Richard Wagamese – Les Etoiles s’éteignent à l’aube ****

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Éditeur : Zoé – Date de parution : 2016 – 284 pages

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C’est tout à fait par hasard que j’ai déniché ce roman à la bibliothèque, sans en avoir jamais entendu parler… La poésie de son titre m’a suffit pour l’embarquer.

Franklin Starlight, jeune Indien de seize ans, est appelé au chevet de son père alcoolique et mourant qu’il ne voit pour ainsi dire jamais – « un étranger aux lisières de sa vie ». Depuis sa naissance, c’est le vieil homme qui l’a élevé. Il lui a tout appris, comment chasser, se déplacer dans la nature sans faire de bruit, suivre à la trace les animaux, apprendre les signes… Comme un véritable Indien. Le père, Eldon, va lui faire une curieuse demande : il veut partir randonner dans les montagnes avec son fils pour y passer les dernières heures de sa vie. Ils se mettent en route pour la nature sauvage et peu à peu les mots entre eux se délient.

Un magnifique roman de nature writing, grâce auquel on se retrouve immergé en pleine nature – la forêt, les sons, les signes. Une nature sensitive qui contraste avec la rugosité des paroles échangées par le père et le fils, leur économie de mots, l’importance qu’ils prennent lorsque les souvenirs jaillissent.

Au fur et à mesure de leur marche, son père lui livre ses souvenirs, son enfance, des bribes d’une vérité tant attendue. Les vestiges de la guerre de Corée, à laquelle a participé son père, refont surface à la lueur du feu. Faisant écho au propre tumulte qui agite leurs cœurs.

Un roman qui parfois m’a rappelé le bouquin de Joseph Boyden, Le Chemin des âmes, une pure merveille. Il se dégage de l’oeuvre de Richard Wagamese une atmosphère tout aussi séduisante et singulière.

Un récit poétique où la douleur, la perte et la mort sont sublimés. La douleur des souvenirs s’épanouit dans l’immensité sauvage de la nature. Un somptueux roman sur la relation d’un père et de son fils, que je garderai longtemps en moi.

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« Il entendait les symphonies du vent sur les crêtes, et les cris stridents des faucons et des aigles étaient pour lui des arias ; le grognement des grizzlys et le hurlement perçant d’un loup contrastaient avec l’œil impassible de la lune. Il était indien. Le vieil homme lui avait dit que c’était sa nature et il l’avait toujours cru. »

« La lueur des étoiles naissantes dans le manteau violine du ciel. Le susurrement du vent qui se lève dans les cimes. Il ferma les yeux, rentra tout cela en lui et se sentit en paix ; il tourna son visage vers les cieux, resta ainsi bouche bée, à respirer, sans rien voir, mais à entendre les mouvements de la vie autour de lui. »

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16 réflexions sur “Richard Wagamese – Les Etoiles s’éteignent à l’aube ****

  1. C’est drôle, ce livre-ci m’a été fortement recommandé par un bon ami comme étant l’un de ses plus grands coup de cœur. Je trouve comme toi le titre tellement poétique…
    Et puisque j’affectionne le nature writing plus que tout, c’est d’ailleurs pour cette raison que l’ami me l’a recommandé. Tes mots m’ont convaincue. Je dois le lire absolument..

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Richard Wagamese, Les étoiles s’éteignent à l’aube – Lettres exprès

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