Laïa Jufresa – Umami ***

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Éditeur : Folio – Date de parution : mars 2017 – 306 pages

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« C’est le cinquième goût que nos papilles peuvent percevoir, il y a le sucré, le salé, l’amer, l’acide, bien sûr, et puis il y a l’umami, ça ne fait pas longtemps que les Occidentaux le connaissent, un siècle à peine, c’est un mot japonais qui veut dire ‘délicieux’. »

Umami est un roman choral, où les voix se font entendre à rebours ; en effet, chaque chapitre remonte dans le temps, sur cinq années… Ces voix, elles proviennent de la Cour Cloche-en-terre, une cour composée de cinq maisons, toutes imaginées selon le plan d’une langue.

2004. Ana Pérez Walker, une gamine de douze ans, dont la petite sœur Luz est morte noyée. Elle vit avec ses parents et ses deux frères dans les maisons Sucrée & Salée.

2003. Marina, c’est la jeune peintre qui par moments se laisse mourir de faim et de soif et qui vit dans la maison Amère ; elle voit tout à travers les couleurs et aime en inventer de nouvelles. Elle garde les enfants Walker le weekend en échange de leçons d’anglais.

2002. Alf, un docteur en anthropologie dont la femme Noelia est morte d’un cancer ; il s’agit de la voix centrale du roman. Ayant écrit une thèse sur l’umami, ce cinquième goût, il a imaginé la cour Cloche-en-terre… Après la mort de sa femme, Alf prend une année sabbatique et se met à écrire sur Noelia, l’amour de sa vie.

2001. La voix de Luz, l’enfant de cinq ans qui s’est noyée.

2000. La cinquième et dernière voix, c’est celle de Pina, la meilleure amie d’Ana, qui vit seule avec son père Beto dans la maison Acide, depuis que sa mère les a quittés pour vivre une autre vie.

Ce roman mexicain qui file la métaphore du goût et des papilles porte à merveille son titre. J’ai découvert un joli roman sur le deuil, l’amour et la famille ; les personnages sont attachants dans leur tentatives pour gérer la douleur de la perte et du manque. Umami se dévoile page après page, et se laisse effeuiller à travers une écriture empreinte de pudeur, qui m’a émue par sa simplicité et sa force.

Merci aux éditions Folio pour la découverte !

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« Peut-être que c’est uniquement ça l’amour. Ou l’écriture. S’efforcer de mettre quelqu’un en mots tout en sachant qu’il restera pour les autres un kaléidoscope : ses mille reflets dans l’œil d’une mouche. »

« – C’est peut-être ça mourir, non ?

– Peser plus lourd ?

– Arrêter de se porter soi-même. »

« Le jaucrasse, c’est le jaune crasseux des rebords de trottoirs. L’oranjuscule, l’orangé juste avant le crépuscule. Le blansitoire, le blanc transitoire de l’écume. »

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