Sophie Adriansen – Les Grandes jambes ***

grandes-jambes

Éditeur : Slalom – Date de parution : juin 2016 – 112 pages

*

Marion est une adolescente de douze ans comme les autres, à quelques centimètres près : ses jambes ont poussé trop vite, ce qui la complexe énormément. Impossible pour elle de trouver un jean qui soit à sa taille et qui ne laisse pas voir ses chaussettes… Elle est amoureuse de peinture et d’art et, accessoirement, de Gregory, mais sans pantalon à sa taille, rien n’est envisageable !

Dans le cadre de l’étude de la peinture flamande, la jeune fille va faire un voyage scolaire de trois jours à Amsterdam afin de visiter le musée des Beaux-Arts, la maison d’Anne Frank, faire de longues balades le long des canaux. Pour préparer ce voyage, Marion travaille sur un tableau de Rembrandt : La ronde de nuit.

Ce voyage va lui permettre de grandir intérieurement, lui faire prendre du recul, voir les choses sous un autre angle et les reconsidérer, en s’identifiant par exemple à Anne Frank. Découvrir cette ville différente va avoir pour effet de la bouleverser complètement, émotionnellement et intellectuellement. J’ai particulièrement aimé la scène où l’adolescente plonge littéralement dans le tableau en l’observant, comme si La ronde de nuit se mettait à vivre soudainement grâce aux mots.

Un joli roman, plein d’intelligence, de fraîcheur, une vraie parenthèse sensible et artistique que j’ai pris plaisir à lire. C’est une lecture différente et originale, qui se démarque dans le panorama de la littérature jeunesse. Ce rapport à l’art m’a plu ; le fait que l’on puisse avoir le tableau de Rembrandt sous les yeux, y revenir au cours de notre lecture. On commence et on termine ce roman avec le sourire et le cœur léger.

***

« A partir du moment où des gens de notre âge sont morts sans le vouloir, on n’a pas le droit de ne vivre qu’à moitié. » – Tout ses espoirs sont nos possibilités.

« L’art n’est pas la vraie vie, d’accord ; mais contrairement à ce que je croyais, l’art peut changer le présent. »