développe plein de tics, ne peut s’empêcher de fermer huit fois de suite sa porte de chambre quand il sort… Liz – la grande sœur qui semble toujours jouer la comédie, qui dessine & se vante de ses petits copains – prend goût à la drogue. Quant à Jules, le petit dernier – narrateur de cette histoire – il a l’impression parfois d’être spectateur de sa vie. Quand il prend la parole, il déforme les mots, s’habille n’importe comment. Sa rencontre avec Alva – une petite rousse aux yeux verts et froids qui a toujours le nez plongé dans un livre – va le sauver.

Jules est touchant dans ses faiblesses – plongé sans cesse dans ses rêves, vivant une vie d’ermite qu’il n’a pas vraiment voulu, désirant la solitude tout en la repoussant. Ses rêves et ses cauchemars ne le quittent jamais, le passé qui le hante en permanence. Au fond de lui, Jules se sent responsable de la mort de ses parents. A travers le défilé de ses souvenirs, les questions surgissent. De façon lancinante, il se demande : Que seraient-ils devenus si leurs parents n’étaient pas morts ?

Un roman d’une très grande justesse, qui monte en puissance au fil des pages, et qui nous invite à réfléchir sur le destin, la mort, la mémoire, le temps qui passe, inexorablement. Je me suis attachée aux personnages qui gagnent en épaisseur psychologique au fil des mots ; j’ai aimé la place que prend dans leur vie l’art, la littérature, la musique. La fin de la solitude est un quasi coup de cœur et une très belle surprise !   ❤

Merci aux éditions Slatkine & Cie pour cette lecture, et particulièrement à Louise ! Une maison d’édition très prometteuse et qui semble regorger de pépites littéraires…

***

« Les mots déployèrent lentement leur signification monstrueuse et s’infiltrèrent partout, dans le sol qui semblait se gondoler, dans mon regard devenu flou, dans mes jambes qui me faisaient tituber dans la pièce. »

« Est-ce que ce serait vraiment mieux si le monde n’existait pas ? Au lieu de ça, on vit, on crée de l’art, on aime, on observe, on souffre, on est heureux et on rit. Nous existons tous sous des millions de formes différentes pour que le néant n’existe pas, et le prix à payer, c’est la mort. »

« Y aurait-il une nouvelle fois dans ma vie un événement qui me catapulterait encore dans cette insouciance un peu débile et grisante, même pour un instant ? »