David Joy – Là où les lumières se perdent **

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Éditeur : Sonatine – Date de parution : août 2016 – 295 pages

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« Il était impossible d’échapper à qui j’étais, à l’endroit d’où je venais. J’avais été chié par une mère accro à la meth qui venait juste d’être libérée de l’asile de fous. J’étais le fils d’un père qui me planterait un couteau dans la gorge pendant mon sommeil si l’humeur le prenait. Le sang est plus épais que l’eau, et je me noyais dedans. Je sombrais dans ce sang, et une fois que j’aurais touché le fond, personne ne me retrouverait. Je me disais que certaines âmes n’étaient pas dignes d’être sauvées. Il est des âmes auxquelles même le diable ne veut rien avoir affaire. »

Le décor est planté, le ton est donné. Nous sommes en Caroline du Nord, dans une région reculée des Appalaches. McNeely est un nom qui fait peur et qui ne laisse pas indifférent. Et pour cause : Charlie McNeely, le père de Jacob, se trouve être le baron de la drogue local. Depuis qu’il est tout jeune, Jacob est mêlé à ses sombres activités. Quant à sa mère Laura, elle a goûté à la cristal meth et n’en ai jamais revenue. McNeely l’a exilée dans une cabane où, dose après dose, elle se consume à petit feu…

Après avoir battu presque à mort un étudiant, Jacob a quelques ennuis avec la justice. Dans le même temps, Maggie, son amour de jeunesse, revient vers lui. Jacob désire à tout prix échapper à l’héritage de violence de son père et à sa sombre destinée, ne plus être attaché à ce nom, changer le cours de sa vie.

Dans une langue sauvage et brute, David Joy déroule la métaphore de la lumière et nous conte cette sombre histoire de rédemption, où le divin n’est jamais loin. Malheureusement, je suis demeurée un peu extérieure à ce roman sombre et âpre…

La quatrième de couverture le compare à Seul le silence, de R.J. Ellory, mais je l’ai trouvé moins puissant. Aucun souffle ne m’a véritablement emportée. Une lecture qui ne m’a donc pas fait battre le cœur comme je m’y attendais. Les derniers mots du roman ont cependant atténué mon sentiment de déception : une fin sublime, qui a réussi à m’émouvoir, malgré tout.

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« C’était ma réalité : la souffrance, la honte, et tout ce qui s’ensuivait. Attendre la mort était donc une chose que je connaissais depuis longtemps, et ce n’était pas la mort qui me rongeait. C’était l’attente. »

« Il existe un endroit où se perdent les lumières, et je suppose que c’est le paradis. »

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