Wendy Walker – Tout n’est pas perdu ***

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Éditeur : Sonatine – Date de parution : mai 2016 – 320 pages

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Jenny est une adolescente de seize ans. Un soir d’été, alors que se déroule une grosse soirée, elle se fait violer en lisière de la forêt de Fairview, petite bourgade de province. En état de choc physique et psychologique, on lui administre un traitement pour lui faire oublier cet événement traumatique ; s’efface de sa mémoire la longue heure pendant laquelle elle se fait violer. Sauf que le corps se souvient ; il n’oublie jamais. Son psychiatre va alors chercher à lever le voile sur la vérité et faire émerger des souvenirs de l’agresseur, en interrogeant Jenny et ses parents ; son père, détruit par ce viol et rongé par le fait qu’il n’a pas su protéger son enfant ; sa mère, plus énigmatique, plus distante.

La vérité est-elle toujours bonne à dire ? C’est dans cette plaie que le couteau s’enfonce et c’est sur cette question que ce thriller insiste. C’est le psychiatre qui mène la danse de la narration, on plonge dans les méandres de ses pensées et de sa vie. Selon lui,  « aucune relation ne peut survivre à la vérité pure, la vérité absolue. » Dans cette quête de l’agresseur, les tensions familiales et les secrets seront mis à nu…

L’originalité de ce thriller tient donc à ce point de vue interne du psychiatre. Un personnage pour lequel on éprouve des sentiments très mêlés… J’avoue avoir eu beaucoup de mal à éprouver de l’empathie pour lui, et à savoir vraiment à quoi m’en tenir vis-à-vis de sa personnalité, de son éthique. On découvre le pouvoir machiavélique de la psychiatrie, la manipulation des souvenirs à portée de mains…

Au final, ce thriller m’a laissée perplexe ; le dénouement m’a quelque peu déçue, mais en même temps, j’ai trouvé le déroulement de l’intrigue très ingénieux et intelligent. Ça reste une lecture originale, avec beaucoup de potentiel, qui se lit d’une traite.